PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Malgré les engagements de François Hollande dès son arrivée à l’Elysée en 2012, la situation de l’apprentissage n’a cessé de se détériorer en France. On a même enregistré une baisse du nombre d’apprentis alors que l’Hexagone est déjà très en retard par rapport à ses voisins dans ce type de formation (voir notre article).

Le Medef invite le gouvernement à créer une « task force apprentissage » permettant de formuler des propositions concrètes d’évolution de l’apprentissage sous 3 mois. Cette « task force » pourrait être constituée d’un binôme chef d’entreprise-parlementaire à l’image de ce qui a été mis en place pour la simplification et le dispositif pénibilité. Selon le Medef, il est impératif que l’apprentissage soit désormais piloté directement par le Premier ministre, comme tout sujet transversal d’importance.

Pour garantir l’insertion professionnelle des jeunes, il faut impérativement mieux les orienter vers cette filière de formation d’excellence qu’est l’apprentissage. C’est ce qu’illustrent les Olympiades des métiers dont le Medef soutient l’organisation à Paris en 2019.

L’apprentissage est une magnifique voie d’insertion professionnelle : 90 % des apprentis trouvent ainsi un CDI à l’issue de leur formation. Pourtant le nombre de contrats d’apprentissage ne cesse de baisser.

Selon un sondage Ipsos pour le Medef, la baisse du nombre d’apprentis s’accélère en dehors de tout facteur conjoncturel. Cette chute n’est malheureusement pas enrayée par la très bonne image de l’apprentissage auprès des chefs d’entreprise.

Si nous voulons avoir une chance de faire progresser l’apprentissage, il faut définitivement mettre en cohérence les paroles et les actes en menant une profonde réforme. Cette réforme devra mettre l’entreprise au cœur du dispositif d’apprentissage autour de 4 aspects :

– L’orientation des jeunes : arrêtons de dévaloriser les métiers techniques et l’apprentissage et informons précisément chaque élève des débouchés de chaque filière.

– Le contenu de la formation : il faut que les entreprises soient codécisionnaires du contenu des formations.

– La carte de formation : elle doit s’adapter aux besoins des entreprises.

– Le financement de l’apprentissage : redonnons aux entreprises la liberté du financement de ces dispositifs.

Pour Florence Poivey, présidente de la commission Education-formation-insertion du Medef : « Si tout le monde est d’accord pour soutenir l’apprentissage, alors allons-y vraiment et sortons des slogans. Les entreprises doivent être remises au cœur du dispositif. Pourquoi se priver d’une voie qui débouche à 90 % sur un CDI ! »

Pour Pierre Gattaz, président du Medef : « Il est urgent de prendre conscience du désastre en cours : les chefs d’entreprise n’ont pas l’intention de prendre des apprentis bien qu’ils soient convaincus des vertus de ce dispositif. C’est ubuesque ! Je demande au Premier ministre de constituer autour de lui une task force qui lui remettrait dans 3 mois des propositions de fond permettant de sauver cette voie d’excellence. L’heure n’est plus aux demi-mesures. »

L’institut Ipsos s’est penché sur la question de l’apprentissage à la demande du Medef. « Depuis les années 2000, les gouvernements de droite comme de gauche vantent les mérites de l’apprentissage. La filière est souvent présentée comme un moyen efficace pour lutter contre le chômage, améliorer l’insertion professionnelle des jeunes et améliorer la compétitivité des entreprises.

Pourtant, ces dernières années le nombre de contrats d’apprentissage reste très en dessous des attentes. Il connaît même un recul continu. Fin 2014, on dénombrait 264 000 entrées en apprentissage soit un niveau proche de 2005 (chiffres provisoires du Ministère du Travail).

La baisse du nombre d’apprentis s’accélère alors même que l’économie française a détruit moins d’emplois ces dernières années, signe que la crise économique n’est pas l’unique facteur qui explique le recul de l’apprentissage en France. »

Lire la suite : http://savoir.actualitte.com/article/analyses/786/le-medef-veut-une-reforme-rapide-de-l-apprentissage