PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In L’expresso – le Café Pédagogique – le 30 août 2013 :

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"La jeunesse est l’alpha et l’oméga d’une politique déterminée de lutte pour l’emploi". Le 29 août, Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Ile-de-France et ses vice-présidents, dont Henriette Zoughebi, en charge des lycées, ont présenté une rentrée très engagée dans la réussite de tous. Sur le terrain, la région entend bien tenir toute sa place de partenaire de l’Etat et influer sur le destin des jeunes. Avec l’Etat, elle explore des dossiers singuliers : le nouvelle carte des internats suite à la remise en question des internats d’excellence, la nouvelle politique d’orientation, le numérique éducatif par exemple. 

469 lycées + 2 

L’Ile de France scolarise environ un lycéen français sur cinq et près d’un étudiant sur quatre. A la rentrée, elle ouvre deux lycées supplémentaires, soit 471. La région s’est engagée dans un plan pluriannuel d’investissements de 2,4 milliards pour la construction et la rénovation de lycées et cette année ouvre environ 40 chantiers de rénovation ou construction de lycées. Ils font travailler plus de  7500 salariés dans la région. L’un d’eux a pris du retard et le lycée neuf de Dammartin en Goële n’ouvrira qu’en novembre. 

La réussite de tous 

Ouvertures et rénovations sont des instruments pour orienter la carte des formations. Si 80% des enfants atteignent le bac c’est seulement 41% des enfants d’ouvriers, souligne Henriette Zoughébi. La région veut lutter contre les inégalités scolaires. A l’occasion des interventions régionales, elle rééquilibre  l’offre de formations trop concentrée vers le centre et l’ouest. Ainsi elle ouvrira à Noisy-le-Grand un lycée international qui fera le pendant de celui de Saint-Germain en l’Haye (à l’ouest). Elle tente de rééquilibrer l’offre de CPGE et d’encourager l’ouverture de BTS en suivi de bac pro. La région finance les manuels scolaires (9 millions), les transports scolaires (800 000 cartes de réduction), aide les familles pour la restauration, l’équipement et les frais de concours (au total 18 millions). 178 lycées bénéficient d’une dotation de solidarité correspondant à 42 € par élève.  Elle permet de financer des projets pédagogiques. Elle invite les jeunes à participer à la gestion de leur lycée avec un "budget participatif lycéen" dans 30 lycées. 

Des internats d’excellence à ceux des quartiers 

"La seule chose qu’ont démontré les internats d’excellence c’est qu’on obtient des résultats en mettant des moyens". Malheureusement le coût des internats d’excellence a empêché le développement d’internats de réussite pour les jeunes des quartiers. Une étude de l’Agence francilienne d’urbanisme a montré que de forts besoins existent dans  le 93, sous équipé, le sud du 95, le nord du 92 et sur certaines agglomérations (Créteil, Corbeil, Mantes, Trappes). La région entend profiter de la remise en cause des internats d’excellence décidée par le ministre de l’éducation nationale. 

La région, l’Etat et les trois académies franciliennes devraient signer le 30 août une convention réorientant les budgets consacrés aux internats. Le programme régional prévoit l’ouverture de 5 000 places avec une aide de l’ANRU de 40 millions et un apport régional de 240 millions. Avec cette nouvelle charte d’affectation, la région, qui avait refusé de participer au financement des internats d’excellence, va pouvoir mélanger dans les internats de réussite les jeunes en recherche d’une certaine option et ceux des quartiers qui ne bénéficient pas de bonnes conditions de travail chez eux. "On va réfléchir aux moyens qu’il faut mettre dans ces internats de réussite", nous a dit H Zoughebi. "J’attends l’accompagnement pédagogique par l’Etat quelles que soient les difficultés budgétaires et nous travaillerons à ce qu’il y ait un accompagnement social et culturel". La région devrait notamment déployer des médiateurs culturels dans les lycées où il y aura ces internats, encourager la présence d’artistes et financer des sorties culturelles. Dès cette rentrée, un internat de réussite s’ouvrira à Savigny-le-Temple (77). "C’est important pour moi d’accompagner ce changement de politique". 

Le nouveau chantier de l’orientation  

"On se prépare à prendre en charge l’orientation", signale Emmanuel Maurel, vice-président en charge de la formation. L’acte III de la décentralisation devrait donner aux régions les compétences étatiques du nouveau service public d’orientation. "Nous n’avons pas de garantie de transfert financier de l’Etat", souligne Jean-Paul Huchon qui rappelle que c’est un secteur énorme. "C’est une menace financière sérieuse". Le président du conseil régional demande que l’on dote la région d’un instrument fiscal dynamique qui lui permette de faire face à cette nouvelle compétence. 

Bientôt l’EducLab 

Près de 160 000 ordinateurs sont déployés par la région dans les lycées franciliens et 20 000 nouveaux sont attendus cette année. Mais la région va beaucoup plus loin. Elle s’attend à devoir prendre en charge la maintenance du matériel et pour cela recrute 100 emplois d’avenir. Elle ouvrira EducLab, un lieu de recherche et d’innovation ouvert aux enseignants innovants, aux industriels et aux chercheurs. Le développement d’un "facebook des apprentis" est aussi en cours. Avec ce nouvel outil, la région veut limiter le décrochage des apprentis en créant un lien entre maîtres de stage, formateurs et jeunes. La région compte près de 5 000 nouveaux apprentis à cette rentrée et consacre 400 millions à l’apprentissage. 

La lutte contre le décrochage 

En convention avec l’Etat, la région soutient des dispositifs contre le décrochage. A cette rentrée s’ouvre un nouveau micro lycée à Paris. Le budget régional est multiplié par deux à cette rentrée. 

"Dans chaque secteur , nous déclinons la même politique : être aux cotés des jeunes Franciliens pour permettre la réussite de tous". Jean-Paul Huchon et Isabelle This Saint-Jean ont aussi présenté les efforts régionaux en faveur des étudiants (900 millions). Là aussi le conseil régional partage la même obsession : faciliter l’accès à l’emploi. L’Ile-de-France veut accompagner la reprise. 

François Jarraud

Décrochage : La région se mobilise

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