PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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L’école s’ouvre de plus en plus sur la société. De nombreux acteurs interviennent dans  le champ scolaire et périscolaire : associations sportives, culturelles ou éducatives, institutions  telles que musées, police ou justice, collectivités territoriales, parents d’élèves… La place  actuelle de ces partenaires est l’héritage d’une histoire du système éducatif français marquée  par le contrôle total de l’état et une organisation totalement centralisée.

Dès le début du XIXème siècle, l’enjeu est le contrôle des esprits au travers de  l’enseignement, pour lutter contre le pouvoir de l’Eglise. Cette volonté de contrôle de la part  de l’Etat est affirmée dans la constitution de 1946 : « L’organisation de l’enseignement  public, gratuit et laïc à tous les degrés est un devoir de l’Etat ».
Héritage napoléonien, le système est également resté très longtemps totalement
centralisé et indépendant des pouvoirs locaux. Seule concession à ce « tout Etat », l’entretien  matériel des écoles est resté une prérogative des communes.
Les collectivités territoriales  Deux facteurs ont contribué à la décentralisation et la déconcentration du système :
La transformation de l’administration territoriale depuis les lois de décentralisation des années  80 avec la montée en puissance des régions d’une part, et d’autre part le succès de la  démocratisation de l’enseignement qui a rendu le système difficile à gérer par son gigantisme : 12 millions d’élèves, 1 million de personnels. Côté décentralisation, les collectivités territoriales ont désormais la responsabilité de la planification (schéma prévisionnel des formations, sectorisation des collèges), de la construction et l’entretien des lycées et collèges, de la restauration, et de la gestion des personnels TOS.
Dernier échelon de la décentralisation : l’établissement scolaire. Les lycées et collèges ont été érigés en établissements publics locaux d’enseignement (EPLE) en 1985. Dotés d’un CA et d’un budget, ils disposent d’une certaine autonomie dans leur organisation pédagogique, en particulier à travers le projet d’établissement.
Les collectivités territoriales sont donc devenues des partenaires naturels dans
l’organisation du système éducatif : leur mission d’accueil, de restauration et d’hébergement est définie par l’article L211.1 de Code de l’éducation. Mais au-delà de cette mission, et conformément à l’article L216.1 du code de l’éducation, elles interviennent également dans le domaine éducatif en organisant et finançant des activités sur le temps scolaire ou périscolaire, dans le domaine de la culture, du sport ou de la prévention.
 

Les parents d’élèves

La présence dans l’école des délégués de parents est récente également (1968 pour les conseils d’administrations des lycées et collèges, 1977 pour les écoles). L’article 11 de la loi d’orientation du 10 juillet 1989 rappelle que les parents d’élèves sont membres de la communauté éducative.  A côté des fédérations de parents d’élèves de l’enseignement public, la PEEP créée en 1910, la FCPE créée en 1946, l’UNAAPE créée en 1968, la FNAPE créée en 1932, se sont développées, au cours des dernières décennies, des associations locales indépendantes centrées sur un établissement scolaire. La participation aux élections des représentants de parents d’élèves au sein des établissements scolaires publics reste faible, environ 30% dans le second degré, 50% dans le premier degré. Mais au-delà de ces chiffres, il faut noter que les parents les plus investis dans les établissements scolaires appartiennent aux classes moyennes et supérieures, et ne sont donc pas représentatifs de la sociologie réelle des familles.  De plus, les relations entre les parents et le monde enseignant restent souvent tendues.Les enseignants, d’un côté, peuvent se sentir remis en cause dans leur statut de maître hérité d’une école de la République qui s’est construite en rupture avec les familles dans une société rurale et marquée par la religion.  Les parents, de l’autre côté, peuvent se sentir mal à l’aise dans l’environnement scolaire, ne partageant pas les codes implicites de l’institution, ou revivant des souvenirs douloureux de leur propre scolarité. Le partenariat entre école et familles reste donc somme toute limité en France, les parents étant plus accueillis qu’acteurs dans l’enseignement public, à l’opposé des pays anglosaxons ou scandinaves où les parents sont des partenaires à part entière, participant très fortement à l’administration de l’école et aux choix pédagogiques.
 

Les partenaires institutionnels et associatifs

Autre héritage de notre histoire fortement marquée par l’emprise de l’état sur le système éducatif, les parents, voire certains enseignants, sous-estiment parfois la multiplicité des partenariats qui existent entre l’école et diverses institutions ou associations. Parmi les partenaires institutionnels, police et justice collaborent de plus en plus avec l’école, et on peut citer également les fondations, musées d’histoire et lieux de mémoire, les grands établissements de culture scientifique, les musées d’art, les conservatoires de musique et danse.
Quant aux associations, leur participation à la vie de l’école se voit renforcée depuis la mise en place des projets d’école et d’établissement. Partenaires éducatifs à part entière, elles proposent des activités pendant ou en dehors du temps scolaire, dans le respect des principes de l’enseignement public. Le secteur associatif est en effet devenu un partenaire incontournable de l’école, en témoigne la multitude d’associations qui interviennent dans des domaines aussi variés que le sport, le devoir de mémoire, l’éducation à la citoyenneté, la prévention de la violence et des addictions, la sécurité routière, l’éducation artistique et culturelle, le soutien scolaire…Signe de cette vitalité du mouvement associatif partenaire de l’école, la Ligue de l’enseignement fédère 30 000 associations regroupant près de deux millions d’adhérents indirects.
 

Problématique

Partant du constat que la dynamique d’ouverture de l’école résulte d’un puissant mouvement de décentralisation, contrarié par des freins culturels non moins puissants liés à l’histoire de notre système éducatif, la nécessité d’une analyse rationnelle à l’instant présent s’impose :
Faut-il renforcer la place des partenaires de l’École, et dans quelle limite ?
Comment juger de l’efficacité et de l’efficience de ces partenariats ?
Comment concilier la diversité de partenariats avec les exigences d’un service public national d’éducation ?
La sociologie des parents impliqués dans la vie des établissements scolaires induit-elle des inégalités sociales et contribue-t-elle à la reproduction des élites ?
Le maillage territorial des associations complémentaires de l’éducation, la proximité des lieux de culture, la diversité des projets d’établissement ainsi que la diversité des politiques des collectivités induisent-ils des inégalités territoriales ?

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