PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Résumé : 
Les relations entre les parents et l’école n’ont pas cessé d’être un questionnement pour tous les acteurs éducatifs. Historiquement, l’école et la famille sont deux espaces aux frontières marquées entre instruction et éducation. Au fil des années, on est passé d’une école « sanctuaire du savoir » à une école « ouverte » sur la société. Mais l’étroite imbrication de l’école dans la société a également modifié les attentes des différents partenaires face à un objectif commun : la réussite du développement de l’enfant et de l’élève.
La littérature de recherche, aussi bien que les discours et préconisations institutionnels, nationaux ou internationaux, montre l’ambiguïté des rapports entre l’école et les parents.
Au-delà des représentations et discours, quelles sont les modalités d’une relation « qui marche » ? Une des solutions proposées à ces relations difficiles, notamment avec les parents de milieu défavorisé, prend la forme d’un accompagnement plus ou moins marqué des parents pour leur faciliter l’entrée dans l’école, le soutien à la scolarité de leurs enfants et leur mise en confiance face à une culture scolaire encore trop éloignée d’eux. Quelles en sont les modalités, quels en sont les effets ? Enfin, les parents n’étant pas les seuls concernés par cette nécessaire amélioration, quelles propositions retenir au-delà du soutien parental ?

INTRODUCTION

Les relations entre les parents et l’école n’ont pas cessé d’être un  questionnement pour tous les acteurs éducatifs. Historiquement, l’école et la famille sont deux espaces aux frontières marquées entre instruction et éducation. Au fil des années, on est passé d’une école «sanctuaire du savoir» à une école «ouverte» sur la société. C’est ainsi que les familles viennent en aide aux enseignants de maternelle, coopèrent sur certaines activités au primaire et s’impliquent dans des rôles consultatifs au secondaire. Mais l’étroite imbrication de l’école dans la société a également modifié les attentes des différents partenaires face à un objectif commun : la réussite du  développement de l’enfant et de l’élève. L’enfant qui entre à l’école passe «d’une société» (la famille) à une «autre société» (l’école) (voir Kherroubi, 2008 ; Baby, 2010). Cette intégration est d’autant plus difficile que sont différentes ces deux sociétés.
Ces premières lignes témoignent de la confusion des termes «parent(s)» et «famille» (d’après Glasman) qui ne recouvrent pas les mêmes réalités du point de vue de la scolarité ou de l’éducation et dont l’usage a évolué au fil des temps
l. «Le lien “école-parent” constitue […] un fait social majeur puisqu’il touche [en France] la vie quotidienne de 17 millions de parents d’élèves, 12 millions d’élèves et 800 000 enseignants et personnels de direction, d’inspection et d’éducation» (Fotinos, 2014b). La littérature de recherche, aussi bien que les discours et préconisations institutionnels, nationaux ou internationaux, montre l’ambiguïté des rapports entre l’école et les parents.
Un rapport remis à l’Assemblée nationale en juillet 2014 qualifie d’asymétriques et distendues les relations école-parents (Corre, 2014). Le système éducatif français a historiquement construit une distance entre les parents et l’école, ce que n’ont pas fait d’autres pays, pour lesquels l’investissement des parents dans l’école est plus aisé même si pas apaisé. Le rapport pointe sept points de friction, que la médiatrice de l’Éducation nationale, M.Sassier, a recensé à partir des dossiers traités. Les sujets d’insatisfaction sont les suivants : la carte scolaire, le handicap, la violence et

le harcèlement, les devoirs à la maison, la discipline et les procédures disciplinaires, la pédagogie et le mode de gestion des parents séparés. Pour l’ensemble de ces griefs, c’est le manque de dialogue ou sa mauvaise qualité qui prédominent. Ces différents aspects transparaissent dans les enquêtes menées auprès des différents acteurs. Au-delà des représentations et discours, quelles sont les modalités d’une relation «qui marche» ? Une des solutions proposées à ces relations difficiles, notamment avec les parents de milieu défavorisé, prend la forme d’un accompagnement plus ou moins marqué des parents pour leur faciliter l’entrée dans l’école, le soutien à la scolarité de leurs enfants et leur mise en confiance face à une culture scolaire encore trop éloignée d’eux. Quelles en sont les modalités, quels en sont les effets ? Enfin, les parents n’étant pas les seuls concernés par cette nécessaire amélioration, quelles propositions retenir au-delà du soutien parental ?

SOMMAIRE

Page 2 : Parents-école : des relations ambiguës
Page 8 : Les modalités du partenariat parents-école
Page 14 : Le soutien à la parentalité, l’accompagnement des parents
Page 18 : L’implication de tous les acteurs
Page 20 : Bibliographie