PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In Observatoire des inégalités – le 7 janvier 2014 :

Accéder au site source de notre article.


Assurer l’accès de tous au savoir est l’une des missions fondamentales de la République. En théorie. Mais en pratique, l’accès au savoir n’est pas le même pour tous les élèves.


Cet article est la reprise de notre fiche pédagogique consacrée à l’école, extraite de la pochette « Inégalités sociales et discriminations », à destination des jeunes. Vous pouvez consulter les autres fiches sur notre site www.jeunes.inegalites.fr.

L’école pour tous ?

L’école permet à tous de mieux comprendre le monde, de connaître ses droits pour mieux les faire respecter, et d’acquérir des savoirs et des savoir-faire. En théorie, chaque enfant doit pouvoir faire les études qu’il souhaite, en fonction des efforts qu’il fournit. En pratique, tous les enfants ne sont pas tout à fait égaux.

90 % des enfants d’enseignants observés en sixième en 1995 ont obtenu le bac en moyenne sept années plus tard, contre 40,7 % des enfants d’ouvriers non-qualifiés. De même, ces derniers ne représentent que 9 % des inscrits en classes préparatoires aux grandes écoles contre 55 % des enfants de cadres supérieurs. Avec un score de 76,3 sur 100, à un test de mathématiques en classe de sixième, les enfants de cadres sont loin devant les enfants d’ouvriers qui obtiennent 59,9 points dans cette matière. D’où viennent ces écarts ?

Les conditions de vie

Les conditions de logement, qui dépendent beaucoup du niveau de revenus des parents, comptent pour une part non négligeable. Ne pas avoir d’espace à soi pour faire ses devoirs, cela se ressent sur les résultats à l’école. Il n’est pas toujours possible dans ces conditions de revoir ses leçons et de les mémoriser. Sans chambre à lui, l’enfant vit au rythme de toute la famille, et notamment des adultes qui se couchent plus tard. La fatigue pèsera sur sa capacité d’attention en classe.

De plus, tout le monde n’a pas de livres à la maison et ne va pas au musée, notamment parce que cela représente un coût que les plus modestes ne peuvent prendre en charge. La plupart des familles n’ont pas les moyens non plus de payer des cours privés ou des études longues dans l’enseignement supérieur.

Les parents qui aident

L’environnement joue un rôle majeur dans la réussite à l’école. Tous les parents n’ont pas la capacité d’expliquer à leurs enfants ce que demandent les professeurs : revoir ce qui a été vu à l’école ou aider à comprendre comment fonctionne l’école, par exemple pour bien s’orienter. Au collège ou au lycée, la plupart des parents ne sont pas capables d’aider à faire les devoirs, qui deviennent trop complexes. Et beaucoup ne comprennent pas eux-mêmes comment fonctionne le système éducatif.

Une école inadaptée

En France, les programmes valorisent plus qu’ailleurs la culture des catégories socialement favorisées : la maîtrise d’un savoir mathématique théorique et de la langue française. Les évaluations à répétition dévalorisent et contribuent à l’échec des plus faibles. Le travail demandé hors du temps scolaire est important et profite à ceux qui disposent d’un soutien à domicile (des parents ou par le biais de cours privés). Résultat : la France est l’un des pays où le milieu social exerce la plus grande influence sur le niveau scolaire des élèves…

Pas simple pour les étrangers ?

Environ 47 % des enfants étrangers obtiennent le bac alors que c’est le cas de 64 % des enfants de nationalité française. Mais ce n’est pas tant la nationalité qui fait la différence, mais le revenu des parents et leurs diplômes. D’ailleurs, si on compare un enfant français et un enfant étranger ou immigré dont les parents ont le même niveau de diplôme, les enfants d’étrangers réussissent mieux.

Les filles réussissent mieux que les garçons ?

En CM2, 90,3 % des filles maîtrisent les compétences de base en français, contre 85,6 % des garçons. A l’inverse, ces derniers sont 91 % à maîtriser les compétences de base en mathématiques, contre 89,4 % des filles. Mais si les filles obtiennent de meilleurs résultats en français qu’en maths, et inversement pour les garçons, c’est d’abord parce que la société (des parents aux médias, en passant par l’école) encourage les filles à se diriger vers les domaines littéraires, et les garçons vers les domaines scientifiques.

Pour réussir, il faut avoir confiance en soi

Tout comme il arrive que les enfants de milieux aisés échouent, être issu d’une famille modeste et réussir n’est pas incompatible. Beaucoup d’élèves ne réussissent pas car ils imaginent que de toute façon, ils ne sont pas faits pour les études, souvent en référence au parcours scolaire de leurs parents, et abandonnent. S’imaginer dans une filière valorisée est certes plus facile pour ceux dont les parents ont fait des études et connaissent mieux le système, mais les autres ont aussi leur chance même s’ils doivent travailler davantage. L’estime de soi, et plus précisément ce qu’on se croit en capacité de réaliser, de faire et de devenir, jouent un rôle essentiel dans la réussite : on devient ce que l’on croit qu’on va devenir tandis que l’école doit tenir son objectif d’égalité des chances.

Illustrations réalisées par Damien Roudeau et Guillaume Reynard.

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