PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme – le 4 février 2013 :

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« Pouvoirs publics, employeurs, représentants des salariés, OPCA : nous devons poursuivre ce travail de dévoilement d’un phénomène qui s’il n’est pas connu, s’il n’est pas admis, ne peut être combattu. C’est la raison pour laquelle avec Michel Sapin nous soutenons fermement la candidature illettrisme grande cause 2013 ». C’est en ces termes que Thierry Repentin, ministre délégué à la Formation professionnelle et à l’Apprentissage a conclu la table ronde « la lutte contre l’illettrisme, un enjeu pour l’inclusion sociale et pour la croissance économique", organisée le 17 janvier dernier à Paris par l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme et placée sous l’égide du ministre.

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Plus de 80 participants étaient présents, principalement composés de représentants des partenaires sociaux et des régions en présence des décideurs impliqués dans le développement de la lutte contre l’illettrisme, parmi lesquels Thierry Le Paon (CGT), Jean-Pierre Therry (CFTC), Alain Druelles (Medef), Yanic Soubien (Région Basse Normandie) et Catherine Barbaroux (ADIE). 

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Hervé Fernandez, directeur de l’ANLCI a ouvert les travaux de la table ronde en rappelant les avancées de ces dernières années, le rôle de l’ANLCI ainsi que sa méthode de travail fondée sur le partenariat.

La matinée a ensuite été marquée par plusieurs interventions dont celle de Nicolas Jonas de la division Emploi de l’Insee, venu présenter les résultats de la récente enquête information et vie quotidienne 2011-2012 qui révèle qu’en 2011, 11 % des personnes âgées de 18 à 65 ans résidant en France métropolitaine éprouvent des graves ou fortes difficultés dans les domaines fondamentaux de l’écrit. Parmi celles qui ont été scolarisées en France, 7 % (soit 2 500 000 personnes) peuvent être considérées en situation d’illettrisme, contre 9 % en 2004.

A l’issue de cette présentation, l’ANLCI a rendu public l’exploitation de l’enquête Insee centrée sur le profil des personnes en situation d’illettrisme. Hervé Fernandez a à ce titre, et avant de rentrer dans le cœur du débat, rappelé l’importance de parler des compétences de base, car IVQ a montré que 15% des personnes ont des difficultés graves avec le calcul.

 

 

L’engagement des acteurs

« Après l’étude sur l’illettrisme du Ceser de Basse-Normandie, nous nous sommes saisis de cette question importante […]. Il est donc de notre responsabilité de mettre en place des processus pour permettre à chacun, quel que soit son statut, de développer ses compétences », déclare Yannick Soubien, vice-président du conseil régional de Basse-Normandie. Pour ce faire, le Conseil régional a mis en place en novembre 2011 une commission consacrée à l’illettrisme au sein du Comité de coordination régional de l’emploi et de la formation professionnelle (CCREFP), commission qui a pour objectif d’observer les pratiques et actions menées en matière de lutte de contre l’illettrisme dans la région.
Thierry Le Paon a présenté quatre préconisations qu’il juge nécessaires pour « vaincre l’illettrisme » : développer l’action dans la Fonction publique territoriale, accompagner les personnes en situation d’illettrisme, améliorer les bilans en entreprises (de compétences et sociaux), améliorer les plans de formations soumis à concertation et négociation.
Pour Thierry Lepaon : « Nous travaillons sur la question de l’illettrisme depuis quelques années, sur le plan des solutions à apporter, du regard sur l’illettrisme et de l’aide au quotidien dans le milieu du travail […]. Pour vaincre l’illettrisme, il faut d’abord arrêter d’en produire […]. C’est une question de civilisation et de citoyenneté, y compris au sein de l’entreprise ». Ce dernier plaide pour la mise en place au sein des entreprises de plus de 300 salariés d’un outil sous la forme d’un bilan de compétences qui permettra aux partenaires sociaux d’engager des discussions de qualité afin de trouver des solutions et de mettre en place des réelles mesures pour lutter contre l’illettrisme dans l’entreprise.
 

