PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In Centre Alain SAVARY – IFE :

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Atelier animé par Catherine Charic, professeure de lettres, TZR , mission temporaire de 6h/semaine pour les élèves issus de familles itinérantes ou de voyageurs (EFIV) et Françoise Estival, professeure des écoles (PE), responsable d’une Unité pédagogique pour les élèves allophones nouvellement arrivés (UPE2A) à l’initiative de l’association "Faciliter le langage aux enfants (FLE) créée en 2004.

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En 2011, l’association FLE jette une couverture sur l’aire d’accueil des gens du voyage comme une invitation à la découverte  de l’univers de l’écrit et des savoirs littératiés. Cette année-là aucun des 260 enfants de passage sur ce terrain de Montélimar n’allait à l’école ; seulement vingt-deux étaient soit inscrits aux cours adaptés du CNED, soit scolarisés de manière perlée au gré des déplacements familiaux.

Déjà mobilisés sur l’accompagnement scolaire des élèves allophones nouvellement arrivés en France, les bénévoles de l’association FLE, dont Françoise Estival (PE), ont décidé d’investir très pragmatiquement la problématique de scolarisation des enfants issus de familles itinérantes ou de voyageurs : « Comment permettre à ces enfants d’être scolarisés tout en maintenant leur mode vie ? » Cet objectif clair se traduit par une dynamique de parcours : « partir du terrain pour aller à l’école ». 

Le visionnage d’un film permet de nous rendre compte des effets des actions menées depuis trois ans. La couverture a disparu au profit d’une caravane qui a précédé la construction d’un bâtiment en dur baptisé « école du voyage ». Les activités s’organisent les mercredis après-midi pour les 3-11 ans et les mardis et jeudis matins sont dédiés au 12-16 ans en situation d’illettrisme ou pour une aide aux apprentissages avec le CNED. L’une des deux salles est aménagée pour l’accueil  des plus petits et l’autre salle est équipée de tables pour des activités qui s’approchent de l’organisation scolaire. L’ensemble des actions vise une incitation à une inscription à l’école même temporairement et à favoriser la fréquentation  du collège.

Passeur-e-s d'écoleDes 260 enfants non scolarisés en 2011, ils ne sont plus que 95 en 2012 et 60 en 2013 soit une augmentation des effectifs patente d’enfants scolarisés. Ces familles restent sur le terrain entre deux semaines et deux mois. Peu de temps pour gagner la confiance des voyageurs envers l’école alors qu’ils en ont des représentations fort négatives liées à des expériences vécues : l’école est perçue comme violente et insécurisante.

Ce projet se développe en partie grâce aux soutiens financiers de la communauté de communes et de la Caisse d’allocations familiales avec une reconnaissance et une institutionnalisation marquées par une inauguration officielle de  « l’école du voyage ». Pour réaliser ce travail de transition entre l’aire de stationnement vers l’école, l’institution scolaire aurait à prendre ses responsabilités aux côtés de ses partenaires déjà mobilisés. Ici, preuve est faite, qu’un maillon s’est  créé pour franchir une étape vers plus de scolarisation. Un temps de quelques heures par semaine d’un enseignant qui ferait un véritable travail de liaison entre le terrain et l’école, entre les familles et les enseignants dans le but de transformer les peurs réciproques, de favoriser l’entrée en relation avec pour finalité de  rassurer les enfants et leur prodiguer l’accompagnement nécessaire pour un engagement dans une scolarité à long terme.   En espérant que ce qui a été refusé il y a peu, sera reconsidéré afin de concrétiser les valeurs de démocratisation scolaire de l’école de la république. 

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