PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In « Veille et analyses : Institut Français de l’Education » :

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4. L’écologie de l’apprenance, nouvel horizon de la formation ?

Le concept du lifelong learning a largement été débattu, interprété, représenté depuis une quinzaine d’années. Pour certains, il s’agit d’une arme néolibérale, pour d’autres, c’est de la poudre aux yeux, pour d’autres encore, cela a permis d’installer de nouvelles pratiques au sein du système éducatif (Edwards, 2010). On observe en effet une mutation pédagogique liée au développement de l’apprentissage à tout âge et le besoin de repenser une ingénierie des dispositifs accompagnée de mesures fortes en matière d’orientation comme le recommande le Conseil de l’Union Européenne en 2008 (voir également Endrizzi, 2010). L’expression de P. Carré, « l’éducation tout au large de la vie » (lifewide learning), porte les débats sur la conception des espaces de formation. On assiste à un éclatement du modèle conventionnel de formation avec la formation au travail, les séminaires, l’autoformation, des concepts d’apprentissage (rapprochement entre l’acte d’apprendre et le travail). On reconnait dans ces tendances les recommandations de l’OCDE qui, dès 2000, orientaient les discussions sur la diversité des sites et des méthodes de formation (loisirs, travail, foyer, TIC) qui modifient les notions d’éducation. .

Sept types de situations sont à envisager pour une redéfinition de la formation :

– formation classique (formelle, fermée, dirigée) ;
– formation individualisée (formelle, ouverte, dirigée) ;
– formation sur le tas (informelle, dirigée) ;
– formation expérientielle (informelle, non dirigée) ;
– formation autogérée en groupe (fermée, autodirigée) ;
– autoformation accompagnée (ouverte, autodirigée) ;
– autodidaxie (informelle, autodirigée).

La multiplicité des lieux et des supports implique une nécessaire mutation des métiers et des didactiques de la formation, accompagnée d’une véritable ingénierie pédagogique (Bremaud et al., 2005).

P. Méhaut (2006) imagine trois scénarios d’évolution pour la formation tout au long de la vie :

– Un ajustement minimaliste avec la poursuite d’une accumulation de diplômes pour se garantir d’un taux fort d’employabilité, du fait de la coupure importante entre formation initiale et continue et du système méritocratique de la société française : la segmentation des parcours et des organisations se perpétue et les personnes prospectent parmi l’offre de formation (scénario le plus probable) ;

– Les formations initiale et continue coopèrent et le gouvernement et les régions
prennent en compte les questions de statut social, de mobilité professionnelle
et d’emploi tout en donnant au DIF un véritable champ d’action et de mise en oeuvre (scénario le moins probable) ;

– Des initiatives décentralisées mais identifiables, adaptables et formalisées se multiplient en régions et constituent un schéma cohérent et reproductible
de bonnes pratiques.

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