PRISME PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

École et handicap

In N’Autre École

 

"ls étaient « anormaux », cachés par des parents honteux, mou­raient jeunes, dans l’ignorance ou l’indifférence de tous. Le han­dicap est aujourd’hui l’objet de moult vel­léités poli­tiques et dis­cours volon­ta­ristes. Depuis 1975, prin­ci­pa­lement sous l’impulsion d’associations de per­sonnes han­di­capées, de familles et de pro­fes­sionnels, les dis­po­sitifs de sco­la­ri­sation des élèves han­di­capés se mul­ti­plient… et évoluent au gré des orien­ta­tions poli­tiques. Misant d’abord sur l’intégration col­lective en établis­se­ments ou classes spé­cia­lisés, c’est, depuis la loi de 2005, l’intégration indi­vi­dua­lisée des élèves en classe ordi­naire qui a le vent en poupe. Cette loi fait la part belle à une appré­hension contex­tuelle du han­dicap : c’est moins la per­sonne qui est dite han­di­capée que la situation qui est consi­dérée comme han­di­ca­pante. D’où un glis­sement du dis­cours : du « han­dicapé » à la « per­sonne en situation de han­dicap ». D’où, aussi, l’accent mis sur des dis­po­sitifs de com­pen­sation des dif­fi­cultés ren­con­trées : assis­tance humaine, tech­no­lo­gique, finan­cière, mais aussi amé­na­gement de l’espace, du temps.

Si les inten­tions peuvent appa­raître louables, la question du han­dicap renvoie tou­jours à celles de la norme, de la dif­fé­rence et de l’égalité. Or le poids des normes, de la norme domi­nante surtout, reste le plus souvent un impensé. En classes ordi­naires, l’intégration d’élèves fonc­tionnant de façon peu habi­tuelle fait resurgir, parfois bru­ta­lement, le poids des normes sco­laires. Se pose alors la question de la capacité de l’institution comme des groupes et des indi­vidus, à faire une place à la dif­fé­rence, à la res­pecter, à l’intégrer. Une question étroi­tement poli­tique en somme… Et une dimension que sou­lèvent beaucoup des textes réunis pour ce numéro. Tous per­mettent de mieux com­prendre comment celles et ceux qui se confrontent quo­ti­dien­nement au han­dicap (per­sonnes han­di­capées aussi bien qu’enseignants, éduca­teurs, parents, etc.) le vivent, le per­çoivent et s’organisent."

Voir en ligne : http://www.cnt-f.org/nautreecole/?E...