PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

In La Gazette Santé Social – le 2 septembre 2013 :

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Depuis trois ans, la ville de Rosny-sous-Bois en Seine-Saint-Denis profite de l’édition 2013 de Rosny Plage pour faire passer le message nutrition porté par l’Atelier Santé-Ville (ASV). C’est aussi l’occasion de décliner pour la première fois le programme «Vivons en forme» (VIF) de l’association Fédérons les villes pour la Santé (FLVS). 

Dans un local, à l’abri du soleil de plomb qui écrase les pelouses du stade, Delphine Bourlier lance sa question à la vingtaine d’enfants assis face aux ingrédients de leur futur déjeuner : «Que signifie manger équilibré ?» Sous forme d’un jeu de questions/réponses, la diététicienne, intervenante dans le cadre de l’Atelier Santé-Ville, rappelle les bases de la nutrition et de l’hygiène de vie ; en premier lieu, se laver les mains. Une consigne aussitôt suivie d’effet par les enfants qui prennent la direction des lavabos.

Sensibiliser
En 2010, la ville lance sa première action intitulée «alimentation et petit budget» qui a pour objectif de montrer aux familles qu’un repas équilibré peut se concevoir avec peu de moyens. Cette initiative est suivie de «Stages MangBoug» organisés dans les centres socioculturels pendant les vacances scolaires dans les quartiers de La Boissière et des Marnaudes : les jeunes sont invités à découvrir un sport qu’ils n’ont pas l’habitude de pratiquer et reçoivent une éducation alimentaire accompagnée et encadrée par une diététicienne.
«VIF nous apporte un moyen d’homogénéiser nos actions et notre discours» explique Céline Carles-Trinh, coordinatrice de l’atelier santé-ville et chef de projet du programme VIF. En complément, une formation de sensibilisation à la nutrition va être proposée pour début 2014 aux acteurs du programme et aux associations sportives.

Si l’ASV intervient sur le territoire municipal, le programme VIF fait l’objet d’un test à l’échelle du quartier Bois-Perrier Les Marnaudes depuis six mois et y travaillera avec les écoles à partir de septembre. «Nous avons obtenu d’être quartier pilote après avoir observé un phénomène de surpoids infantile», rappelle Jeanine Pommier, coordinatrice dans le quartier. Adrien Crosnier, éducateur territorial des activités physiques et sportives, a lui aussi observé ce phénomène : «Nous rencontrons des enfants de moins en moins toniques et de moins en moins musclés car ils mangent de plus en plus de sucre à travers les sodas et les hamburgers. Ils font aussi de plus en plus de repas rapides car les parents prennent moins le temps de construire un déjeuner de midi. Nous passons des messages subliminaux au quotidien de manière à les transmettre aux parents par l’intermédiaire des enfants.»

Séduire
Un constat que ne dément pas Assia Kasse Kichah, directrice de l’espace culture et enfance du quartier des Marnaudes : «Nous sommes rapidement arrivés au constat que composer un repas pour les enfants ne suffisait pas ; nous avons commencé par interdire les boissons sucrées au sein de la structure.» Une démarche à laquelle ont été associés les enfants en devenant acteurs du processus, par exemple en faisant les courses et en préparant eux-mêmes les goûters. L’ingrédient secret de la recette tient toutefois dans une approche ludique observe Assia Kasse Kichah. Et de vanter la réussite des compositions à base de fruits et de légumes pour peu qu’ils soient colorés et présentés de manière esthétique. «Pour encourager l’approche sous forme de jeu, nous nous sommes appuyés sur ce qu’ils voient à la télévision et avons organisé un concours dans le style de l’émission ‘Top chef’».
«À partir du moment où les personnels de restauration et les référents de familles seront formés, la déclinaison du programme dans les autres quartiers sera plus aisée. Il y a déjà une prise de conscience et plusieurs initiatives ont été mises en oeuvre», confie Jeanine Pommier.

Partenariats
Pourtant, convaincre la ville et l’ARS Ile-de-France d’allouer un budget pour le programme VIF n’a pas été vécu comme un parcours de santé par Céline Carles-Trinh. Mais les efforts ont payé : l’enveloppe de la subvention se monte aujourd’hui à 6000 euros par an. En écho aux propos des promoteurs du programme VIF, des partenariats se nouent avec des partenaires privés pour financer une partie des actions.
Ainsi, le déploiement du programme VIF dans le cadre de Rosny Plage mobilise un budget d’environ 5300 euros dont 1000 euros pour le volet alimentation, achetée au niveau local.

«Notre convention avec l’ARS nous interdit d’afficher quel que partenariat commercial que ce soit, assure toutefois Céline Carles-Trinh. Mais il faut aussi voir les choses en face : il y a de moins en moins d’argent et il faut passer par des partenariats public-privé pour trouver les financements nécessaires.»

Politique locale
Première ville de la Seine-Saint-Denis à adopter le programme VIF, Rosny-sous-Bois suscite la curiosité d’autres communes proches, qui pourraient rejoindre la liste des futurs adhérents du réseau. Elles observeront sûrement avec intérêt la création du comité de pilotage qui devrait intervenir courant septembre. Ce dernier regroupera les services de la petite enfance, des sports, les centres sociaux et de loisirs. Il s’agit là d’une première amorce vers la signature d’un contrat local de santé (CLS) dont un volet sera axé sur la nutrition.

Petit à petit, le programme VIF trouve sa place dans les politiques locales de santé. Et à force de patience, les efforts des acteurs de terrain sont parfois récompensés comme en témoigne Jeannine Pommier : «À l’occasion d’une inauguration, les jeunes ont voulu s’occuper du pot. Spontanément, ils n’ont apporté que des fruits au lieu des habituels gâteaux apéritifs et sodas. Ces signes sont importants et encourageants.»

Pour en savoir plus
Consultez notre dossier sur la lutte contre l’obésité

Guillaume Garvanèse

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