PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Par Jean-Paul Bellier, professeur émérite d’université, et Ivan Le Noane, ancien directeur adjoint d’IUFM. Quel enseignement à l’ère d’Internet??

Le constat est assez facile à établir?: le numérique envahit tous les aspects de la vie sociale et économique et de plus en plus les discours politiques. Une question se trouve posée par divers événements?: sommes-nous «?armés?» pour vivre au mieux cette révolution des moyens de communication, d’accès au savoir…?? Les jeunes sont de très grands manipulateurs du numérique avec les jeux, les SMS ou MMS, les réseaux dits «?sociaux?»?; ils s’approprient tout cela facilement pour un usage courant mais sans doute pas avec la distance nécessaire ni la maîtrise des différents objets. Une part des adultes, enfants de l’irruption d’Internet, sont dans une situation semblable, la majeure partie des seniors est difficilement incluse dans ce monde. L’acquisition de compétences pour une utilisation autonome et raisonnée du numérique devient une nécessité. Comment?? Certains reprennent de vieilles idées, prônent un enseignement de l’informatique dès le plus jeune âge, allant même jusqu’à l’apprentissage du «?code?». On peut, par analogie, rétorquer sur la vanité de ces propositions. Ainsi des «?maths modernes?» qui prétendaient révolutionner l’enseignement en donnant tôt aux enfants les éléments théoriques sous-jacents aux objets mathématiques?: la désillusion a été grande et l’on est revenu à surtout créer du lien entre théorie et pratique quotidienne. Y a-t-il besoin de posséder tous les codes musicaux pour apprécier un concerto pour piano ou encore seuls les écrivains possédant les codes linguistes et les modalités d’assemblage seraient aptes à jouir de la littérature?? Et comme chacun le sait, il n’y a pas besoin de connaître le principe du moteur à explosion pour avoir son permis de conduire et être un bon conducteur. Les compétences à mobiliser pour vivre le numérique ne sont donc pas d’abord théoriques mais bien d’utilisation raisonnée. Ce qui ne veut pas dire qu’à un certain niveau de formation, il ne soit pas inintéressant d’initier les élèves à une approche simplifiée des algorithmes. Mais avec quelles intentions?? La question de nouveau posée au système scolaire et universitaire est ainsi claire?: comment faire acquérir ces compétences d’utilisateur autonome et réfléchi?? Contrairement à ce que laissent entendre les discours officiels, le ministère de l’Éducation dispose d’outils pédagogiques et de formation des enseignants qui ?permettraient d’atteindre rapidement ces objectifs. De 1998 à 2010, des formateurs de tous niveaux (du professeur des écoles au professeur d’université) ont travaillé dans un service ministériel dédié pour les créer. Ce sont les brevets et certificats informatique et Internet (B2i et C2i) dont les référentiels ont déjà été mis en œuvre, de l’école à l’université. Certes ces référentiels peuvent être réactualisés, mais leur conception même est éprouvée?: les compétences s’acquièrent au fil des enseignements. Le certificat niveau 2 enseignant a été conçu et largement expérimenté à la même période?: il permet d’aborder les compétences pédagogiques et les compétences numériques que doivent développer les élèves. Il devrait largement mobiliser les moyens de la formation des enseignants.

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