PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In Localtis.info – le 2 juillet 2014 :

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Les collectivités se sont impliquées dans les projets de réussite éducative (PRE), elles doivent désormais s’investir dans les projets éducatifs territoriaux (PEDT), après avoir monté des projets éducatifs locaux (PEL)… Jean Roucou a évoqué leur "malaise" en lançant, le 1er juillet, l’université d’été de PRISME et de la fédération générale des PEP. Le président de la FGPEP, Jean-Pierre Villain, a pour sa part évoqué une "crise de la pensée politique".
Les intervenants ne partagaient pas tous les mêmes inquiétudes, mais ils ont tous fait le constat que la place de l’école et de l’éducation est en train de changer radicalement sans que les institutions ni les acteurs aient toujours les moyens, ou l’envie de penser ces changements.
"A quelles conditions la construction d’un PEDT peut-elle être pertinente ?", a interrogé Sébastien Bouteix (POLOC, Observatoire national des politiques éducatives locales) qui souligne que les débats sont souvent "tellement techniques que les gens n’y comprennent rien", et que leur parole est "confisquée". L’implication de l’Education nationale est très variable, le Dasen (directeur académique des services de l’Education nationale) peut faire preuve de beaucoup de volontarisme sans que les inspecteurs de circonscription suivent…

Dans les PEDT, on en est encore à vérifier les temps scolaires

Et pour l’instant, là où des PEDT ont été mis en place avec la réforme des rythmes, les acteurs en sont encore à vérifier les horaires tandis que les débats sur la qualité des activités, eux, ont été remis à plus tard. Jacques Guyard, ancien député-maire d’Evry et ancien secrétaire d’Etat à l’enseignement technique, a estimé que le partage des compétences entre l’Etat et les collectivités n’avance pas, que l’insertion des enseignants dans l’environnement social de leurs écoles régresse depuis que les directeurs n’occupent plus de logement de fonction.
Il relève aussi que "quand on parle d’un vrai projet d’établissement" – et il insiste sur "vrai" – "on parle aussi d’un projet de quartier", car les deux vont ensemble. Et il note que la loi de refondation, en prévoyant que l’école est "inclusive", introduit une nouveauté. Jusqu’à présent, elle était inclusive au sens de l’inclusion des individus dans la Nation, ou dans la République, mais elle n’avait jamais eu pour finalité l’inclusion sociale.

"Toutes les collectivités ne veulent pas jouer un rôle éducatif"

Didier Jacquemain, délégué général des Francas, a d’ailleurs suggéré qu’on ne parle plus "d’associations complémentaires de l’école publique", ni d’activités "périscolaires", puisque "l’Ecole n’est plus au centre".
Mais Marie Richard, vice-présidente éducation du CG de Seine-et-Marne, est plus pessimiste, "toutes les collectivités ne veulent pas jouer un rôle éducatif" alors que la loi leur confie un rôle dans la lutte contre les inégalités. Bernard Toulemonde, ancien recteur, inspecteur général honoraire, n’en constate pas moins "une pénétration croissante des collectivités au sein des établissements scolaires" ; la clause de compétence générale leur permet d’ailleurs d’aller au-delà des missions d’accueil, d’entretien, de restauration, et de s’intéresser aux résultats des élèves lorsqu’ils financent des activités pédagogiques ou des moyens pour l’enseignement des langues. Il rappelle que Lionel Jospin comme Jean-Pierre Raffarin a tenté de créer des "agences régionales" pour l’éducation, réunissant recteur, président de région, et représentants des "forces vives".

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