PRISME PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

L’orientation, entre l’action sur les élèves et l’accompagnement des personnes-​​Bernard DESCLAUX

Deux minis­tères, deux problématiques

Le thème de l’aide à l’orientation doit d’être traité par le Ministère de la réussite éducative. Ce sera le deuxième point déve­loppé ci-​​dessous. Mais il est néces­saire, si on veut réel­lement une évolution positive du fonc­tion­nement de notre système sco­laire, de reprendre la réflexion aban­donnée depuis très long­temps à propos des pro­cé­dures d’orientation, et cela relève alors du MEN. Et je ne parle pas ici de l’orientation concernant l’enseignement supérieur.

 

Position du/​des problèmes

1/​ L’orientation des personnes

Depuis le début du XXe siècle, l’orientation est devenue une affaire d’état.

Après être née dans le champ pro­fes­sionnel, elle fut rat­tachée au ministère de l’éducation nationale. La struc­tu­ration de notre système sco­laire a nécessité la mise en place de pro­cé­dures d’orientation pour gérer la cir­cu­lation des élèves en son sein, la for­mation pro­fes­sion­nelle ayant été intégrée après la seconde guerre mon­diale dans l’éducation nationale. La fonction d’orientation des élèves attribuée au collège l’a empêché d’être réel­lement unique, et de prendre réel­lement pour objectif le socle commun.
Depuis les années 90, une autre fonction de l’orientation s’est for­mulée (sou­tenue par l’Europe), celle non pas de gérer la cir­cu­lation interne des élèves, mais celle de pré­parer nos jeunes à être capables de se gérer dans un monde de plus en plus incertain, tant sur le plan écono­mique (insta­bilité de l’emploi), que tech­no­lo­gique (trans­for­mation des acti­vités et des formes de travail). La grande dif­fi­culté actuelle tient à ce que ces deux fonc­tions sont « contra­dic­toires », et ne peuvent exister ensemble ou très dif­fi­ci­lement. Le choix, sans doute néces­saire de la deuxième suppose de sup­primer la pre­mière.

J’ai déjà abordé la nécessité de la sup­pression des pro­cé­dures d’orientation et de la fonction d’orientation attribuée au collège dans mon blog. C’est une nécessité pour pouvoir engager une réelle réforme du système sco­laire. La question alors se posera dans le « deuxième secon­daire » qui inclue nos trois voies de for­mation (générale, tech­no­lo­gique et pro­fes­sion­nelle). Il y aura donc néces­sai­rement à repenser la confi­gu­ration de cette partie du système, et à concevoir l’orientation et l’affectation vers les dif­fé­rentes voies selon peut-​​être d’autres moda­lités que celle des pro­cé­dures actuelles.

2/​ L’aide aux personnes

L’autre pro­blème de l’orientation, c’est l’aide aux per­sonnes pour les accom­pagner dans les dif­fé­rentes tâches à exercer pour s’orienter dans un monde à la fois incertain mais aussi de plus en plus com­plexe.

Notre his­toire, ou notre tra­dition, a fait que cette fonction se trouve exercer par une mul­titude d’organismes, pour la plupart offi­ciels (mais ce domaine devient également de plus en plus mar­chand). Cer­tains de ces orga­nismes sont chargés d’appliquer des « mesures de trai­tement » de publics par­ti­cu­liers. L’Europe, là aussi a pré­conisé l’idée de déve­lopper un ou des ser­vices d’aide aux per­sonnes, à la dis­po­sition du public. En France cet objectif est engagé avec la mise en œuvre du « service public d’orientation tout au long de la vie » par le DIO (Délégué à l’information et à l’orientation). Il s’agit de favo­riser la coor­di­nation loca­lement des orga­nismes d’orientation dans cette pers­pective. Actuel­lement l’impulsion admi­nis­trative est sous la res­pon­sa­bilité du préfet. Sans doute, la question de la coor­di­nation se posera au plus près du local : la région, la coor­di­nation d’agglomération, etc ? Mais il faut savoir que les dif­fé­rents orga­nismes, et leurs per­sonnels sont très inquiets par ce mou­vement, et craignent, fusion, dis­pa­rition, réduction des per­sonnels, dépen­dance vis-​​à-​​vis du « local », etc…
Mais sur cette thé­ma­tique de la « coor­di­nation locale » existe une autre pers­pective, celle de la coor­di­nation des actions d’aide à l’orientation sur un ter­ri­toire. Ce qui suppose des accords sur des objectifs d’actions et des objectifs de résultats des dif­fé­rents par­te­naires.

Ainsi deux thé­ma­tiques se croisent au niveau local :

  • ser­vices aux per­sonnes vs actions auprès des personnes ;
  • affaire d’état vs affaire locale.

Une des dif­fi­cultés touche, pour ce qui concerne l’éducation nationale, à ce que les mêmes per­sonnels sont concernés par les deux pro­blèmes. Et ces deux pro­blèmes sont de nature dif­fé­rente : l’un touche à l’organisation et au fonc­tion­nement de notre système sco­laire (et der­rière à toutes les pra­tiques péda­go­giques qui en découlent), et l’autre à une fonction sociale tou­chant toute la popu­lation locale (et par là aux dif­fé­rentes concep­tions de poli­tique locale).

Un point de ren­contre des deux thématiques

Dans le cadre de l’évolution de la struc­tu­ration du système sco­laire, que nous avons indiquée dans notre premier point, que la fonction d’aide à l’orientation des élèves sera également néces­sai­rement à redé­finir. En sachant que cette fonction d’aide ne peut être efficace que dans un envi­ron­nement où la contrainte admi­nis­trative est suf­fi­samment abaissée, ce qui suppose au moins trois leviers :

  • une réduction du jugement des ensei­gnants au profit d’un réel conseil ;
  • une offre de for­mation suf­fi­samment étendue mais aussi modifiable ;
  • une coor­di­nation des par­te­naires locaux (de ser­vices et d’actions).

Et tout ceci se doit d’être centré sur la demande des familles et des jeunes et non sur le « bon » fonc­tion­nement de la cir­cu­lation des élèves. Cette réor­ga­ni­sation de l’aide on le voit touche aux deux points traités ci-​​dessous. Les per­sonnels d’orientation seraient alors posi­tionner en tant que copro­duc­teurs de l’accompagnement des jeunes (et leurs familles) dans leurs par­cours sco­laire et social, ils auraient à déve­lopper de nou­velles com­pé­tences à propos des res­sources éduca­tives. D’autres pra­tiques que celle des journées métiers, forums, car­re­fours et autres nuits de l’orientation per­met­traient une autre iden­ti­fi­cation de l’orientation et de ses professionnels.

Quelques déve­lop­pe­ments de ces thèmes
Sur mon blog, il y a plu­sieurs billets tou­chant en par­ti­culier au premier thème :

Voir en ligne : http://blog.educpros.fr/bernard-des...