PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Print Friendly

In Le Républicain Lorrain – le 1er juillet 2013 :

Accéder au site source de notre article.


Avant sa venue à Lyon aujourd’hui en compagnie de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, Vincent Peillon réaffirme ses ambitions dans un entretien aux journaux du groupe Est-Bourgogne-Rhône-Alpes.

Après le vote de la loi d’orientation et de programmation, votre premier rendez-vous a lieu aujourd’hui à Lyon où vous installez officiellement les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE). Que peut-on en attendre ?

Vincent PEILLON, ministre de l’Education nationale : « La France est confrontée depuis des années à un déclin de ses performances scolaires. Toutes les études, que ce soit celles de la Cour des comptes ou de l’OCDE, démontrent que le facteur le plus important de la réussite des élèves tient à la formation des professeurs. Or, elle a été depuis trois ans presque intégralement supprimée, quel paradoxe ! La vraie refondation de l’école est pédagogique. La formation des professeurs des 1er et 2nd degrés sera le levier majeur de la refondation du système éducatif au service de la réussite des élèves. »

En quoi les ESPE se distingueront des IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres), très controversés ?

« Les ESPE s’inscrivent en rupture avec les IUFM et tout ce qui a été fait précédemment. Nous faisons le choix d’un modèle différent. Les deux années de master d’enseignement conjugueront simultanément, et non successivement, apprentissages disciplinaires, réflexion sur les pratiques pédagogiques et stages devant les élèves. Les étudiants intéressés par les métiers de l’enseignement pourront même commencer à apprendre le métier dès la 3e année de licence grâce à des modules spécifiques. »

Vous insistez sur la professionnalisation. Des craintes se font jour sur le maintien du niveau des concours. Qu’en est-il ?

« Le métier d’enseignant est un métier qui s’apprend ! Dès le début de la formation, il y aura une alternance entre la théorie et la pratique, avec des stages et la présence dans les ESPE de praticiens de terrain. Quant aux concours, ils évoluent pour mieux prendre en compte la diversité des compétences indispensables mais sans abaisser en rien le niveau d’exigence disciplinaire. »

Les enseignants français sont parmi les plus mal payés. Le temps de la refondation salariale n’est-il pas venu, puis de la réforme du statut ?

« Qu’ils soient moins payés que dans les pays voisins, c’est incontestable. Si nous avions les moyens budgétaires d’une vaste revalorisation, nous le ferions. Nous avons d’ores et déjà fait, à budget constant, un geste important en direction des enseignants du 1er degré, par souci de justice puisqu’ils sont actuellement moins payés que ceux du 2ndr degré : ils percevront une indemnité de 400 € et bénéficieront d’une progression de carrière plus rapide. Mais l’urgent, c’était de mettre les moyens sur la formation. 27 000 postes sur les 54 000 y seront consacrés, soit un investissement de 800 M€ qui bénéficiera aussi au pouvoir d’achat des jeunes professeurs puisqu’ils seront rémunérés dès le Master 2. J’ouvrirai par ailleurs en octobre-novembre des discussions approfondies sur les missions des personnels de l’Éducation, et notamment des enseignants, ainsi que sur les conditions d’affectation, notamment les premières. Je compte aussi mettre l’accent sur l’éducation prioritaire qui cumule difficultés scolaires et sociales. Cela concerne 20 % des élèves, notamment en collège. »

Propos recueillis par Philippe RIVET.

Répondre