PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In Groupe Ecolo – le 5 juin 2014 :

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Lors de l’audition de Benoît Hamon, Ministre de l’éducation nationale, j’ai rappelé le profond soutien des écologistes à la Refondation de l’école.

Pour que l’école redevienne une promesse, qu’elle forme les futurs citoyens et leur permette de relever les défis du 21eme siècle, il est nécessaire d’aller encore plus loin dans le changement d’approche à mettre en place : donner plus de liberté aux équipes pédagogiques, ouvrir l’école vers l’extérieur, faire des élèves les acteurs de leur éducation, redonner « le plaisir d’apprendre » et « le plaisir d’enseigner »

Il faut en finir avec le système actuel de la notation – stigmatisante – et des compensations inter-disciplines qui n’ont aucun sens.

Certes les écologistes soutiennent la réforme des rythmes scolaires mais  il y a, là aussi, des évolutions que nous demandons : pérennisation du fonds de soutien, péréquation des moyens, activité gratuite…

J’ai pointé les scandaleuses difficultés d’accès des enfants handicapés aux activités périscolaires et le besoin de renforcer les moyens humains, financiers et pédagogiques afin de promouvoir une école inclusive.

Bien sûr, j’ai aussi souligné l’importance de la formation continue et initiale a également été soulignée. Pour permettre la mise en oeuvre de la refondation, il faut en effet former les enseignants.

Il faut aussi pérenniser les ABCD de l’égalité qui doivent permettre de déconstruire les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge car la lutte contre le stéréotype de genre et pour l’égalité femmes-hommes ne saurait être une fois encore reléguée à un  « plus tard » qui n’arrive jamais.

***

«  Monsieur  le Ministre,

Je vous remercie tout d’abord pour votre présence car ces temps d’échanges sont importants pour nous et notamment pour avancer ensemble sur cette nécessaire refondation de l’école qui doit redevenir le lieu de la lutte contre le déterminisme social, ce qu’elle n’est plus aujourd’hui.

D’où l’accueil que nous souhaitons réserver à la circulaire du 22 mai, dont nous partageons les objectifs, qui va mettre en application la Refondation de l’école votée l’année dernière.

Mais, vous vous en doutez, les écologistes ont un certain nombre de questions et de suggestions à vous proposer.

Sur la question des rythmes scolaires, j’insiste sur la nécessité de pérenniser le fonds de soutien aux collectivités ou de trouver un mécanisme de péréquation.

Il en va de l’équité territoriale et de la nécessité de proposer à chaque élève des activités gratuites de qualité.

J’entends bien ce que vous venez de dire, Monsieur le Ministre, quand vous rappelez le rôle de chacun, et notamment qu’il revient aux collectivités d’organiser les activités périscolaires. Mais on ne peut pas s’en désintéresser, ça fait partie du parcours éducatif de l’enfant et donc tous les acteurs doivent y participer, y compris l’éducation nationale, et c’est d’ailleurs le  rôle des projets éducatifs de territoire dont, évidemment, nous appelons la généralisation de nos vœux.

Sur le financement, la même remarque vaut pour la réforme territoriale : Quels transferts de financements et quels mécanismes de péréquation pour permettre aux régions de gérer les collèges ?

Nous aimerions connaître votre position sur ces demandes ainsi que sur la question de l’accès des enfants handicapés aux activités périscolaires, qui vient d’être pointée par le Défenseur des droits et je ne vous parle même pas des enfants handicapés qui ne sont pas scolarisés.

Concernant la promotion de l’école inclusive mentionnée dans la circulaire, cet enjeu rencontre bien entendu notre soutien !

Mais il est nécessaire d’aller plus loin et de renforcer les moyens humains, financiers et pédagogiques.

J’ai entendu ce que vous disiez sur la CDIsation des AVS et évidemment nous nous en réjouissons mais pouvez-vous nous indiquer si des efforts budgétaires sont spécifiques sur ce point et sur les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté?

Car si la circulaire renforce leurs missions,  le rattrapage financier est lui aussi une nécessité.

Cela m’amène à dire deux mots sur la réforme de l’éducation prioritaire que vous avez évoquée. Renforcer et mieux cibler les moyens, c’est très bien. Mais attention à certains effets induits que nous commençons à voir sur nos territoires. Et s’il faut renforcer les moyens à certains endroits,  il faut faire attention à ne pas trop déshabiller le reste non plus.

Pour lutter contre le décrochage scolaire, nous devons aussi nous interroger sur notre « conception » de l’éducation et de l’école.

Nous plaidons, comme vous le savez, pour laisser plus de liberté aux équipes pédagogiques, favoriser les expérimentations, permettre d’adapter les programmes à chaque élève, et  non l’inverse, ouvrir l’école sur l’extérieur, permettre aux élèves de devenir des acteurs de leur éducation

C’est par ce changement d’approche que nous parviendrons à démocratiser la réussite.

La transformation des pratiques d’évaluation, préconisée dans la circulaire et dont vous venez de nous parler, va aussi dans le bon sens.

Mais ce n’est là qu’un premier pas.

Il faudrait aller plus loin  et interdire cette fichue notation chiffrée, stigmatisante, et revenir sur les systèmes des compensations inter-disciplines qui n’ont aucun sens.

Il faut redonner le « plaisir d’apprendre » car la réussite scolaire est intimement liée à ce « plaisir d’apprendre », lui-même indissociable du « plaisir d’enseigner ».

Oui retrouvons ces mots de « plaisir ».

Concernant les enseignants, je souhaite insister sur la formation.

Les Espé doivent jouer un rôle essentiel, évidemment, car la Refondation ne se concrétisera pas si les enseignants ne sont pas formés.

Pourriez-vous donc nous indiquer où nous en sommes du grand programme de formation continue que nous appelons tous de nos vœux et que vous avez simplement évoqué ?

Et concernant la formation initiale, nous avions à l’époque de la réforme indiqué notre préférence pour un concours à l’entrée en M1 pour que les deux années soient véritablement consacrées à la formation des futurs enseignants et non à du bachotage. Votre prédécesseur avait paru ouvert à l’idée de refaire une étude à ce propos, notamment sur le coût estimé.

Pourriez-vous nous indiquer ce qu’il en est ?

La question du pré-recrutement mérite elle aussi d’être à nouveau posée notamment pour remédier aux manques d’enseignants dans certains académies ou disciplines.

Et, alors que les besoins sont énormes, la Cour des Comptes vient de pointer un problème de sous-consommation du plafond d’emplois.

D’où ma question : où en est-on concrètement dans les recrutements annoncés ?

Avant de conclure, pourriez-vous nous donner des précisions sur le calendrier envisagé pour la suite des réformes ?

Je pense notamment à la réforme du collège au sujet duquel il y aurait beaucoup à dire et à faire pour véritablement mettre en place l’école du socle, mais aussi la question du statut des enseignants.

Enfin, deux mots sur les ABCD de l’égalité.

La presse se fait le relais de doutes quant à la pérennisation et la généralisation de cette initiative.

Soyons clairs, la lutte contre le stéréotype de genre et pour l’égalité femmes-hommes ne peut plus attendre et ne saurait être une fois encore reléguée à un  « plus tard » qui n’arrive jamais !

C’est en déconstruisant les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge que l’égalité parviendra un jour peut-être enfin à se concrétiser.

Je vous remercie. »

Categories: 4.2 Société

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