PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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in VousNousIls – le 12 juin 2014 :

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Benoît Hamon a défendu ce matin les béné­fices péda­go­giques de la réforme des rythmes sco­laires, annon­çant par ailleurs une meilleure infor­ma­tion des parents.

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Benoît Hamon pré­sen­tant les béné­fices péda­go­giques de la réforme des rythmes à l’école primaire.

"Je suis l’avocat des enfants", a affirmé ce matin Benoît Hamon à l’ESPE de Paris. Le ministre de l’Education natio­nale, de l’Enseignement supé­rieur et de la Recherche a défendu les béné­fices péda­go­giques de la réforme des rythmes sco­lairesdevant un public d’élus, de futurs ensei­gnants et de journalistes.

Benoît Hamon a rap­pelé que la réforme ini­tiée par son pré­dé­ces­seur Vincent Peillon, décriée par cer­tains parents d’élèves et que des maires refusent de mettre en place à la ren­trée 2014, n’est "pas une réforme faite pour les adultes". "Le temps du débat entre adultes s’achève, pour lais­ser place au temps des enfants", se réjouit le ministre, pour qui le fait de tra­vailler cinq matins au lieu de quatre est "un plus" pour les élèves.

La réforme doit per­mettre de cor­ri­ger la baisse des résul­tats des écoliers fran­çais, dont 20% ne maî­trisent pas les fon­da­men­taux (lire, écrire, comp­ter) à la fin du primaire.

Des élèves plus concen­trés le matin

Ajouter une mati­née de cours le mer­credi matin, ou plus rare­ment le samedi matin, doit en effet per­mettre aux ensei­gnants de pro­fi­ter davan­tage des pics de concen­tra­tion des enfants, plus effi­caces "entre 9 heures et 11 heures". "La réforme des rythmes n’est pas une lubie de l’institution sco­laire", insiste Benoît Hamon, "elle est fon­dée sur des diag­nos­tics, des échanges, des tra­vaux" de recherche, parmi les­quels des recom­man­da­tions de l’académie de méde­cine.

Selon les pre­miers retours d’enseignants qui ont expé­ri­menté la réforme dès la ren­trée 2013, la sou­plesse intro­duite par une mati­née de cours sup­plé­men­taire leur a sou­vent per­mis d’être "en avance sur les pro­grammes", et de varier "les méthodes et les péda­go­gies" dans leurs classes. Elle béné­fi­cie en par­ti­cu­lier "aux élèves en dif­fi­culté", sou­ligne le ministre.

D’autre part, avec une meilleure arti­cu­la­tion du temps sco­laire et péri­sco­laire, les liens entre ensei­gnants et ani­ma­teurs sont "res­ser­rés", et des moments comme la sieste en mater­nelle, par­fois à che­val sur les deux périodes, sont mieux gérés. "Ces pro­blèmes étaient depuis long­temps sur la table", pré­cise la Dgesco Florence Robine. "La réforme a été une occa­sion unique de les repen­ser, ensemble", tou­jours en pri­vi­lé­giant l’intérêt de l’enfant.

Le ministre salue la "contri­bu­tion déter­mi­nante des ensei­gnants" et "leur dévoue­ment", sans les­quels la réforme aurait pu connaître "un des­tin dif­fé­rent". Conscient que la demi-journée de tra­vail sup­plé­men­taire a pu "embar­ras­ser" les ensei­gnants, Benoît Hamon les remer­cie d’avoir reconnu que ces nou­veaux rythmes sont "mieux pour les élèves".

Une lettre et un site d’information pour les parents

Pour mettre en avant les béné­fices de la réforme auprès des parents d’élèves, "que les points de vue par­fois assez viru­lents de res­pon­sables poli­tiques ont pu inquié­ter", le ministre a décidé de leur écrire une lettre d’information qui sera bien­tôt dif­fu­sée dans les écoles. D’autre part, un site web dédié aux parents sera mis en ligne le 23 juin : il réca­pi­tu­lera les avan­tages de la réforme, et per­met­tra aux familles de connaître l’organisation des temps sco­laires rete­nue dans leur commune.

Les com­munes qui sou­hai­te­raient pro­fi­ter des assou­plis­se­ments auto­ri­sés par le décret du 7 mai 2014 ont jusqu’à demain pour dépo­ser leur pro­jet. Pour l’instant, quelque 600 pro­jets ont été sou­mis, indique Benoît Hamon.

Concernant l’organisation des APC, le fonds d’amorçage de la réforme alloue 50 euros par enfant pour ces acti­vi­tés (jusqu’à 80 euros dans cer­taines zones iso­lées ou défa­vo­ri­sées) dans toutes les com­munes. "Les parents peuvent légi­ti­me­ment deman­der à leurs élus ce qu’ils comptent faire de ces 50 euros des­ti­nés à leur enfant", sou­ligne le ministre, là où les conseils muni­ci­paux ne juge­raient pas utiles de mettre en place ces activités.

Quant à "la mino­rité de maires qui refusent d’appliquer la réforme" à la ren­trée 2014, "c’est illé­gal" et les pré­fets se char­ge­ront de les rap­pe­ler à la loi, pré­vient Benoît Hamon.

Quentin Duverger

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