PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Un parcours de formation hybride qui s’adresse à une circonscription, un réseau, un établissement ou un groupe d’enseignants qui souhaiteraient travailler sur les processus de construction des inégalités scolaires et sociales dans les établissements scolaires. 

Présentation de la formation

Contexte

La réduction des sorties précoces du système éducatif est devenue une priorité en France, comme dans l’Union Européenne (Stratégie Europe 2020). Le ministère de l’éducation nationale définit le décrochage scolaire comme « un processus qui conduit un jeune en formation initiale à se détacher du système de formation jusqu’à la quitter avant d’avoir obtenu un diplôme ». Dans une Note d’information de septembre 2012 (pdf 83 Ko) la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) estime à 122 000 le nombre des sortants sans diplôme (hors brevet des collèges) et à 11,9 % les jeunes de 18 à 24 ans sortant précocement du système éducatif. Une note de l’INRP (pdf 316 Ko) datant du 7 décembre 2009 portant sur le décrochage scolaire, explique que le phénomène est approché de différentes manières par les chercheurs. De nombreux travaux, la plupart anglo-saxons, privilégient une approche qui consiste à identifier une population « à risque » dans une perspective de traitement préventif et mettent en lumière des facteurs de rupture. Ces facteurs peuvent être institutionnels (relatifs au système éducatif, environnement scolaire, programmes d’enseignement, etc.), individuels (expériences scolaires, estime de soi, motivation, attitudes, etc.), familiaux ou sociaux. wordlet décrochage.png D’autres équipes développent des méthodologies qualitatives comme l’analyse de « parcours de décrochage ». Le décrochage est défini comme un processus lent, fait de continuums négatifs et de ruptures sociales et institutionnelles. Il peut aussi être en lien avec un événement surgissant dans le milieu familial (problème de santé, migration, séparation des parents, absence de logement, etc.). Les retards s’accumulent alors et ne peuvent plus être rattrapés dans la logique d’une scolarité ordinaire. D’une manière ou d’une autre, les travaux mettent tous l’accent sur le caractère hétérogène, complexe et relationnel des phénomènes de décrochage scolaire. Ils montrent que ni l’origine des élèves, ni les situations dans lesquelles ils vivent, ni un quelconque ‘‘facteur’’ extérieur, ni les accidents de leur vie ne peuvent être à eux seuls causes de décrochage. Ce n’est que dans un contexte précis et articulés entre eux que ces facteurs trament un processus de déscolarisation. On observe que dans ce processus, l’expérience scolaire des élèves pèse lourd. Tous les élèves en « échec scolaire » ne décrochent pas. Les recherches montrent néanmoins que les décrocheurs sont souvent des élèves en difficulté scolaire ou peu mobilisés sur les savoirs. Le problème crucial peut être ce que certains chercheurs appellent le « décrochage cognitif», désignant ainsi la situation d’élèves qui, bien que formellement présents dans les murs de l’institution scolaire, n’y semblent pas mobilisés.

Public

Équipe de circonscription ou copilotes d’un réseau qui souhaiteraient s’engager dans un travail de prévention des inégalités scolaires.

Objectifs

  • Interroger les représentations sur la question du décrochage, mot polysémique et complexe.
  • Inscrire la question du décrochage dans le champ des pratiques professionnelles ordinaires

Présentation

« Nous devons admettre que le décrochage scolaire pose en lui même des problèmes conceptuels sur ce dont il s’agit : un acte ou un processus, un problème social ou une catégorie institutionnelle ? »

maître de conférences en Sciences de l’éducation à l’université de Nantes