PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

S’orienter dans l’existence est le propre de l’homme

L’univers est orienté. Les physiciens sont là
pour nous le démontrer. Le monde du vivant est orienté, les sciences du vivant pénètrent le
continuum évolutif, fait de mutations, subtil nouage de hasard et de nécessité. L’orientation est un
phénomène naturel et humain de portée universelle. L’être humain a la capacité d’orienter son
devenir, de construire son destin et chose capitale, il le sait.

Comprendre les enjeux existentiels d’une grande question sociale requiert du temps long.
L’orientation humaine en Occident, c’est au moins deux mille ans d’histoire et sept paradigmes
majeurs1 : les « arts divinatoires » dans les civilisations de l’Antiquité ; l’idéologie des dons chez
Platon ; la doctrine des vocations pendant le Moyen-âge religieux ; l’utopie concrète des capacités
pendant la période révolutionnaire ; la théorie des aptitudes dès la fin du XIXe siècle ; la convention
des qualifications après la Deuxième Guerre mondiale et le modèle des compétences des années
1980. Nous sommes désormais entrés dans une société multiculturelle traversée par le polythéisme
des valeurs. L’orientation laïque est devenue réflexive et critique questionnant l’implicite des
représentations communes.

L’orientation dans la vie : une tâche culturelle ? Une fonction éducative ? Une injonction de la
société ? Nous verrons que cette prescription normative renvoie à quelque chose de plus profond
dans le rapport de soi à soi et pour la société des individus : « J’ai une obligation de me considérer
comme responsable de ma vie, ce qui est historiquement une formidable nouveauté – cela n’existait
pas dans les sociétés qu’on appelle traditionnelles. Je suis de plus en plus poussé à devenir
responsable de ma vie. Dès lors, la question est de savoir comment je me sors des situations dans
lesquelles les épreuves que j’affronte tendent à me détruire. […]. Nous avons le vertige de la
liberté » F. Dubet, 20022. Le conseiller en orientation : un spécialiste des compétences ou un expert
en humanité ?

Que faire de sa vie ? L’attitude générale à l’égard de l’existence est le fil conducteur de ce travail
d’éducation. Cette question d’ordre philosophique a été traitée par toutes les disciplines de sciences
humaines et sociales, mais chacune d’entre elles y répond de manière fragmentaire, car elles se sont
constituées à des moments différents, et progressent selon des méthodes particulières. Il manque
une vision d’ensemble sur l’acte de s’orienter dans l’existence aux différents âges de la vie et dans
des contextes spécifiques et changeants. Comme le souligne P.H. Tavaillot, 20103 «Paradoxalement,
c’est au moment où grâce à l’allongement de l’espérance de vie, nous avons le plus de chance de
vivre la totalité des âges, que les moyens de les concevoir clairement et de leur donner sens nous font
défaut. Jamais dans l’histoire, l’homme n’a bénéficié d’une telle certitude de son horizon de vie.
Jamais aussi, il n’a paru aussi démuni sur la manière de parcourir le chemin, du berceau jusqu’à la
tombe ».

L’étude de l’orientation, prise au sens large, est d’une complexité abyssale en raison du fait
qu’elle mobilise une certaine idée de l’homme et une conception de la société dans un contexte en
perpétuelle mutation. S’orienter dans la vie est une donnée anthropologique humaine
fondamentale, à la conjonction de l’idéologique, du politique, de l’économique, du social, de
l’éducatif et du culturel. Les Considérations que nous présentons, renvoient à ces différentes
dimensions : idéologique, politique, économique, sociale, éducative et culturelle, mais aussi
psychologique, car en dernière analyse, ce sont toujours des individus singuliers qui s’orientent dans
l’existence. Une approche holistique tient les faits humains pour des totalités qui ne peuvent être
expliquées, si on se limite à étudier séparément leurs différentes composantes. C’est pourquoi elle
est globale, s’attachant à l’ensemble des registres qui caractérisent ce phénomène

.
Dans le domaine de l’éducation, les questions sont plus importantes que les réponses. Nous les
esquissons, en privilégiant l’interdisciplinarité, la multidisciplinarité, la pluridisciplinarité qui permet
le croisement des connaissances. « Car c’est à l’interface de plusieurs disciplines que la science
progresse. La science est un processus créatif qui ne se décrète pas ». C. Bréchignac, présidente du
CNRS, 2008. Le tome 1 de ce travail de recherche comprenait cinq cents mots-clefs, locutions
rédigées en notes critiques (scolies)5. Le choix (« ouvert », non exclusif et non définitif) de ces
concepts fondamentaux tient au fait qu’ils constituent une sorte de « carte cognitive » qui alimente
une théorie anthropologique6 de l’orientation dans tous ses états. Chaque notion est introduite d’une
question qui « met en scène » le déroulement d’un argumentaire, qui renvoie à d’autres mots-clefs
commentés dans l’ouvrage.

