PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Comment faire face à la pénurie d’enseignants dans l’académie de Créteil et particulièrement dans la Seine Saint-Denis ? En supprimant la frontière académique suggère Jean-Louis Auduc, ancien directeur adjoint de l ‘IUFM de Créteil. « 25 ans après la chute du mur de Berlin, il apparaît impossible de maintenir le périphérique comme un mur » pour l’école…

 Tout le monde en convient, il y a aujourd’hui une pénurie grave de professeurs des écoles dans les banlieues populaires de l’Ile de France. Cette situation doit être fortement combattue, car elle aggrave les inégalités entre les enfants des catégories les plus favorisées et les enfants des catégories les moins favorisées qui voient les enseignants malades non remplacés, des postes restés vacants plusieurs semaines…..

Trois pistes pourraient être mises en œuvre dans ce domaine :

•          Un effort salarial consistant qui montre que la nation reconnaît le travail important fourni  par ces enseignants pour faire que la démocratisation d’accès à l’école se traduit par une démocratisation de la réussite. Je pense qu’une rémunération ( hors primes) et une progression de carrière similaire à celles des actuels agrégés pourraient avoir un réel effet incitatif.

•          Une réelle formation continuée aux réalités du terrain, à la pédagogie différenciée, à la diversité des publics scolaires,….. durant les trois premières années d’exercice. L’Etat devrait passer un contrat avec ces personnels leur garantissant l’équivalent de quinze jours par an sur leur temps de service pour une véritable formation d’accompagnement à la prise de fonction.

•          Une réforme des concours : Enfin, alors que les politiques ne cessent de parler du « grand Paris », il est impossible de continuer à avoir en Ile de France des concours de recrutement des professeurs des écoles séparés Paris, Créteil, Versailles qui donnent les résultats suivants en 2014:

– Académie de Créteil : 68,77% d’admis par rapport aux présents, 70 postes non pourvus, pas de liste complémentaire

– Académie de Versailles :  63,16% d’admis par rapport aux présents, tous les postes pourvus, 71 noms en liste complémentaire

– Académie de Paris : 35,97% d’ d’admis par rapport aux présents, tous les postes pourvus, 77 noms en liste complémentaire.

S’il y avait eu un concours Ile de France, en prenant pour base les résultats de l’académie de Versailles, tous les postes auraient été  pourvus et il y aurait eu au minimum 200 noms sur la liste complémentaire, de quoi par exemple, résorber la pénurie actuelle en Seine Saint Denis !

Bien entendu, une telle décision d’un concours Ile de France nécessite d’être articulée avec les mesures incitatives évoquées plus haut, mais 25 ans après la chute du mur de Berlin, il apparaît impossible de maintenir le périphérique comme un mur qu’on présente à certains dans des universités parisiennes   comme permettant d’éviter les banlieues populaires grâce à un concours professeurs des écoles ne concernant que Paris ! Espérons que Paris-Métropole, préfiguration du Grand Paris pèsera dans le sens d’un concours Ile de France auprès de l’Education Nationale !

Jean-Louis Auduc

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