PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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"L’orientation, spécialement l’orientation professionnelle, en tant qu’elle doit accompagner le parcours professionnel des citoyens et leur permettre de maîtriser les changements induits par les évolutions technologiques et économiques, est une préoccupation importante pour l’Union Européenne. En témoigne la résolution du 21 novembre 2008 du Conseil de l’Union européenne « pour mieux inclure l’orientation tout au long de la vie dans les stratégies d’éducation et de formation tout au long de la vie ». Ce qui distingue la France dans le domaine de l’orientation tient peut-être moins à l’organisation des prestations et des services chargés de l’orientation qu’à ce qui les sous-tend sur le plan idéologique, fruit de l’histoire du développement de l’orientation au 20me siècle
dans notre pays. On peut distinguer deux courants distincts et parfois antagonistes :

• Celui né des besoins en main d’oeuvre plus qualifiée, qui a accompagné l’industrialisation et l’urbanisation du pays puis la tertiarisation de l’économie dans la première moitié du 20ème siècle : l’attention se porte sur l’adéquation entre formation et emploi. La gestion des flux qu’elle suppose converge avec la volonté planificatrice d’un pouvoir politique centralisé et interventionniste.

• L’autre courant prend appui sur l’école qui se trouve dans la situation ambiguë de mettre en oeuvre une sélection à travers les diplômes et de répondre en même temps à l’aspiration d’ascension sociale des jeunes et de leurs familles. A ces courants, correspondent deux volets dans l’organisation du système français de l’orientation : l’orientation scolaire, s’appuyant le plus souvent sur des critères académiques et dans laquelle les enseignants jouent de fait un rôle important, et l’orientation professionnelle, champ investi par les milieux et les partenaires du monde professionnel et dont l’organisation est souvent morcelée et pas toujours lisible pour les publics concernés. L’orientation en France se caractérise donc par le rôle particulier qu’y joue l’institution scolaire, accusée d’éloignement par rapport à la réalité des métiers, et par la dispersion des acteurs de l’information et du conseil y compris de ceux relevant de la puissance publique. D’autres pays disposent de systèmes plus unifiés et en même temps moins centralisés (pays germaniques), ou d’une organisation plus libérale dans laquelle l’information et l’accompagnement individualisé sont prépondérants (Royaume Uni, Danemark…). En France il semble que l’on s’est plus préoccupé de l’orientation des jeunes dans la formation initiale que d’une démarche continue ouverte sur le parcours professionnel d’éducation et de formation tout au long de la vie ». Dans la perspective de mise en oeuvre de la résolution européenne de 2008, nous essaierons de répondre aux questions suivantes : que se fait-il en France pour faire évoluer les dispositifs d’orientation ? Existe-t-il des modèles pouvant inspirer les réformes nécessaires ? Qu’est-ce que l’organisation et le fonctionnement du (des) système(s) européens peuvent apporter au modèle français ?"

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