Chaque concept problématisé fournit des éléments pour une recherche ultérieure. La première
édition de S’orienter dans la vie en 20097 constitue en quelque sorte le « socle commun » des
connaissances de base d’une conception anthropologique de l’orientation à tous les âges de la vie. Le
tome 2 en 2011, complète l’ouvrage précédent par cent mots-clefs nouveaux. Au total, ce sont 600
mots-clefs (appuyés par six cents références bibliographiques) qui sont mis en relation au service
d’une « réalité augmentée » de l’orientation. Qui pourrait douter de la créativité conceptuelle dans le
champ de l’orientation des jeunes et des adultes, à l’école, en formation continue, mais aussi en
entreprise ?

En vérité, il y a une historicité de la problématique de l’orientation en France. C’est la raison pour
laquelle nous avons mis un soin particulier à composer les Annales du mouvement francophone
d’orientation des jeunes et des adultes, pour la période allant de 1981 à 2011. On le voit, cette
thématique issue du champ de la psychologie de l’éducation (A. Binet, 1905), s’est élargie de
manière considérable au cours des dernières décennies, par l’apport des sciences de l’éducation, des
sciences de l’information et de la communication, du management des ressources humaines, de la
sociologie, de l’économie, de la gestion, de la démographie, du droit, de l’éducation comparée, et
autres sciences anthropo-sociales.

« L’orientation, c’est partir pour les Indes et découvrir l’Amérique » (R. Solazzi). Le lecteur est
invité à construire son propre cheminement de lecture et de réflexion. Notre conception de l’orientation est dépourvue d’a priori hypothétique (pour peu que cela soit possible), comme dans le
cadre d’une recherche positiviste classique, mais elle est portée par un ambitieux projet intellectuel :
jeter les bases conceptuelles d’une anthropologie de l’orientation à tout âge de la vie, ancrée dans le
champ des sciences de l’éducation et de la formation des adultes. Pour reprendre un des jugements
kantiens : l’intuition (s’orienter dans la vie) est aveugle sans le concept (approche scientifique de
l’orientation) ; le concept (théorie anthropologique de l’orientation) est vide sans l’intuition
(l’expérience subjective et objective d’orientations singulières). Il convient d’« expliquer plus pour
comprendre mieux » sans oublier que dans le champ des sciences humaines et sociales, il s’agit du
sens plutôt que de la vérité dite « objective » (P. Ricoeur).

Nous nous réclamons d’une épistémologie de la complexité8 et de la multiréférentialité9, en en
sciences de l’éducation et de la formation. Nous avons montré en quoi l’anthropologie de
l’orientation, pédagogique, scolaire, professionnelle et universitaire est adossée à l’exercice d’une
pensée critique, incluant l’auto-critique10. Savoir s’orienter dans la vie « en connaissance de cause »
est un savoir nécessaire à « l’éducation du futur », au sens d’E. Morin, 2000 : « Enseigner la condition
humaine pour affronter les incertitudes ». La désorientation générale est le symptôme d’une « crise
du sens »11, d’une perte des repères, d’un déficit de la confiance, d’une crise de la décision et de la
gouvernementalité, perceptible au moins depuis le milieu des années soixante, et qui génère dans
l’hypermodernité une demande généralisée d’orientation active et accompagnée.

L’orientation, au sens où nous l’entendons, n’est pas le problème, elle est la solution. C’est l’idée que l’orientation
puisse être désirable, non pas un destin à subir que l’on cherche par tous les moyens à contourner,
mais comme un trésor à découvrir (J. Delors, UNESCO, 1996). Notre vision transdisciplinaire13 repose
sur trois postulats : Il existe des niveaux de réalité différents ; la vie est constituée de paradoxes qu’il
nous faut gérer continuellement ; chaque phénomène dépend d’une combinaison d’éléments
interdépendants. S’orienter dans l’existence, c’est articuler un « souci de soi » avec le « souci du
monde ».

