PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In 01net.com – le 26 mars 2013 :

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Xavier Niel lance une école de codeurs qui ouvrira ses portes en novembre. Baptisée 42, elle vise les exclus du système scolaire. Elle est totalement gratuite et ne nécessite, aucun prérequis.

Infatigable ! C’est l’un des adjectifs qui caractérise le mieux Xavier Niel. Ce milliardaire dont la réussite est connue n’a pas l’intention de s’arrêter à Free. Son nouveau projet le prouve. Baptisé 42, en référence à Douglas Adams, le patron d’Iliad, maison-mère de Free et Free Mobile, a décidé de créer un institut de formation plutôt original qu’il financera à hauteur de 50 millions d’euros. Gratuite et sans prérequis scolaire ou universitaire, cette école a l’ambition de former 1000 codeurs chaque année.

Pour y accéder, les candidats doivent avoir entre 18 et 30 ans. Ils peuvent dès maintenant passer des tests en ligne pour une présélection de 4000 candidats qui seront formés l’été prochain à raison de… 15 heures d’enseignement par jour ! Un second tour sera ensuite réorganisé pour en retenir un millier qui démarreront le cursus dès novembre prochain pour une formation de trois à cinq ans.
Le 42 sera installé dans un immeuble du 17e arrondissement de Paris dont les locaux (4200 mètres carrés) sont en cours d’aménagement. Le bâtiment sera équipé d’iMac, un par élèves, et sera accessible aux élèves 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L’école sera pilotée par quatre personnes, Xavier Niel, Nicolas Sadirac, Kwame Yamgnane et Florian Bucher, et un effectif de 42 personnes sera chargé de l’enseignement.

Pour Xavier Niel, les ministres parlent, et lui agit

Pour Xavier Niel, ce projet n’est pas un nouveau business, bien au contraire. « Ce modèle où l’on crée des écoles pour s’enrichir est obsolète. Il date des années 80. » Pour le patron d’Iliad, il s’agit d’éviter que la France continue de baisser dans les nouvelles technologies. « Trouver des talents devient une véritable quête », affirme M. Niel. « Aujourd’hui, dans le codage, 70 % des entreprises françaises n’arrivent pas à recruter. C’est le seul secteur industriel à vivre cela. »
Et, quand on lui demande pourquoi il ne monte pas ce projet avec les pouvoirs publics, Xavier Niel est direct : « Seul le privé peut faire quelque chose. Les pouvoirs publics tentent de sauver ce qui ne l’est pas et en attendant rien de concret ne se passe. » Il a aussi réagi aux propos des ministres Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg, qui l’ont récemment qualifié de passager clandestin des nouvelles technologies, en faisant allusion au lancement de Free Mobile. « Eux, ils parlent, moi j’agis ! »

Une pédagogie participative pour libérer la créativité

Nicolas Sadirac, un ancien de l’Epita et l’un des maîtres d’œuvre du projet 42, en dit plus sur le fonctionnement de ce qu’il nomme un « endroit pédagogique », une expression qu’il préfère à « école ». « Nous ne sommes pas là pour apporter une connaissance, d’ailleurs ce concept n’a plus d’importance. Nous nous orientons sur une pédagogie participative destinée à libérer la créativité des élèves. » Pour ce développeur, cette méthode est à rapprocher au logiciel libre dont l’évolution repose sur une communauté. « C’est comme le peer-to-peer, tout le monde est à la fois utilisateur et acteur ».
Pour le moment, aucun responsable politique n’a réagi au lancement de ce projet. Ni le ministère de l’Éducation Nationale, ni celui de l’enseignement supérieur, ni même celui du redressement productif n’ont fait de commentaires positifs ou négatifs.
Seul Patrice Dumoucel, fondateur de l’Epita, présent dans la salle au milieu des journalistes, s’est permis quelques commentaires. S’il salue l’initiative, il émet des réserves sur une formation qui ne délivre aucun diplôme. « Comment vont faire ces jeunes pour faire valoir leurs compétences auprès des recruteurs ? Les grandes entreprises recrutent sur diplôme et pour faire un master, il faut avoir le bac. » Il estime aussi que Xavier Niel puisse faire dans l’éducation ce qu’il a fait dans les télécoms avec Free Mobile. Si Xavier Niel accepte ces remarques, il signale que, selon lui, « il faut changer ce paradigme ».

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