PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Notre image de l’enfance est une image contradictoire que l’on peut résumer en quatre formules : l’enfant est innocent et méchant ; l’enfant est imparfait et parfait ; l’enfant est dépendant et indépendant ; l’enfant est l’héritier et novateur : « L’enfant a la chance d’échapper au réseau contraignant des multiples relations sociales ; mais simultanément, il dépend totalement de la société… Héritier social et culturel de générations précédentes, il est également créateur, et, en tant que tel, toujours quelque peu négateur…

Dans son comportement, dans ses rapports à l’adulte et à la société, l’enfant présente donc deux faces. L’enfant est double, et nous attribuons cette dualité à la nature enfantine elle-même… Aussi imputons-nous à la nature de l’enfant toutes les contradictions que l’on trouve dans l’idée d’enfance », B. Chariot, 1980.

Pour la psychanalyse de l’enfant les sept concepts majeurs sont :

1. l’image inconsciente du corps

2. la vie foetale

3. l’écoute du bébé

4. le stade du miroir

5. l’oedipe

6. la sexualité infantile

7. l’objet transitionnel

Les enfants, dès la naissance, ont une vie subjective et un sens du soi bien avant l’apparition du langage et de la conscience réflexive. Ils s’engagent dans des interactions sociales qui vont construire un sens d’expériences partagées, émotionnellement chargées. C’est ainsi que se développe l’intersubjectivité, Decety, 2001.

F. Dolto a insisté sur le fait que pour dépasser l’état de recherche d’une satisfaction immédiate de ses pulsions ou de ses besoins le jeune enfant doit être confronté à une « parole symbolisante », médiatrice, qui ouvrira un espace, créera la distance nécessaire avec les émotions et les peurs paralysantes.

Selon J. Piaget, le développement (génétique) de l’enfant se fait à partir de l’interaction entre l’individu et son milieu ambiant. C’est dans l’action que naissent les schèmes opératoires de la pensée. Les bébés et les très jeunes enfants sont de loin plus compétents qu’il n’y paraît. Ils possèdent de nombreuses capacités leur permettant d’apprendre rapidement. Le développement de l’intelligence reflète des changements dans la structure et le fonctionnement cérébral aussi bien que dans le déploiement de plus en plus efficace des ressources cognitives. La pensée des enfants se développe dans un contexte social. Les parents, les pairs, les enseignants et la société influencent les objets de pensée des enfants, ainsi que la façon et la raison pour lesquelles les enfants pensent, ainsi que la façon et la raison pour lesquelles les enfants pensent d’une certaine manière, R.-S. Siegler, 2001. La nécessité pour le jeune enfant de s’adapter, de savoir gérer les informations, faire ses propres expériences et se frayer un chemin autonome ne sont pas des impératifs d’ordre économique, social ou politique mais des évidences pointées par l’observation scientifique de la vie sociale des enfants.

L’enfance a une fonction particulière et irremplaçable dans le développement de l’humain. II n’y a pas d’autre choix que de considérer l’enfant comme un être à part entière, un homme en devenir et non un homme en maniature. E.Claparède donne pour illustrer cela une image forte : l’enfant est à l’homme ce qu’est le têtard à la grenouille, de la même essence et pourtant entièrement différent. Nous ne pouvons pas agir sur la transformation du têtard en grenouille en le sortant de l’eau : il en meurt. De même on ne prépare pas un enfant à être adulte en lui faisant vivre la vie d’adulte.

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