L’orientation scolaire et professionnelle doit-elle être au service de la fabrication d’individus
performants dans l’École pour être adaptés à un modèle d’Homme compétitif dans la société ?
L’anthropologie de l’orientation à tous les âges de la vie est clairement du côté des savoirs
émancipateurs qui ne se réduisent pas aux savoirs savants et experts. Tout travail éducatif en
orientation mobilise des enjeux liés à une histoire personnelle, familiale et sociale, d’où la nécessité
d’un travail sur soi, qui peut prendre des formes les plus diverses. Par exemple, « l’approche

orientante »14 à laquelle nous nous référons, fournit une des clefs de la réussite scolaire et plus
largement éducative.
Cette enquête sur l’être humain confronté à son orientation a été possible par une expérience
professionnelle mise à distance depuis trente ans. Nous l’avons retracée à gros traits dans notre
itinéraire de formation et recherche15. Elle a en quelque sorte valeur d’héritage16 (au sens de R. Char,
1972) et de « legs professionnel » pour les générations futures qui s’emploieront très probablement à
approfondir et à pluraliser cette théorisation psycho-socio-anthropologique de l’orientation au cours
de l’existence.

L’orientation humaine est une énigme17 à déchiffrer qui attend son Champollion. Il existe
toujours une part d’ombre qui résiste aux lumières des interprétations rationnelles, aux modèles
d’analyse de la réalité observable, et qui défie les pronostics des meilleurs experts du Conseil en
orientation. En paraphrasant le philosophe Pascal (à propos de l’éloquence), ne pourrait-on pas dire
que « La vraie orientation se moque de l’orientation » ? Une approche transversale et plurielle18 de
notre objet de recherche est destinée à nous rendre sensible à la dimension spirituelle de
l’orientation, phénomène proprement humain et souvent occulté par les sciences anthroposociales.

 L’orientation est plus que l’orientation. Elle excède une fonction définie précisément,
surtout par la promesse de l’« agir créatif » (H. Joas, 1999) sur sa propre vie, au sens de ce que A. Sen
désigne par « la vie bonne », c’est-à-dire la liberté et la capacité de faire des choix (capabilité), en
relation avec le bien-être de la personne. La qualité inhérente à cette promesse repose sur un horizon
d’attentes qui permet à l’orientation, d’entretenir un rapport étroit avec la sagesse et le sacré

Nous avons aussi besoin de la littérature, des arts cinématographiques, de la poésie (et de
l’humour sans doute) pour nous déprendre de cette illusion de la maîtrise sur l’environnement et sur
nous-mêmes. L’écrivain tchèque M. Kundera dans L’insoutenable légèreté de l’être (1986) convoque
une dimension métaphysique de l’homme : « Un homme ne peut savoir ce qu’il veut. Il a seulement
une existence qu’il ne peut ni confronter à ses vies précédentes, ni réparer dans ses vies suivantes. Il
n’a pas la possibilité d’examiner quelle décision est meilleure. Il n’a pas de comparaison. Nous vivons
tout pour la première fois et sans préparation, comme un acteur qui improvise une pièce. Que peut
valoir une vie quand la première répétition pour cette vie est déjà la vie même ? »

On voit par là la
signification matricielle de l’orientation. Son fondement existentiel est d’une double nature,
anthropologique et ontologique. La mise en abîme de l’orientation est une option prise sur les
possibles du pensable de l’expérience humaine.

