PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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"Propositions concernant l’orientation à l’Ecole
Le décret du 23 août 2011 précise les fonctions dévolues aux conseillers d’orientation psychologues et leur formation. Les CIO ont pleinement vocation à participer à la mise sur pied du service public de l’orientation. Chacun des
organismes co-labellisés dans le cadre des sites géographiques « Orientation Pour Tous » continue à exercer ses missions propres et celles des CIO et de leurs conseillers sont désormais claires. Néanmoins, dans le cadre du premier accueil et de l’orientation de base, les CIO, comme tous les autres organismes labellisés sont invités à accueillir tout public. C’est d’ailleurs déjà le cas de tous les CIO, surtout ceux qui sont implantés hors d’un établissement scolaire. Par ailleurs, il est vivement recommandé aux conseillers d’orientation psychologues de consacrer une partie suffisante de leur temps de travail à la connaissance des milieux professionnels du territoire dans lequel ils exercent leur mission, de favoriser la montée en puissance des parcours de découverte des métiers et des formations (PDMF) dans les collèges et les lycées, de participer au développement des bureaux d’insertion professionnelle au sein des universités.
La loi du 24 novembre 2009 (article 5) leur recommande d’ailleurs vivement d’actualiser leurs connaissances sur les professions et les entreprises. Pourquoi ne pas imaginer que dans le futur, une part plus importante de leur temps de formation dès leur recrutement serait consacrée à des expériences en entreprise plus longues qu’aujourd’hui ? Un certain nombre d’organisations professionnelles (UIMM par exemple) seraient prêtes à concourir à des initiatives en ce sens.
Il est également permis d’espérer qu’à terme viendront se joindre aux équipes des CIO des conseillers ayant préalablement exercé leurs fonctions dans des entreprises ou administrations ou encore dans des organismes de formation
continue. Cela ne remettra nullement en cause le professionnalisme des conseillers d’orientation psychologues, mais permettra une meilleure osmose entre le monde de la formation et celui des métiers.
Enfin, l’implication grandissante des enseignants dans l’orientation des collégiens et des lycéens constitue à l’évidence un progrès. Ceux d’entre eux qui encadrent des PDMF dans leur établissement sont les mieux à même de s’investir dans l’accompagnement personnalisé qui leur est demandé. De notre point de vue, il ne s’agit pas d’une lourde charge supplémentaire, mais d’une nouvelle manière de concevoir le métier de professeur. La transmission des
connaissances peut sans doute y gagner en efficacité, dès lors que la relation professeur-élève n’est plus uniquement placée sur le terrain des résultats scolaires. Les parents regarderont aussi l’école d’un autre oeil et comprendront plus facilement que la communauté éducative de l’établissement dans lequel est inscrit leur enfant est pleinement au service de sa réussite, de son épanouissement et, à terme, d’une insertion professionnelle correspondant à ses capacités, à ses goûts et aux attentes de la société.
Tous les responsables de notre « Education nationale », à quelque niveau de responsabilité qu’ils se trouvent, savent à quel point il est urgent de renouer un vrai dialogue avec les parents, trop souvent interrogatifs, dépassés ou en opposition avec les équipes des établissements de leurs enfants. Il y a tout particulièrement urgence dans les zones urbaines sensibles. Cette réforme indispensable implique de réformer dans l’avenir la formation des professeurs qui devront posséder une connaissance beaucoup plus approfondie du monde de l’entreprise et de celui de la fonction publique extérieure à l’Education nationale.
Un constat s’impose : les professeurs qui ne connaissent que l’école vivent dans un univers exclusivement fondé sur des connaissances théoriques, ce qui limite leur capacité de rayonnement en prise avec la vie. Les futurs enseignants doivent, d’une manière qui reste à inventer, être confrontés à des expériences professionnelles et sociales fréquentes, représentatives de la vie économique du pays. Viendra le jour où les professeurs auront déjà vécu d’autres expériences
professionnelles dont les acquis seront pris en compte au moment de leur recrutement.
Cette évolution sera favorisée, cela ne fait plus de réel débat désormais, par une plus grande autonomie des établissements, de leur équipe de direction et de leur conseil d’administration. Il faut libérer l’initiative, favoriser les expériences, les partenariats avec le tissu économique et social local. C’est le seul moyen de résorber à terme les grandes inégalités géographiques entre les territoires et les* établissements. L’uniformité apparente qui la règle d’aujourd’hui défavorise trop durement les établissements situés en zones sensibles."

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