PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In Coop’Icem – le 29 avril 2014 :

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Comme avant le remaniement qui a suivi les élections municipales, la réforme des rythmes scolaires cache tout ce qui peut ou pourrait faire avancer les réflexions sur l’École : les nouveaux programmes, les modalités d’apprentissage, la notation, les évaluations, les expérimentations pédagogiques, la formation des enseignants et de tous les professionnels de l’éducation…

La réforme des rythmes scolaires, c’est l’objet politique d’opposition rêvé, car il déplace le clivage droite-gauche et réunit dans le mécontentement des députés, des maires, des parents, des professionnels de l’éducation… Les médias l’ont bien compris et avec eux nous ne risquons pas d’oublier les rythmes scolaires.  
Sans surprise, Benoît Hamon se plonge dans la réforme dès son arrivée au ministère de l’Éducation nationale. Pour répondre aux revendications incessantes, il propose des ajustements au décret tant décrié. 

Et l’enfant dans ce projet ?  
Seul l’apprentissage des fondamentaux par l’enfant le matin est évoqué par Benoît Hamon, son bien-être, sa manière d’apprendre et le respect du temps dont il a besoin sont laissés de côté. 

Et l’assouplissement, c’est pour qui alors ?  
Le souci de cet assouplissement, c’est qu’il n’assouplit en rien le temps de l’enfant.
Le projet reste figé sur des demi-journées scolaires de 3 h ou 3 h 30, avec l’obligation de cinq matinées d’enseignement.
Premier assouplissement : la possibilité de déroger à la règle des 5 h 30 maximum par jour avec le choix de huit demi-journées de classe au lieu des neuf prévues par le décret de Vincent Peillon. Les cinq matinées sont respectées certes, mais peu de changement pour les enfants avec la semaine de 24 heures de Darcos : trois journées de classe de six heures et deux demi-journées de trois heures. Et tout ça pour libérer un après-midi supplémentaire…
Deuxième assouplissement : 23 heures d’enseignement au lieu de 24 heures permettent quatre journées de cinq heures avec un mercredi ou un samedi matin… mais seulement pour ceux qui le souhaitent car la récupération de cette heure hebdomadaire se fera sur les vacances. Une manière de toucher aux grandes vacances à tout petits pas, car s’y attaquer pour alléger les journées de tous les enfants mécontenterait trop de monde !
Tous les ajustements proposés ne visent donc que l’intérêt des adultes et l’apaisement des mécontentements. Ils n’améliorent rien, la semaine scolaire reste scandée par les rythmes du décret sans articulation avec les autres temps éducatifs proposés aux enfants. La fatigue et l’incohérence éducative seront toujours là.
 
La vision globale du temps éducatif de l’enfant s’éloigne toujours un peu plus.

 

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