PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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"Au terme de ce travail, nous pouvons dégager plusieurs constats sur le projet de réussite éducative de l’agglomération dijonnaise, mais plus largement aussi sans doute sur l’évaluation des projets de réussite éducative sur le territoire national. Nous présenterons ces constats sous la forme d’une liste de points découlant des analyses présentées dans ce rapport et qui peuvent donner lieu directement à des interprétations en termes politique.
1) La politique de la ville se construit dans un contexte fortement marqué part les inégalités scolaires et sociales. Ces inégalités ne se limitent pas à des différences inter-individuelles mais elles sont fortement visibles au niveau géographique avec des écarts très marqués entre les territoires en ce qui concerne les caractéristiques des populations. L’action politique doit donc tout d’abord viser la réduction de la ségrégation scolaire et sociale au niveau spatial.
2) Les dispositifs qui visent la réussite éducative se sont multipliés et diversifiés au cours de ces vingt dernières années. Cette diversité de l’offre interroge sur la spécificité de chaque dispositif et sur l’articulation nécessaire entre l’école et les collectivités locales.
3) Le PRE cible des territoires très différents quant à la répartition des populations visées. Il est nécessaire d’envisager un dispositif qui puisse varier en intensité et dans ses contenus en s’adaptant aux besoins spécifiques locaux.
4) La part des jeunes pris en charge dans le PRE est très variable d’un quartier à l’autre, ce qui témoigne de deux modes d’intervention distincts : l’un ciblant des actions sur une population restreinte et spécifique, l’autre cherchant à étendre les interventions sur une plus large population.
5) La répartition des ressources entre les territoires au niveau de l’agglomération n’est pas optimale au regard des besoins, mais s’explique par des stratégies d’intervention qui sont très différentes au niveau communal. La commune C2 qui regroupe 29% des jeunes de moins de 15 ans de l’ensemble de l’agglomération ne dispose que de 7% des crédits alors que C4 qui représente moins de 6% de la population de la même tranche d’âge bénéficie de 17% des crédits.
6) Les crédits alloués par jeune pris en charge varient ainsi fortement d’une commune à l’autre : C2 ne consacre que 13 euros par jeune, C3 42, C5 59, C1 66 et C4 147, soit un rapport de 1 à 11 entre les deux cas extrêmes. Les stratégies d’intervention dans le cadre du PRE sont donc très différentes au niveau local.
7) Les communes qui proposent le plus de dispositifs de droit commun sont celles où la proportion de jeunes pris en charge dans le PRE est la plus faible et inversement. On peut ainsi suggérer que le programme de réussite éducative agit bien selon une
logique de complémentarité avec les actions de droit commun sur les territoires.
8) Chaque commune investit de façon spécifique la réussite éducative. Certaines communes présentent une diversité plus marquée (C3 et C5 notamment) que d’autres qui limitent l’intervention du PRE à un seul domaine, en l’occurrence l’accompagnement à la scolarité (c’est le cas de C2). La variété dans la mise en oeuvre du PRE dans les communes se lit principalement en fonction de deux facteurs : intensité des actions et priorité dans les axes d’intervention.
9) Les acteurs portent globalement un jugement d’ensemble plutôt favorable sur les effets du dispositif mais des variations existent dans les quartiers selon les dimensions considérées. Ainsi, dans les quartiers Q5 et Q6, la mise en oeuvre du partenariat et la participation des familles semble faire défaut ; le quartier Q4 de C3 témoigne d’une hétérogénéité des critères d’appréciation selon les différentes dimensions de l’évaluation (avec un degré de satisfaction élevé en ce qui concerne la mise en oeuvre du PRE et un degré de satisfaction nettement plus faible pour les parcours individuels). Les autres territoires présentent quant à eux des valeurs plus homogènes dans les différents indicateurs.
10) L’efficacité ressentie par les acteurs est plus forte dans les communes qui affichent les besoins plus importants en termes de population. Or ce sont précisément dans ces mêmes communes que la « sélection » des jeunes est la plus importante pour la
prise en charge dans le PRE.
11) Il n’existe pas de relation entre le degré de satisfaction du PRE et le montant des ressources financières allouées aux communes. La réalisation correcte du PRE dépend davantage du ciblage des besoins que des seules dotations financières
allouées.
12)Les actions développées dans le cadre du PRE semblent être plus efficaces quand
les bénéficiaires sont très jeunes.
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13) Les jeunes dont la durée de prise en charge est la plus longue (3 années) font l’objet
d’une meilleure évaluation de leur parcours au sein du dispositif.
14)Lorsque les référents de parcours sont des responsables d’établissement ou des
prestataires extérieurs, cela impacte négativement le degré de satisfaction du PRE.
On constate à l’inverse un effet positif d’un encadrement de proximité quand il est
réalisé par les coordonnateurs ou des acteurs également proches des jeunes pris en
charge.
15)Le degré de satisfaction du PRE ne varie pas en fonction des axes d’intervention, cela validerait une approche globale de la prise en charge des jeunes et non pas spécifique à telle dimension. Il existe en revanche des différences d’appréciation selon les communes : les actions mises en place dans les communes C2, C4 et C5 et dans une moindre mesure C1, se distinguent de celles engagées sur la commune, c’est en effet sur ce territoire que le degré moyen de satisfaction des actions est
le plus faible.
16) Enfin, le travail d’évaluation exposé dans ce rapport met l’accent sur la nécessité de disposer d’informations fiables, précises et actualisées sur la mise en oeuvre du PRE. Ce n’est qu’avec cette exigence que l’on peut espérer progresser dans la démarche d’évaluation d’un tel dispositif."

Categories: Généralités et ARF

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