PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Print Friendly



Bien-être

Terme introduit dans le Thésarus européen de l’éducation, 1997, mais absent duDictionnaire encyclopeqique de l’éducation et de la formetion, 2005, et du Larousse Médical, 2005. La notion du bien-être est au croisement entre l’éducation et la santé, entre l’être et l’avoir. « L’homme ne vit pas seulement de pain ». Le bien-être est un état dans lequel non seulement les besoins « primaires» comme l’alimentation, l’habillement, la santé (physique et mentale) et le logement sont satisfaits, mais aussi comme une maniere d’être par laquelle l’individu participe à la vie sociale, prend part à la culture et les valeurs en vigueur, et peut s’épanouir pour développer une personnalité autonome, faisant face aux contraintes sociales.

Dans le cadre de la pective offerte par Breda et Goyvaerts, 1997, en matière de santé publique, le concept de bien-être est interprété me suit: « disposer de· suffisamment de ressources satisaisantes selon ses propres préférences». Le bien-être est considéré comme une situation de liberté positive: il s’agit possibilités dont chacun dispose pour opérer des choix cernant l’organisation de sa vie.

Le bien-être versus mal-ëtre est le résultat d’évènements vécus en relation avec un sentiment subjectif. Il est en lien avec la question du sens dans la vie et il prend diffrentes formes semon les âges de la vie.

Le bien-être est d’ordre matériel, moral et psychologique,mais aussi identitaire, au sens de la reconnaisance d’une identité historique, ethniqueou culturelle. C’est pourquoi le bien-être et le bien vivre ensemble n’ont pas la même résonnance dans les hémisphères Nord et Sud.

Le bien-être ne dit pas où est le Bien, ni où est l’Etre. Le bien-être matériel ne comande ni le bien-être moral ni le bien-être moralni le mieux-être. L’aspiration centrale del’homme moderne à la prospérité généralisée est unobjectif à articuler avec le bien-vivre ensemble. Nous sommes devenus une société « d’ayants droits » à la recherche permanente du mieux vivre, de « l’hautenticité »

de chacun etde l’épanouissement de soi, sans avoir clarifié les raisons du Vivre ensemble: « Que vouslons-nous individuellement et collectivement pour notre vie?

Des individus entièrement centrés sur le bien-être personnel ne font pas société, s’ils oublient la nécessité de vetus civiques, car la sommes des intérets particuliers ne donne pas l’intéret général.

S J tuart Mill voyait dans la confiance le fondement principal du bien-être collectif.

L’opérationnalisation du bien-être atteint conduit à msidérer quatre domaines: le logement (état physique, luipements, environnement); la santé (maladie ou andicap); la participation sociale (accès au marché de 1mploi, à la vie civique) ; la sociabilité/loisirs (situation de famille, rencontres avec des tiers, vacances, vie culturelle, sociale, politique). Le salarié n’est plus seulement un travailleur mais aussi un être en devenir au sein de entreprise, qui exprime des besoins divers et auquel il faut donner du bien-être, de la confiance en soi, des perspectives e développement personnel et professionnel.

Dans Le Prix du bien-être, Psychotropes et sociétés, P.Zariphian, 1996, met en doute l’orientation purement biologique et comportementale prise par la psychiatrie mondiale, avec les différentes versions du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), qui élimine l’écoute de la souffrance du sujet pour ne s’intéresser qu’à la chimie du corps. La croyance en un psychisme sans cerveau est aussi erronée que la conception scientiste d’un cerveau sans psyché.

Il existe une mondialisation du bien-être et une économie du bien-être qui recherche les critères du bien-être collectif susceptible de faire l’unanimité. Le bien-être collectif n’est-il rien d’autre que la somme des bien-être individuels? Il faut sans doute renoncer à l’illusion quantitativiste : le bien-être ne peut être chiffré (idéal de l’optimum de Pareto). De même qu’il convient de renoncer à l’illusion essentialiste: on ne peut guère parler du bien-être en soi indépendamment de tout un contexte de vie. Qui décidera du bien-être collectif? Toute économie du bien-être est orientée en fonction du système social en vigueur (économie de marché versus économie planifiée ou encore économie mixte). L’économiste n’a pas de compétences spéciales lui permettant de statuer sur les fins individuelles ou les valeurs collectives. Le bien-être ne se réduit pas à une valeur économique, car il est lié à la question du bonheur et de ce qui en dépend (l’amour, l’amitié, la foi, la beauté, etc.).

La société de marché d’orientation néo-Iibérale n’a-t-elle pas tendance à rabattre le bien-être sur le bien-vivre et à susciter paradoxalement le « mal-être»? D’après l’enquête d’A. Ehrenberg, 2000, l’obligation de cumuler le plus grand nombre possible de signes extérieurs de richesse (fortune, santé, jeunesse, succès, etc.) dans un monde ouvert à toutes les formes de rivalité et de compétition et donc « à assumer seul la responsabilité d’être soi », plonge l’individu dans une course éperdue, source de fatigue et de dépression.

L’injonction à l’autonomie, à l’indépendance, à la participation, à l’authenticité, etc. sont des inscriptions subjectives de la domination, D. Martuccelli, 2004.

Les « Créatifs culturels» (autour de 20 % de la population? un peu plus aux États-Unis, un peu moins en France) refusent un modèle de société fondé sur la compétition, l’argent, la célébrité et le pouvoir sur autrui. Ces « néo-individus» pensent globalement et agissent localement autour de six pôles de valeurs: l’écologie, la place du féminin, l’être plutôt que le paraître, le développement personnel et la spiritualité, l’implication sociétale, (Le Monde du 4 juin 2007).

Le bien-être est une construction sociale. Les partisans d’une « nouvelle économie du bien-être» s’attachent à préciser ja fonction du bien-être social, en se demandant comment passer des préférences individuelles à celles de la société, en construisant notamment des indicateurs pertinents du bien-être social. Le philosophe américain J. Rawls formula le principe selon lequel l’état social doit être évalué seulement par référence à la situation de l’individu le plus désavantagé. L’économiste de nationalité indienne, Amartya Sen, prix Nobel, 1998, a enrichi les développements sur la théorie du choix social à la base de « l’économie du bien-être» qui permet de faire le lien entre éthique, morale, choix et développement économique. Dois-je mettre ma vie au service du mieux-être de la planète ou dois-je mettre ma vie au seul service de mon bien-être? le bien-être ne se ramène pas à la forme thérapeutique d’une amélioration de soi, d’un trajet de « moins êtrQ" vers un « plus être» qui est toujours confronté, en dernière instance, à l’expérience dernière de « ne plus être", G.le Blanc, 2007. le paradigme existentiel de l’orientation à tout âge de la vie est un paradigme éducatif humaniste, axé sur le « développement humain durable", plus que la croissance, et le bien-être dans toutes ses dimensions. le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) classe 177 pays selon leur indice de développement humain (espérance le vie, instruction, revenu réel).


Categories: Le mot clef

Répondre