PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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égalité des chances

Précepte moral, idéal pédagogique, ambition politique, la notion d’égalité des chances s’inscrit dans le droit fil de la démocratisation de l’enseignement. Pourtant le père de la formule  » égalité des chances  » est P. Pétain qui préconisa l’abandon des principes égalitaires inspirés par J.J. Rousseau (R. de La Borderie 2000).

 » La nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque, à tous les degrés, est un devoir de l’état « , Préambule de la Constitution française.

L’égalité des chances suppose que soient réunies diverses conditions pour que soit pleinement réalisée l’égalité d’accès à l’éducation. Les obstacles relèvent de l’appartenance des élèves à des milieux socioculturels défavorisés, à des facteurs institutionnels déterminant la réussite scolaire proprement dite, à des facteurs socio-économiques, sur lesquels l’école ne peut guère peser. L’action pédagogique des maîtres n’est pas sans effet, pour contrecarrer ou accentuer ces disparités dans les conditions sociales d’existence ces élèves.

D’un point de vue critique, pour filer la métaphore du tirage de la loterie, l’égalité des chances masque une double inégalité (un petit nombre de gagnants, une multitude de perdants). P. Naville, 1996, a montré combien l’expression  » égalité des chances « , était contradictoire dans les termes.  » L’égalité des chances, si elle est un droit, et non un fait, recouvre une inégalité virtuelle, qui est un fait… l’égalité des chances se réduit en fin de compte à une probabilité, socialement déterminée, d’occuper un emploi d’un type et d’une catégorie déterminée « . Les statistiques de l’INSEE (citées par JL Derouet, 1999) estiment le nombre de positions favorisées dans le monde du travail à trente pour cent de la population active : environ dix pour cent de cadres supérieurs et vingt pour cent de cadres moyens.

Au lieu d’égalité idéale des chances, parlons plutôt de l’inégalité des positions, c’est-à-dire de l’inégale facilité d’intégration des enfants à l’ordre scolaire :  » 60 ans d’égalité des chances, 60 ans d’inégalités de résultats ?  » Pour R. de La Borderie, 2000, l’école de la république est passée d’un objectif d’égalité d’accès à l’école (Gambetta/Ferry), à celui d’un objectif de réussite à l’école (Jospin 1989).

L’égalité des chances connaît au moins deux acceptions : égalités des chances à l’école, égalité des chances par l’école. La formule  » égalité des chances par l’école  » en distinction de  » l’égalité des chances à l’école  » a été employée pour la première fois par le ministre VC. Beullac en 1980. Il entendait ainsi marquer une distance avec la notion d’égalité des chances, corrélée, selon lui, à une inégalité de résultat.

La première formulation indique que tous les élèves bénéficient des mêmes opportunités de réussite, mais que cette réussite n’est pas assurée ; le corollaire en est invariablement l’inégalité de résultat.

La seconde formulation postule, inversement, que l’égalité de résultat à l’école constitue la base d’une égalité des chances dans la vie sociale et professionnelle, l’école dans cette situation ayant pour objet de  » corriger  » ou de  » compenser  » les inégalités qui différencient les élèves lorsqu’elles les prend en charge.

Selon J.Simon et G.Solaux, 2000,  » Depuis un siècle, les inégalités scolaires se sont atténuées sous l’effet de l’allongement de la scolarité, facteur principal, mais aussi en raison de l’affaiblissement du lien entre origine sociale et diplôme « .

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