Pas d’orientation éducative sans hiérarchie de valeurs. Nous plaidons pour une orientation
intégrée à l’école et dans la société, ouverte sur le monde et la vie citoyenne, dans une cité
démocratique. L’orientation de la personne est un processus dynamique et créatif dans
l’expérimentation des choix d’avenir. Le champ multiréférentiel de l’orientation est un enjeu de
luttes et de recherches pour les professionnels du conseil en orientation et la société toute entière

. Il
y a près d’un demi-siècle, les conseillers d’orientation- psychologues protestaient pour ne pas être
remplacés par des « professeurs-conseillers ». Aujourd’hui ils sont toujours là, mais de plus en plus
incertains sur leur avenir. La Présidence française de l’Union européenne en 2008, en a fait le premier
fil conducteur des travaux qui abordent également les questions d’équité et d’accessibilité pour
l’Europe de la connaissance : « Lutter contre l’échec scolaire suppose en effet d’améliorer les
processus d’orientation et en particulier de veiller à la gestion des transitions et des passerelles au
sein des parcours de formation », X. Darcos, Ministre de l’Éducation nationale. L’orientation peut
s’inviter au rang des questions majeures pour les élections présidentielles de 201224.

Processus individuel, l’orientation est également un processus collectif qui s’analyse
nécessairement dans un contexte local et contingent. Tout est affaire de situation et de contexte
(socio-éco-démographique)25. Les procédures, dispositifs, organisations et institutions de
l’orientation scolaire et professionnelle au XXe siècle sont déterminés par un « procès sociétal
d’orientation » bien mis en évidence par J. M. Berthelot (1984) et M. Duru-Bellat (1988). S’orienter
dans l’ambiguïté de la vie et dans les incertitudes d’une société en mutation accélérée est un
véritable travail éducatif qui forge l’individu par l’épreuve.26L’orientation amène souvent à devoir
lutter contre des « empreintes » que l’on porte en soi, et à s’appuyer sur d’autres.

Le XXe siècle a été, en Europe, le grand siècle de l’orientation scolaire et professionnelle. Passion
française, elle est devenue une affaire d’État, objet de luttes entre les ministères, de conflits entre les
ordres d’enseignement et de controverses entre l’école et la société.L ’orientation n’est plus
aujourd’hui limitée à un âge de la vie ou à une dimension de l’existence (la vie dite « active »).
Pourtant il n’est pas excessif de constater que pour bon nombre de nos contemporains, l’orientation
est encore vécue comme un drame personnel.

Très souvent « l’orientation est par défaut », en
milieu scolaire en particulier, elle fonctionne comme une « mécanique d’exclusion », un verdict, et
tend à fonctionner en circuit fermé.28L’orientation des jeunes et des adultes est trop souvent
enfermée dans l’utilitarisme étroit d’une vision unidimensionnelle.

Parent pauvre du système éducatif français, mais aussi du dispositif de formation continuée, le
problème de l’orientation des jeunes et des adultes demeure une « question vive » dont s’empare
désormais les collectivités locales, les associations, les entreprises et milieux socio-professionnels, les
médias, ainsi que les prestataires des officines privées. Les familles s’en sont toujours préoccupées
puisqu’il s’agit de l’avenir de leurs enfants, mais en avaient confié le soin à l’école autour des années 1970.

Elle devient un souci personnel et familial au fur et à mesure que l’emploi et les carrières
« décrochent » du modèle scolaire du diplôme et de la qualification.
Avec la gouvernance néolibérale, acquise à la mondialisation des biens et des services,
l’orientation des orientations est une affaire de décideurs pragmatiques. Ainsi l’OCDE, la commission
européenne et la Banque mondiale considèrent qu’il faut entendre par orientation professionnelle :
« les services et activités qui s’adressent à des individus de tout âge, à toutes les étapes de leur vie,
pour les aider à faire leurs choix éducatifs ou professionnels et à gérer leur évolution professionnelle.
Ces services peuvent se trouver dans les écoles, universités et autres établissements d’enseignement
supérieur, les établissements de formation, les services publics de l’emploi, sur les lieux de travail,
dans le secteur du volontariat et dans le secteur privé. Les activités peuvent avoir lieu
individuellement ou en groupe, face à face ou à distance (y compris les services en ligne ou par
informatique). Ils comprennent la production et la diffusion de l’information sur les emplois ou les
carrières (sous forme de textes imprimés, au moyen des TIC ou sous d’autres formes), les outils
d’évaluation et d’auto-évaluation, les entretiens de conseil, les programmes de préparation à
l’emploi (pour aider les individus à mieux se connaître et à saisir les options qui leur sont proposées
et à gérer leur évolution professionnelle), les stages de découverte (pour se faire une idée des
orientations possibles avant de faire un choix), les programmes de recherche d’emploi et
d’insertion. » (Guide pratique pour les décideurs, 2004). Cette définition pragmatique ne prend pas
position sur la nature d’un processus qui n’est réductible ni à une procédure, ni à une ingénierie. Les
conflits de valeurs sont éludés, de même que la question de la place du sujet à l’école et dans la
société.

