PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Quel regard porte le fils instituteur et l’ancien prof d’histoire-géo que vous êtes sur la profonde crise que traverse aujourd’hui l’école?

« La violence qui sévit dans les écoles aujourd’hui, et dont on recommence à parler dans lesmédias, illustre un malaise plus profond. Hannah Arendt, dans La Crise de la culture, s’interrogeait sur ce que la crise de l’école révélait de nos sociétés.Selon elle, cette crise traduit la désorientation d’un monde tourné vers des buts marchands et des valeurs individualistes au détriment du collectif. L’école est en définitive le reflet de la société.

La tâche à accomplir est immense pour les enseignants, les parents et les élèves, afin que l’école demeure le creuset des valeurs d’hier et d’aujourd’hui, et qu’elle en assure la transmission.

Quant à l’insécurité, elle est loin d’être seulement un problème scolaire et universitaire. Elle est l’une des manifestations des insuffisances d’une politique globale. »

C‘est justement sur le dossier de l’école et sur la réforme Savary que vous défendiez face à François Mitterrand que vous avez démissionné de votre poste de Premier ministre en juillet 1984.

« Lorsque nous avons élaboré le programme de François Mitterrand, nous pensions que l’heure était venue de créer un grand service public unifié et laïc de l’Éducation nationale, ouvert à tous les enfants, d’autant qu’une partie des chrétiens ralliaient la gauche. Les conditions semblaient donc favorables. Ce projet était sans doute réalisable, mais il aurait fallu qu’il soit débattu beaucoup plus rapidement. Trois ans après notre victoire, lorsque nous avons enfin engagé cette réforme, le climat avait changé: la droite et la haute hiérarchie de l’Église s’accrochaient désormais au statu quo.

L’élan portant l’idée d’une seule école pour la République était brisé. Peut-être renaîtra- t-il un jour … J’étais très attaché à ce projet, tout comme le président, mais le contexte politique était si dégradé qu’on ne pouvait plus imaginer réussir cette grande réforme de façon harmonieuse. François Mitterrand m’a demandé de retirer le projet. Je l’ai fait et j’ai démissionné. »

 

 

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