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Alain Druelles du MEDEF dans son intervention a reconnu que l’ampleur du phénomène avait été sous-estimée et déclaré : « la mise en œuvre d’actions d’abord ponctuelles puis organisées nous a amenés à faire un effort constant de pédagogie concernant l’impact sur les ressources humaines, la détection des situations d’illettrisme et le déploiement des actions de formation ».
Le MEDEF a profité de cette matinée pour réaffirmer son soutien et son implication dans le collectif porteur de la candidature « illettrisme : grande cause 2013 ».

Une évolution rendue possible grâce au moyens du FPSPP et à des outils comme le Référentiel des Compétences Clés en Situation Professionnelle

Également présent à cette table ronde, Jean-Pierre Therry de la CFTC selon qui « l’illettrisme était un sujet tabou il y a quelques années » et qui confirme que les partenaires sociaux se sont emparés de cette question « à bras le corps » par la création du FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels) qui permet d’accompagner les entreprises adhérentes des OPCA dans cette démarche de lutte contre l’illettrisme. Et d’ajouter que l’entretien professionnel doit faire avancer dans l’analyse des enjeux pour chaque personne sur le plan individuel et professionnel, en insistant sur le rôle prépondérant des partenariats, y compris associatifs avec des bénévoles.
Hervé Fernandez avait rappelé dans son introduction que ces développements en matière de prévention et de lutte contre l’illettrisme dans l’entreprise ont été permis grâce aux moyens du FPSPP et que de nombreux outils de positionnement et de formation ont par ailleurs été développés à partir du référentiel des compétences clés en situation professionnelle (RCCSP) de l’ANLCI, né d’une réflexion commune entre divers partenaires. Cet outil au service des entreprises a, rappelons-le, été créé en réponse à la volonté des OPCA de trouver un moyen favorisant le dialogue avec l’entreprise sur la question de la prise en charge de l’illettrisme. Il permet de disposer de repères stables à partir d’un diagnostic fonctionnel direct en prise sur le poste de travail des salariés en adoptant une démarche inédite : partir des situations de travail réelles et déterminer les contours de socles de compétences de base attendus dans les secteurs professionnels, en vue d’engager un plan d’action.
  
Témoignage de l’entreprise Cooper et Standard et de l’organisme de formation C.L.P.S

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    Séverine Ferenc, responsable pédagogique chez CLPS est venu témoigner de la collaboration qui s’est opérée en 2012 entre l’équipementier automobile Cooper-Standard et l’organisme de formation CLPS et qui a permis, grâce à l’utilisation du RCCSP de l’ANLCI, « de trouver un langage commun entre les pédagogues et les entreprises ».
CLPS a mis en place une formation sur les compétences clés pour 28 salariés de chez Cooper-Standard qui s’est déroulée sur une dizaine de jours sur plusieurs sites (Rennes, Vitré et Lillebonne).
Béatrice Arnould, responsable RH chez Cooper-Standard explique les raisons de la mise en place de cette formation : « lors de l’introduction d’un processus qualité dans ces usines, nous nous sommes rendus compte que certains salariés ne pouvaient pas réaliser une tâche d’évaluation des produits car ils étaient en difficulté avec la documentation interne».

 Témoignage du Centre de formation d’apprentis (CFA) de Saint-Denis

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    Le CFA du bâtiment de Saint-Denis a mis en place des formations axées sur les situations professionnelles pour permettre aux apprentis en difficulté de mieux maîtriser les compétences de base. Mathieu Pon, directeur du CFA a apporté son témoignage notamment sur l’engagement du CFA dans sa démarche interne de réduction du taux d’illettrisme et de prévention du décrochage scolaire, dans le cadre de l’expérimentation « Renforcer les compétences de base des apprentis » menée par l’ANLCI avec le soutien de la Fondation BTP Plus. Le CFA privilégie l’accompagnement individuel et le travail en groupes de besoins. 70 jeunes sont suivis de manière renforcée, les équipes travaillent sur les postures des formateurs et maîtres de stages afin de proposer des programmes adaptés et motivants pour les jeunes.

