PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

[|Résumé de l’ouvrage par Elise Delhommeau, apprentie en Licence professionnelle UMLV – PRISME|] | « L’Office central de la coopération à l’école (OCCE) est l’organisme national qui fédère la vie et l’action pédagogique de la plupart des coopératives scolaires de l’école primaire et d’un grand nombre de foyers coopératifs de collèges et lycées. » | I) L’avènement de la coopérative scolaire En 1856, les « solidarités mutualistes », ou association de travail ont été créées dans les entreprises afin d’aider les familles en difficulté. Cependant, face au vieillissement des sociétaires, le financement des retraites est devenu difficile. C’est pourquoi, J-C Cavé a eu l’idée de créer des prévoyances mutuelles de l’enfant, les « Cavés ». Quelle est la différence entre une coopérative scolaire et une mutualité scolaire ? La coopérative scolaire envisage la prévoyance sociale tandis que la mutualité scolaire envisage l’amélioration de l’enseignement. Cependant, tous deux souhaitent responsabiliser les élèves par le biais d’un projet collectif. Les élèves se sont investis dans ces mutuelles scolaires. Ceux dont les parents ne pouvaient pas payer la mutuelle scolaire étaient chargés de différentes tâches, comme à Breuillet, d’élevage de lapins (suite à cela, des coopératives de production ont vu le jour). La mutuelle scolaire était une pédagogie en soi, car les élèves apprenaient à épargner, à être solidaire et participaient activement à la vie de l’association. Les sociétés scolaires se sont multipliées à très grande échelle pour devenir départementales. Il existe des coopératives scolaires dans le monde entier depuis plus d’un siècle. Très vite, les coopératives poursuivent de nouveaux objectifs. Elles ne sont plus présentes seulement pour l’entraide et la solidarité, mais également pour améliorer le fonctionnement de l’école et ainsi « l’adapter aux nouvelles pédagogies » (voyage, achat de livres, de matériels, création d’évènementiels …). Depuis le 10 février 1948, les coopératives scolaires (association reconnue d’utilité publique depuis 1968) sont des « sociétés d’élèves gérées par eux avec le concours des enseignants en vue d’activités communes. Inspirées par un idéal de progrès humain, elles ont pour but l’éducation morale, civique et intellectuelle des coopérateurs par la gestion de la société et le travail de ses membres, elles sont à l’évidence porteuses d’un projet pédagogique et revendiquent d’être « l’éducation citoyenne en actes ». Afin que les élèves puissent continuer de cotiser même après l’école, on créa les mutuelles postscolaires. Durant les conflits armés, les mutuelles et coopératives scolaires ont fait des dons pour les plus démunis et les soldats. II) Le« désaccord » sur la coopérative scolaire Il semble essentiel d’enseigner aux enfants à quoi sert une coopérative, tant au sein des écoles élémentaires que des universités, ce qui amène à la création de l’Office central de la coopération à l’école le 22 décembre 1929. Son objectif est d’encourager les groupements d’élèves, l’enseignement de la coopérative…Rapidement, la notion de coopérative et par là, la volonté collective, s’installe dans les Ecoles. Cependant le ministère de l’Education nationale assure que les coopératives scolaires ne peuvent pas exister juridiquement car elles sont composées de mineurs. Les fonds de la coopérative sont donc la propriété de l’école ou de la commune, ils ne sont en aucun cas ceux des élèves. Or l’inspecteur primaire Barthélemy Profit assure que les coopératives scolaires sont une pédagogie en faveur de l’apprentissage de la solidarité. C’est « une « association d’enfant » poursuivant un projet d’amélioration de la « vie matérielle et morale de la classe ». En bref, la pédagogie de l’école a radicalement changé : elle permet de responsabiliser les élèves et de faire passer leurs devoirs avant leurs droits, c’est « un lieu d’apprentissage de la vie démocratique ». III) Les temps forts de l’OCCE Après la Première Guerre Mondiale, les subventions de l’état affluent jusqu’à dépasser les cotisations. Les coopératives scolaires s’installent dans les collèges et lycées, principalement pour développer les bibliothèques. De nouvelles structures se créent au niveau national afin que les coopératives scolaires puissent se regrouper et échanger leurs travaux. L’OCCE s’engage également dans le secours humanitaire des enfants au niveau national et international. (aides financières pour les victimes de catastrophes naturelles, bourse pour les cantines…). IV) La chute de l’OCCE En 1980, l’investissement des jeunes et des associations locales chute fortement. Afin de relancer les coopératives scolaires financièrement et socialement, l’OCCE met en œuvre une revu pour les jeunes, qui lui fait perdre 2.50 millions de francs. Après plusieurs échecs, l’OCCE perd le soutien de l’Education nationale. Pourtant les établissements continuent de s’associer avec l’OCCE, non plus en tant que militants mais juste pour percevoir des financements. En 1990, une société privée fait une étude, sur demande du conseil d’administration, sur l’image de l’OCCE et des coopératives scolaires. Il en ressort qu’une grande majorité des élèves ne savent pas ce qu’est une coopérative. Les enseignants pensent clairement que l’ OCCE et les coopératives scolaires n’ont plus d’utilité au sein des établissements scolaires et plus de place face à des programmes lourds. De plus, les