PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In La Voix du Nord – le 10 juin 2014 :

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En Flandre, on est légaliste. En septembre, tout le monde va sagement passer à la semaine d’école à cinq jours. Mais l’accouchement de la réforme se fait dans la douleur. Cinq points pour démêler un sacré chantier.

La réforme va s’appliquer, à la rentrée, dans toutes les écoles publiques de Flandre.VDNPQR

1. Qui va appliquer la réforme ?

Tout le monde. Malgré les nombreux grincements de dents, personne n’a osé braver l’autorité. Seule marque visible du mécontentement ambiant : Rubrouck qui demande un « moratoire ».

2. Pourquoi la réforme n’est pas prête ?

On est à quelques jours des grandes vacances mais une bonne partie des communes ne sait pas encore exactement comment s’organisera la réforme. La raison : le calendrier. Avec les municipales, la moitié des maires (26 sur 53) ont changé. Ils avaient deux mois pour travailler. Ajoutez à cela un nouveau ministre et un assouplissement qui a été proposé (lire ci-dessous).

3. Qui est content ?

Si certains élus approuvent la réforme, les parents sont en majorité contre. Les raisons de la colère : le coût, le changement d’organisation et le manque de cohérence. « Même avec la meilleure volonté du monde, c’est très très difficile », insiste l’adjointe en charge du dossier à Blaringhem, Bernadette Jourdain. « Les familles nous disent : On se sent pris en otages, n’hésite pas à rapporter Pascale Algoët, adjointe aux affaires scolaire d’Estaires. Dans l’idéal, la réforme n’est pas critiquable mais elle a complètement perdu son esprit. On bouscule l’homogénéité du territoire. » Dans le petit village de Lynde, le maire, Jacques Hermant, a même vu atterrir sur son bureau une pétition de l’ensemble des parents d’élèves contre la réforme, « mais si les maires ne respectent pas la loi, qui va la respecter ? »

4. Quelle est l’organisation classique ?

Il n’y en a pas. Le système varie d’une commune à une autre. Seul un village, Strazeele, a opté pour l’école le samedi matin (l’année dernière). Quant aux fameux temps d’activité périscolaires (TAP), c’est chacun à sa sauce : deux soirs par semaine ou tous les soirs dans la semaine ou même parfois… le midi (comme au Doulieu) ! Enfin, une poignée de villes préfèrent la demi-journée dans la semaine (lire ci-dessous). Les TAP vont de la garderie aux interventions de qualité.

5. Pourra-t-on changer d’école librement ?

C’est la crainte de certains élus : que les parents choisissent des écoles en fonction des contraintes pratiques. Mais pour cela, il faudra, comme c’est le cas actuellement, demander une dérogation. La mairie de la commune souhaitée acceptera ou non.

Parents, communes : qui va payer ?

Sur les 53 communes, une dizaine (entre autres Blaringhem, Godewaersvelde, Haverskerque, Lynde, Neuf-Berquin, Renescure, Sercus, Steenwerck, Thiennes, Vieux-Berquin, Winnezeele ou encore Zuytpeene) annoncent d’ores et déjà qu’elles demanderont une participation financière des parents pour les temps d’activité périscolaires (TAP).

Combien ? Cela varie. À Neuf-Berquin, il faudra compter environ 1 € pour une heure de TAP selon le quotient familial ; entre 0,82 et 1,28 € l’heure à Vieux-Berquin. Pour Blaringhem ou Godewaersvelde, ce sera « calqué sur les tarifs de la garderie ». À Estaires, on a voulu laisser le choix entre deux options : une gratuite avec le personnel déjà en place, une autre payante (1,50 € de l’heure) avec du personnel extérieur qualifié. Une écrasante majorité des familles a plébiscité la gratuité.

Et attention aux parents des autres communes : ne vous réjouissez pas trop vite ! Les élus l’avouent : si aucune participation n’est demandée cette année, la situation sera réévaluée dès la rentrée d’après. La formule consacrée : « Pour l’instant, c’est gratuit. » Tout est dans le « pour l’instant », d’autant qu’il n’y aura plus d’aides de l’État en 2015.

Le portefeuille des familles devrait donc trinquer. En tous les cas, la réforme va grever le budget des communes. Selon différents maires interrogés, il faut compter au moins 200 € par enfant (l’État aide à hauteur de 50 €). Une ville comme Merville va devoir recruter environ vingt personnes. Bref, si le coût n’est pas demandé directement aux parents, il pourrait se répercuter… sur les impôts.

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