PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In Observatoire International de la Violence à l’école – Université Paris-Est Créteil – Septembre 2012 :

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SOMMAIRE

REMERCIEMENTS

INTRODUCTION

FICHE TECHNIQUE

PRESENTATION DE L’ECHANTILLON

DONNEES PERSONNELLES
LIEU D’EXERCICE ET VARIABLES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DES ECOLES CONCERNEES

LE CLIMAT SCOLAIRE

QUESTIONS DE METHODE
ÉVALUATION DU CLIMAT SCOLAIRE PAR LES PERSONNELS

Un climat scolaire dépendant de la situation des personnels
Les composantes du climat scolaire

LA VICTIMATION DES PERSONNELS

QUESTIONS DE METHODE :
LES INDICATEURS DE VICTIMATION
RESULTATS : LES VICTIMATIONS
RESULTATS : LES VICTIMES, LES LIEUX DE LA VICTIMATION ET LES AGRESSEURS

ÉVOLUTION DU REGARD DES DIRECTEURS D’ECOLE

LA GESTION DES COMPORTEMENTS AGRESSIFS DANS LES ECOLES ELEMENTAIRES

PROPOSITIONS D’AMELIORATION OU INQUIETUDES ?

ANALYSE DE CONTENU (SPHINX) DES SUGGESTIONS FAITES PAR LES REPONDANTS (ERIC DEBARBIEUX)
1 : Une critique virulente du système hiérarchique
2 : Un malaise social :
3 Une revendication en termes de moyens
4 Que faire des enfants « difficiles »
5 – Formation et pédagogie

ANALYSE TEXTUELLE (ALCESTE) DES SUGGESTIONS FAITES PAR LES REPONDANTS (STEPHANE TREBUCQ, IAE, BORDEAUX)

DISCUSSION

RESUME

SUR LE CLIMAT SCOLAIRE :
SUR LA VICTIMATION DES PERSONNELS
LES ENFANTS GRAVEMENT PERTURBES
LES PERSONNELS ENTRE « VIOLENCE INSTITUTIONNELLE » ET « MALAISE SOCIAL »

PROPOSITIONS

Introduction

Le rapport ici présenté concerne la toute première enquête de victimation en milieu scolaire menée en France au niveau national auprès des personnels du premier degré de l’éducation nationale – seules existent une enquête menée par notre observatoire à l’échelle d’un département (Debarbieux, 2012) auprès des personnels de la Seine-Saint-Denis et une autre auprès des personnels de direction (Debarbieux et Fotinos, 2010), même si plus indirectement des études sur les stress des enseignants (Jeannot et Rascle, 2009) ou sur la qualité de vie au travail (Fotinos et Horenstein,2011) ont en partie approché le problème.
Si en effet la France s’est intéressée à la mise en place d’enquêtes de victimation auprès des élèves1 il a été beaucoup plus difficile de mettre en place des enquêtes en ce qui concerne les personnels. En particulier l’enquête de la DEPP en 2011 n’a pu recueillir un nombre suffisant de réponses au questionnaire proposé aux enseignants pour pouvoir être utilisée. Il est probable qu’à l’époque dans un climat tendu entre le ministère et les personnels une méfiance se soit installée faisant rejeter cette enquête.
Les soutiens reçus pour notre recherche ont sans doute été essentiels pour sa réussite, avec 11820 réponses, ce qui en fait le plus important échantillon réalisé sur la question en France. Ces soutiens ont été financiers : Médiateur de la République, Fédération des Autonomes de solidarité – Union Solidariste Universitaire mais aussi nous avons pu bénéficier de soutiens moraux essentiels avec l’appui des syndicats d’enseignants du premier degré qui ont relayé notre appel auprès des personnels. La FAS-USU a réalisé le mailing qui a permis d’obtenir un nombre de réponses conséquent. La collaboration entre une équipe universitaire, une institution officielle, les syndicats d’enseignants et une importante fédération de l’économie sociale a été une condition de possibilité de cette recherche, relayée également par plusieurs personnalités et autorités.
Cette nouvelle enquête vise à améliorer la connaissance empirique sur le phénomène « violence à l’école », en lien avec le climat scolaire, à partir du point de vue et de l’expérience des personnels des écoles primaires2. Elle se place en continuité avec les enquêtes que nous menons depuis de nombreuses années sur la question3. Rappelons, comme nous le faisons systématiquement que la position de l’Observatoire International de la Violence à l’École quant à la nécessité d’une mesure de la victimation en milieu scolaire est constante depuis plus de 15 ans : cette mesure est importante pour se prémunir du risque d’exagérer cette violence en entraînant des dérives sécuritaires outrées. Mais tout autant il convient de se méfier du déni de la réalité de cette violence avec son oubli des victimes : la « violence » peut être de bas bruit, mais sa répétition peut entraîner des troubles importants pour ceux qui en pâtissent et pour l’environnement scolaire. Ni exagération, ni négation, il est nécessaire d’asseoir rationnellement l’action publique – tant au niveau national qu’aux échelons locaux et intermédiaires. Il faut connaître les types de violence principaux et leur fréquence, les expériences des victimes et les conséquences de leur victimation pour éviter de se faire happer par le fait-divers, l’exceptionnel qui recouvre de son bruit la parole des victimes ordinaires (Dinkes et alii, 2006) et pour mettre en place des actions de prévention au bénéfice des personnes mais aussi du climat général de travail de l’école.
Un des intérêts majeurs de cette enquête est que nous pourrons croiser les réponses obtenues dans un échantillon national randomisé d’élèves du Cycle 3 interrogés dans une recherche précédente (Debarbieux/UNICEF/OIVE, 2010 N= 12220) et les réponses des personnels.
Le matériau recueilli est exceptionnel et méritera encore bien des travaux. Il a fallu faire des choix, aller à l’essentiel, en simplifiant parfois, en synthétisant et donc en réduisant. Nous avons recueilli des témoignages singuliers, parfois très douloureux, nous n’avons pu tous les livrer. Le titre choisi montre assez l’impression finale que nous ressentons après une longue familiarisation avec ces données. Celle de professionnels qui vivent encore pour beaucoup un bonheur pédagogique, surtout au contact de leurs élèves, une école primaire qui résiste malgré tout. Mais aussi une forte angoisse, une colère qui s’exprime sans détour, un seul et immense désir : celui d’être reconnu. Nous pensons bien que ce rapport va susciter d’intenses interrogations quand à la gestion humaine de notre éducation nationale. Et en particulier sur la manière de la réformer. Le « ras-le-bol » des réformes venues du haut et inapplicables n’implique pas forcément l’immobilisme. Mais il exige de l’écoute, du long terme et de la patience. Une politique, pas des annonces.

1 par exemple DEPP, 2011 en ce qui concerne les élèves du collège et UNICEF/OIEVE, Debarbieux, 2010 en ce qui concerne les élèves des écoles primaires
2 Rappelons qu’en France l’école primaire concerne aussi bien l’école maternelle de la petite section à la grande section que l’école élémentaire du CP au CM2.
3 Fotinos, 1995, Debarbieux, 1996, 1999, 2003, 2006, 2010, 2011 et Fotinos, 2006a, 2006b, 2008, Debarbieux et Fotinos, 2010 par exemple.

http://www.cndp.fr/climatscolaire/accueil.html

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