PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In VousNousIls – le 28 mars 2014 :

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L’association fran­çaise des acteurs de l’éducation (AFAE) consacre le der­nier numéro de sa revue tri­mes­trielle aux rela­tions entre les entre­prises et l’école. Selon Jean-Claude Rouanet, IA-DSDEN hono­raire et co-coordonnateur du numéro, le dia­logue progresse.

Revue AFAE

Revue AFAE

Pourquoi avoir choisi de vous inté­res­ser aux liens entre école et entreprise ?

Fin 2012, avant même les Assises de l’entrepreneuriat, j’ai pro­posé que notre asso­cia­tion se penche sur le sujet, pour plu­sieurs rai­sons. D’une part, l’entreprise est sou­vent évoquée comme une des solu­tions pour mieux faire réus­sir les jeunes. Le ministre de l’Education natio­nale a lui-même évoqué l’entreprise pour aider les ado­les­cents en déli­ca­tesse avec le sys­tème éduca­tif. D’autre part, le Conseil natio­nal éducation-économie (CNEE) a été ravivé en octobre 2013, avec la volonté de ren­for­cer les rela­tions entre le tissu écono­mique et l’école. D’une manière géné­rale, nous avons constaté que l’esprit d’entreprendre, pour­tant ins­crit dans le socle com­mun de connais­sances, n’était pas suf­fi­sam­ment mis en avant.

Où en sont les rela­tions école/entreprise aujourd’hui ?

Ces deux pôles tra­vaillent de mieux en mieux ensemble ! Il y a 30 ou 40 ans, l’entreprise se voyait repro­cher de cher­cher des jeunes immé­dia­te­ment « ren­tables ». Au départ, il y a une dis­tance entre l’école et l’entreprise car les fina­li­tés ne sont pas les mêmes. La méfiance réci­proque s’est atté­nuée. De plus en plus, alors que l’entreprise se pré­oc­cupe de sa ren­ta­bi­lité et de ses résul­tats, l’école a des per­for­mances à affi­cher. Elle n’a pas le choix, la com­pé­ti­tion est internationale !

Ecole et entre­prise ne sont pas deux monstres froids. Dans notre revue, nous mon­trons, par exemple, com­ment les mai­sons d’édition tra­vaillent en rela­tion avec l’école. Il existe aussi de nom­breuses for­ma­tions qui fonc­tionnent avec le concours des entre­prises, notam­ment dans la vali­da­tion des acquis. Il ne faut pas oublier non plus que les entre­prises sont pré­sentes dans les com­mis­sions pro­fes­sion­nelles consul­ta­tives, là où sont défi­nis les diplômes.

Quels points pré­cis pour­raient encore être améliorés ?

Les stages en entre­prise. Au col­lège, il fau­drait être plus pré­cis sur l’objectif de la semaine de stage obli­ga­toire en 3e. Trop sou­vent, le chef d’entreprise s’interroge : est-ce un stage d’observation ? De décou­verte du métier ? Ou bien s’agit-il de res­pi­rer un air différent ?

En ce qui concerne les stages en Bac pro, BEP et BTS, il est néces­saire de se rap­pro­cher davan­tage des pro­fes­sion­nels. Des marges d’amélioration sont possibles.

Et puis il ne faut pas négli­ger le tissu d’associations qui apportent une contri­bu­tion, recon­nue par le minis­tère, dans la mise en rela­tion des jeunes avec les entreprises.

Vincent Peillon a dit qu’il sou­hai­tait que les stages entre­prise puissent avoir lieu dès la 6e : qu’en pensez-vous ?

Le Conseil supé­rieur des pro­grammes y réflé­chit. J’y suis très favo­rable dans la mesure où l’entreprise est désor­mais au pro­gramme de la 6e à la ter­mi­nale. Et je ne crois pas qu’on puisse apprendre l’entreprise, sim­ple­ment en déve­lop­pant les théo­ries écono­miques ou en se conten­tant de faire des stages : il faut trou­ver le juste milieu entre la théo­rie et la pratique.

Aujourd’hui, en histoire-géographie par exemple, il est dif­fi­cile d’éluder les filières pro­fes­sion­nelles et les sec­teurs d’activités quand on parle de l’économie d’un pays. Les ensei­gnants évoquent inévi­ta­ble­ment l’entreprise.

Les ensei­gnants de sciences écono­miques et sociales (SES) devraient-ils faire un stage en entre­prise, comme le pré­co­nisent cer­tains élus ?

Dans le sys­tème éduca­tif, il y a les pro­fes­seurs d’économie et de ges­tion, et les ensei­gnants de SES : cha­cun à leur manière, ils abordent l’entreprise. Je crois néan­moins qu’il est dif­fi­cile de faire l’économie d’une immer­sion dans le monde de l’entreprise, si l’on veut savoir de quoi l’on parle.

Charles Centofanti

Categories: 3.3 Compétences

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