PRISME PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

SOU­VENIRS D’ECOLE : les cahiers de l’EFPP prin­temps 2012 dirigés par Laurent OTT

Le magazine

L’EFPP, qui est « une école », se prévaut d’associer les savoirs qu’elle transmet à une expé­rience dans laquelle l’apprentissage du métier d’éducateur passe par un vécu spé­ci­fique, irré­duc­tible à celui d’un étudiant en université.

Cette expé­rience per­son­nelle et inter­per­son­nelle prépare le futur éducateur à l’action sociale, qui ne se fait pas seulement à partir des idées mais à partir de ce que l’on est, c’est-à-dire de ce que l’on est capable de devenir lorsque l’on est confronté à la réalité des autres.
Ainsi, en tant qu’école, l’EFPP remet à l’honneur l’éducation elle-​​même en tant que pro­cessus per­manent d’un déve­lop­pement qui inté­resse au premier chef l’éducateur, et qui ne saurait être vala­blement intel­lectuel qu’en s’articulant avec une forme d’engagement à la fois per­sonnel et social – et cela déjà dans l’institution elle-​​même !

Alors que le modèle sco­laire dominant semble trop souvent s’être affranchi de sa fonction éducative, comme si le savoir suf­fisait à « faire de l’homme », l’EFPP s’efforce d’être ainsi une école au sens plein du terme. À bien des égards, ce qui s’y vit appar­tient à une his­toire où l’intimité de chacun est sol­li­citée au même titre que l’aventure col­lective. Ainsi en témoignent ceux et celles qui, passés par l’EFPP, se souviennent…

Une telle expé­rience va bien au-​​delà de ce que défi­nissent les pro­grammes. Elle résulte de la ren­contre entre un projet per­sonnel et un projet ins­ti­tu­tionnel qui s’inscrivent eux-​​mêmes dans un cadre dont la réalité, phy­sique et psy­cho­lo­gique, ne relève ni de l’organigramme ni d’une pla­ni­fi­cation si exhaustive soit-​​elle. Vis-​​à-​​vis d’un métier qui place au-​​dessus des com­pé­tences tech­niques l’aptitude à res­pecter l’autre et à entrer dans un véri­table dia­logue avec lui, cette expé­rience fon­da­trice remet chacun, quel que soit son âge, devant une exi­gence par­tagée entre acteurs et béné­fi­ciaires de l’action sociale : redonner de l’humanité
à l’homme, cette construction dont tout nous montre à nouveau aujourd’hui combien elle est fragile !

Mais, au-​​delà d’une morale abs­traite et si vite auto­sa­tis­faite, c’est d’une créa­tivité éducative qu’il est ici question. Dans un monde qui ne croit plus qu’en la rivalité, l’affrontement et l’exclusion, notre école fait le pari d’une approche qui tourne le dos à l’arrogance et au repli sur soi. Elle mise davantage sur les per­sonnes que sur les concepts, et davantage sur les rela­tions de confiance que sur les rap­ports de force.

Aussi bien, ce numéro des Cahiers – tout plu­ra­liste, voire désor­donné qu’il soit ! – fait-​​il la place aux­mo­destes sou­venirs éducatifs des élèves que nous avons été, comme à ces traces qui dépassent les savoirs livresques et nous habitent jusqu’à nous constituer.

De l’intime dans la for­mation
Après le numéro 14 consacré à la question « Le clair et de l’obscur en éducation », qui avait donné lieu à la journée
d’étude du même nom, il appa­raissait important à notre comité de rédaction de pour­suivre cette question de l’intimité, de la part de soi, dans le travail social.

Parce que nos for­ma­tions mettent à l’épreuve bien autre chose que les com­pé­tences sco­laires, parce qu’elles font appel à une réflexion per­son­nelle, à un néces­saire retour sur soi, il nous est paru utile d’orienter ce numéro 15 vers la question du souvenir.

Se sou­venir de son his­toire amène souvent à des sou­venirs d’école. On ne s’étonnera donc pas de trouver ici réunis
un certain nombre de sou­venirs qu’étudiants et for­ma­teurs nous ont confiés.

Mais cette question de l’intimité se faufile et se répand aussi dans tout ce numéro : dans les comptes-​​rendus de col­loques, débats et confé­rences (l’école, le chant dans la petite enfance).

On croisera également cette question dans l’annonce de notre événement/​conférence : « Suicide et rési­lience », qui consti­tuera une étape en vue d’une pro­chaine journée d’étude sur « L’intime dans le travail social ».

Voir en ligne : http://efpp.info/sites/default/file...