PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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"Le rapport à l’école est paradoxal : la question de la scolarisation pour des familles au profil particulier, tels que les roms, les étrangers en situation irrégulière, est complexe : l’inscription à l’école n’est pas toujours possible ou bien leurs conditions de scolarisation sont difficiles. Or pour ces enfants l’école constitue un lieu de sociabilité et de reconnaissance essentiel. Ainsi Mariléna, enfant rom de neuf ans en Île de France explique : « Je suis très contente d’aller à l’école et quand je rentre le soir, j’essaye de lire, de progresser pour que la maîtresse soit encore plus contente de moi ».
Cette position contraste avec celle des enfants enquêtés en Paca ou Rhône-Alpes vivant pour la plupart en logement social et scolarisés, qui paraissent davantage douter de leur intérêt à poursuivre des études. « J’ai pas envie d’étudier. Je veux mon métier, je veux être plaquiste. Je fais ma 3ème insertion, après je me taille » dit ainsi Yoann, 15 ans qui vit en Paca. Ou encore Bastien : « Je préfère pas étudier trop longtemps. C’est pas que ça sert à rien mais je sais pas… J’aime pas vraiment en fait.
Je crois que je préfère taffer vite fait, comme ça je serai tranquille ». En Rhône-Alpes sur 22 enfants qui se sont exprimés sur la question de l’école, 12 évoquent une scolarité difficile et un n’est plus scolarisé."

La parole des enfants révèle la nature du défi à relever pour lutter contre la pauvreté. Ainsi un certain nombre de problématiques prioritaires sont interrogées par ce travail : le logement, la scolarité, l’effectivité de l’accès aux droits. En ce sens, un récent avis du Conseil Economique et Social Européen sur le thème « Pauvreté et bien-être chez les enfants » (février 2011) fait état du risque de pauvreté qui imbrique dénuement matériel, question du logement et question de l’accès aux services élémentaires (santé, éducation…) et concerne aujourd’hui 20 millions d’enfants dans l’Union européenne. Il déplore « l’inaction face à la pauvreté juvénile », rappelle que la stratégie Europe 2020 fait de la réduction de la pauvreté, en particulier celle des enfants, un des cinq objectifs à poursuivre, et recommande un engagement de l’Union Européenne pour traiter la question de la pauvreté et du bien-être de l’enfant. Mais si ce combat contre la pauvreté des enfants consiste effectivement à
prendre en compte leur bien-être, il ne peut être gagné sans comprendre qui sont ces enfants et sans construire avec eux des réponses à leurs attentes."

Categories: Santé publique...

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