coopératives sont d’avantages perçus comme des médiatrices entre la violence et l’école. L’OCCE ne fait plus face aux nouvelles générations d’élèves en partie à cause du désengagement de l’état qui diminue fortement le personnel et qui ne réévalue pas les subventions en fonction de l’inflation. V) Le rebondissement de l’OCCE En 2001, l’OCCE décide fermement d’agir. Avec le conseil d’administration, l’OCCE renoue des liens avec ses anciens partenaires. Des « semaines de la coopérative à l’Ecole » sont organisées afin d’informer les élèves. En 2006-2007, les enseignants des sciences économiques et sociales devaient présenter les différentes formes d’entreprises de l’économie sociale. En Janvier 2007, l’état s’engage à nouveaux avec l’OCCE en signant une convention pluriannuelle d’objectifs. Conclusion : Comme l’école est une compétition permanente qui valorise les « meilleurs éléments », elle exclut les « autres ». Ce n’est que depuis quelques années, que la notion de solidarité est réellement instaurée au sein des programmes scolaires, dans l’optique de faire prendre conscience aux élèves de l’importance de la coopération : l’élève ne doit plus être un « récepteur passif » des dires de l’enseignant. « Changer l’école pour changer la société », Jean-François Vincent, président de l’OCCE | Barthélemy Profit : Le « Fondateur des coopératives à l’école » Né le 11 février 1867 au Lonzac (Corrèze), ses parents sont de modestes cultivateurs. Ancien élève-maître de l’école normale de Tulle, il est d’abord instituteur dans son département d’origine. Il devient ensuite professeur d’école normale à Vannes, Loches, Saint-Brieuc. En 1904, il débute comme inspecteur primaire à La Mure (Isère). Il exerce ensuite à Riom (Puy-de-Dôme), de 1906 à 1909. Militant convaincu de la « mutualité scolaire », il fonde dans ces deux départements une vingtaine de mutuelles scolaires et post-scolaires. Inspecteur de la circonscription de Saint-Jean-d’Angély où il restera jusqu’à sa retraite, il va pendant vingt ans encourager la création de coopératives scolaires. Ses expériences dans le domaine de la mutualité scolaire et de la coopération scolaire l’ont conduit à écrire de très nombreux ouvrages : La Mutualité nouvelle (1911), La Coopération à l’école primaire (1922), La Coopération scolaire française (1932), L’Education mutuelle à l’école (1936). Barthélemy Profit a passionnément voulu faire de l’école un lieu de vie solidaire et démocratique. Il peut être considéré comme « l’inventeur » de la coopération à l’école et l’un des premiers à avoir mis en évidence l’intérêt éducatif des coopératives scolaires. Il est mort à La Rochelle le 30 octobre 1946. | Charte de la coopération à l’école : 1- L’école a pour finalités le développement de la personne et la formation du citoyen. Dans cette perspective, l’épanouissement de la personne et des pouvoirs réels du citoyen dépendront non seulement de la nature des savoirs et des savoir-faire, mais également de la façon dont ils auront été construits. 2- La citoyenneté concerne la personne dans toutes ses dimensions. Le citoyen est conscient de ses droits et de ses devoirs, il s’implique dans la vie de la cité et coopère avec d’autres aux transformations nécessaires à la société. 3- L’école doit prendre en compte ces finalités en développant la participation réelle des élèves à toutes les instances de gestion et de concertation. La citoyenneté doit se construire dans la pratique dès l’école maternelle. La classe coopérative, considérant les élèves comme des partenaires actifs, associés à toutes les décisions qui le concernent, et se référant à un certain nombre de valeurs comme l’écoute, le respect de l’autre, le partage l’entraide, la solidarité, la responsabilité, l’autonomie, la coopération, favorise cette construction. 4- La réalisation de projets coopératifs qui finalisent et donnent du sens aux apprentissages et, à l’école, favorise les interactions et donc l’acquisition des compétences. 5- Il ne peut y avoir d’apprentissage sans évaluations. La classe coopérative permet la mise en place d’une véritable évaluation formative permanente dans la mesure où elle s’appuie sur la pratique du contrat, instaure les pauses méthodologiques et des moments coopératifs de réflexion métacognitive. 6- L’organisation coopérative de la classe prend appui sur :  Le projet coopératif d’éducation, élaboré avec les enfants, pour répondre à la question « Comment allons-nous vivre, travailler et apprendre ensemble ? »  Le conseil de coopérative, lieu de parole et de gestion des fonds et aussi instance de décision, d’évaluation et de régulation  La mise en place de groupes modulables favorisant l’individuation, la socialisation, l’expression corporelle, la communication et la réalisation collective de projets  L’enseignant garant des objectifs éducatifs 7- L’école (l’établissement scolaire) constitue la seconde structure de l’organisation coopérative qui repose sur :  Un conseil des délégués de coopérative ou de foyer  Un projet d’école, ou d’établissement, impliquant tous les élèves  La constitution d’une équipe d’enseignants mettant en application les principes et les valeurs auxquels elle se réfère et capable de coopérer avec les parents et d’autres partenaires, d’une façon pertinente et cohérente. [|OCCE 101 bis rue du Ranelagh 75016 PARIS Tel : 01 44 14 93 30 Fax : 01 45 27 49 83 Courriel : federation@occe.coop|] Le 11 décembre 2008

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