PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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« Être un bon parent »

Depuis les années 1960, les importants changements démographiques en ce qui concerne la fécondité, la nuptialité, ou encore le divorce, ont considérablement fait évoluer la « condition parentale », c’est-à-dire l’ensemble des « conditions dans lesquelles les parents exercent leur rôle » (p. 9). L’origine de cette évolution se trouverait du côté des mutations du travail et de l’emploi (féminisation du marché du travail, transformation des rythmes…) et des réformes de l’État social (politique familiale, conciliation entre vie familiale et vie professionnelle…). Par ailleurs, les conseils et prescriptions en direction des parents font l’objet d’un important marché depuis plusieurs années. Cette logique du marché renvoie elle aussi à une forte demande politique, ayant pour objectif d’assurer la réussite de la mission éducative. C’est dans ce contexte que Claude Martin propose d’étudier ici la production normative de la fonction parentale sous l’angle de la construction d’un « problème public » (soit « un fait social ordinaire transformé en enjeu de débat public », p. 13), à travers le développement de trois grandes parties.

La première partie, intitulée « Figures du bon et du mauvais parent », est consacrée aux normes parentales et à la manière dont elles ont été produites et ont évolué au fil des années. Ces normes sont analysées par Marie-Clémence Le Pape à travers les représentations de la famille véhiculées par les affiches et les brochures des campagnes de santé publique. L’auteure relève l’existence d’une tension entre une image stéréotypée et figée des fonctions parentales et une représentation « moderne » de la vie familiale, telle qu’elle est dépeinte par les sociologues de la famille depuis quarante ans. Les affiches et les brochures représentent les deux parents de manière inégalitaire : l’image du père est renouvelée (sa responsabilité est davantage reconnue) et toujours socialement valorisée (il fait figure d’autorité), tandis que celle de la mère reste figée sur des stéréotypes passés car elle est toujours considérée comme la figure domestique tutélaire. […]

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