L’orientation est une question de point de vue et s’inscrit historiquement dans un processus de
civilisation29. L’approche anthropologique et éducationnelle de l’orientation tout au long de la vie
inaugure une voie de résistance, parmi d’autres, à une compréhension techniciste, utilitaire (courttermiste)
et marchande de l’orientation humaine. Il y a des concepts qui méritent d’être
« rafraîchis », non pour réenchanter naïvement notre rapport au monde, mais pour faire « acte de
lucidité »30 sur le mot et la chose. Comme l’affirme le philosophe : « Mal nommer un objet, c’est
ajouter au malheur de ce monde

».
Être acteur, auteur, interprète de son projet de vie, personnel et professionnel, est inconciliable
avec une vision unidimensionnelle de l’homo oeconomicus. Pour qui veut prendre le problème à la
racine, nous savons depuis K. Marx et ses épigones, qu’aliénation et désorientation vont de pair. La
désorientation est d’une certaine manière, la vérité de l’orientation. Mais comment mieux la
pénétrer par une intelligence sensible ? « L’écriture, c’est une attaque contre les frontières »
(F. Kafka). Ce nouveau tome de S’orienter dans la vie ouvre un peu plus le champ des possibles en
mobilisant une pensée élargie. Nous espérons ainsi échapper à ce que G. Deleuze et F. Guattari, 1980,
appellent dans Mille plateaux « la ritournelle » ou machine à gazouiller (p.131).
Quelle est la théorie sociale au fondement d’un regard anthropologique sur l’orientation ? À la
jonction du psychologique et du social, l’orientation est saisie comme un « phénomène social total »,

à la manière de M. Mauss. Quel est le sujet de cette orientation ? C’est « l’homme total ».

Le tome 2
de S’orienter dans la vie est placé sous le signe de la « sérendipité », autre manière de désigner le
« hasard chanceux » dans les itinéraires de vie, et de tirer parti de l’inattendu.
« Le monde parle plus d’un langage » P. Coelho, 1994, L’Alchimiste. Le choix d’un mot est déjà
une interprétation du monde. Le bilan d’une approche conceptuelle de l’orientation, prise lato sensu,
apparaît extrêmement riche et diversifiée. Cette démarche de recherche centrée sur l’état
problématisé des savoirs sur la thématique de l’orientation dans tous ses états, s’inscrit dans une
conception des sciences de l’éducation, comme sciences des cultures, ouvertes sur l’anthropologie
philosophique, historique et culturelle. Enfin la réalisation de ce dictionnaire en langue française, se
revendique de « l’exception culturelle française », sensible aux différents aspects de la diversité
internationale de la Francophonie

Le jeu de questions-réponses ne doit pas prêter à des malentendus. Il ne s’agit pas d’un
Catéchisme qui transmettrait des vérités révélées ou des notions à apprendre par coeur, encore moins
un manuel d’instructions fournissant « une feuille de route ». Au contraire, cet ouvrage fournit des
ressources plurielles pour le développement d’une authentique culture au service de l’orientation
éducative. C’est un guide propice à la méditation, au dialogue et à la rencontre, y compris avec soimême.
Par souci pédagogique, S’orienter dans la vie prend la forme d’un Dictionnaire de Sciences
humaines et sociales à visée encyclopédique. Le pari est très audacieux et le chantier n’est pas achevé
(un troisième tome est en préparation) : postuler l’éducabilité du processus de l’orientation, entendu
au sens le plus large possible, incluant la spiritualité et le cosmique ; appréhender la problématique
de l’orientation humaine jusqu’aux limites de l’agir et du pensable ; repousser les frontières
disciplinaires et faire bouger les lignes du point de vue des représentations ordinaires. Dans un
monde sans repères ni boussole, l’Odyssée de l’orientation est l’un des plus grands défis de
l’éducation des êtres humains en ce début de XXIe siècle.
Francis Danvers34

Laboratoire CIREL (EA 4354)
UFR des sciences de l’éducation
Université « Charles-de-Gaulle » Lille 3

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