Fodé Doucouré, jeune apprenti bénéficiaire de ce dispositif visant à sécuriser le parcours d’apprentissage des jeunes est également venu partager son expérience personnelle.

Témoignage de la chargée de mission de l’ANLCI en Lorraine
Anne Poisneuf, chargée de mission de l’ANLCI en Lorraine est intervenue afin de présenter la méthode de travail partenarial et interministérielle de l’ANLCI et fournir une illustration au niveau régional de la fonction et du rôle du CMR.
Elle intervient sur les champs de la prévention, l’insertion des jeunes, l’entreprise et la professionnalisation des acteurs y compris les bénévoles.

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Témoignage de Catherine Barbaroux, présidente de l’ADIE
Catherine Barbaroux est présidente de l’ADIE, Association reconnue d’utilité publique qui aide des personnes exclues du marché du travail et du système bancaire classique à créer leur entreprise et donc leur emploi grâce au microcrédit et propose aux micro-entrepreneurs un accompagnement adapté à leurs besoins. Elle a apporté son témoignage sur les thématiques de la création de petites entreprises, le micro-crédit et l’appui de bénévoles dans le suivi des projets. Elle a tenu à rappeler à la fin de son intervention le rôle essentiel de l’ANLCI dans la politique menée pour prévenir et lutter contre l’illettrisme au travail : « l’ANLCI est un outil qui fait aujourd’hui démonstration de son utilité ».

La table ronde a été animée d’échanges, questions et propositions de la salle, d’organismes de formation, journalistes et associations présentes comme AGIRabcd, le Secours Populaire, etc.
Quelques éléments essentiels ressortent des échanges : « communiquer sur l’illettrisme, lier illettrisme et croissance économique, lier illettrisme et accompagnement individualisé des personnes, changer de regard, réunir pour mieux agir ».
Cette matinée de concertation et d’échanges s’est tenue au lendemain du dépôt du dossier de candidature « illettrisme, grande cause 2013 » auprès des services du Premier Ministre.

Les travaux de cette journée ont été conclus par Thierry Repentin, Ministre de la formation professionnelle et de l’apprentissage qui a annoncé deux priorités d’action :
•    pour les jeunes : vers l’accès à un premier niveau de qualification, le CFA est au cœur de plateformes de lutte contre le décrochage ;
•    pour tous : il faut donner un caractère concret au droit à la formation tout au long de la vie, par des accords ambitieux entre l’Etat et les partenaires sociaux.

Ce dernier a également évoqué dans ses préconisations l’importance de certains leviers dans l’action enclenchée, notamment :
–    Le FPSPP avec la convention-cadre 2013-2015 et ses appels à projets ;
–    Dans le lien entre la lutte contre l’illettrisme et le reclassement des personnes, les régions se verront octroyer une compétence pour un Service Public de l’Orientation et le partenariat stratégique Etat-ANLCI sera renouvelé ;
–    La candidature « 2013 Illettrisme Grande Cause Nationale ».

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Après avoir salué l’engagement des partenaires sociaux pour faire reculer l’illettrisme, Thierry Repentin a plaidé pour que la lutte contre l’illettrisme obtienne le label grande cause nationale 2013 : "Avec Michel Sapin, nous soutenons fermement cette candidature", a déclaré le ministre délégué, précisant que même si des progrès ont été faits, il faut "poursuivre ce travail de dévoilement d’un phénomène qui s’il n’est pas connu, s’il n’est pas admis, ne peut être combattu".

Retrouvez l’intégralité du discours de Monsieur Thierry Repentin lors de la table-ronde sur l’illettrisme du 17 janvier 2013

 

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