PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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C’est vrai que l’éducation du futur sera, obligatoirement, logiquement, globale. L’éducation pourra encore moins qu’auparavant se réduire à l’école. Elle sera complexe, diverse, foisonnante. Elle intégrera les trois types d’éducation : l’éducation formelle programmée et encadrée par des institutions habilitées à délivrer des diplômes
– c’est le cas de l’école -, l’éducation non formelle sans visée certificative
– c’est le cas de la sphère associative -, et l’éducation informelle qui se développe dans les activités quotidiennes, au travail, au sein de la famille ou dans les loisirs.

L’école peine à trouver sa place dans cette évolution considérablement accélérée par les technologies nouvelles, par le numérique, par l’explosion de la diffusion des savoirs.
Si pendant près d’un siècle, elle a eu le monopole de la transmission des savoirs, elle est désormais largement concurrencée par d’autres systèmes et même parfois décrédibilisée, compte tenu de la qualité de la vulgarisation et de la diffusion de savoirs savants hors d’elle.

 

Naturellement, on contestera la rigueur, le sérieux, la profondeur de ce qui est appris hors de l’école, souvent pour des raisons corporatistes ou conservatrices. On sait, en observant les savoirs et les compétences des enfants d’aujourd’hui, qu’il conviendrait d’être plus prudent et modeste dans nos jugements. Bien des enfants et des jeunes nous étonnent, étonnent même des spécialistes, par la pertinence et la quantité de savoirs structurés qu’ils ont accumulés, souvent avec enthousiasme, dans des domaines qui ne sont pas dans les programmes scolaires.

 

Dans ce contexte, la revendication de la place des parents dans l’éducation se révèle infiniment plus importante que dans le passé et, probablement, pas seulement par rapport à la conception classique de leur rôle : répétiteurs, faiseurs de devoirs, complément à l’action de l’école sans ses propres domaines, ceux des disciplines scolaires figées et cloisonnées.

 

Cette évolution impose une nouvelle réflexion sur la place de l’école dans la cité dans son environnement, et sur les conditions de la prise en compte de savoirs et de méthodes appris ailleurs que dans ses établissements.

 

L’éducation, nécessairement globale, sera donc inévitablement populaire, construite pour le peuple, pas seulement pour les élites, avec le peuple, dans le respect de ses savoirs.

 

Elle devra redonner toute leur place aux mouvements d’éducation populaire dont l’action ne sera plus « complémentaire à l’école » comme on persiste à la nommer, juxtaposée, mais intégrée de manière cohérente.

 

Le concept d’établissement scolaire, « maison des savoirs et de l’éducation tout au long de la vie », porté par la Ligue de l’Enseignement, complété par les expériences des réseaux d’échanges réciproques des savoirs (RERS. Claire Heber Suffrin), par les éclairages du Comité Mondial pour l’Education tout au long de la vie (www.wcfel.org Yves Attou), par les recherches des mouvements pédagogiques (ICEM Freinet, GFEN, CRAP, AGEEM…), par la vision prospective de l’AN@E, nous ouvre la voie.

 

Il suffirait d’un peu d’audace, d’une légitime ambition pour l’avenir de la société et de beaucoup de courage politique pour surmonter les obstacles et les résistances.

 

Mais  vous n’êtes pas obligé d’être d’accord….Pierre Frackowiack

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