PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

In Najat Vallaud Belkacem.com – le 10 septembre 2013 :

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Avec Vincent Peillon, George Pau-Langevin, Jean-Louis Bianco, Robert Badinter et Lilian Thuram, nous avons installé ce lundi, dans un lycée de la Ferté-sous-Jouarre, la Charte de la Laïcité. Elle s’affichera désormais dans tous les établissements de France.

C’est un beau flambeau que les lycéens reçoivent ainsi, celui d’un principe essentiel de notre République, fondateur du vivre ensemble, du respect des croyances comme de l’absence de croyance, un principe qu’ils auront à faire vivre, à partager, à transmettre eux aussi, non pas comme une obligation qui pèse, mais bien comme un impératif qui protège.

Car c’est bien cette laïcité qui fera d’eux des individus libres et égaux.

LIBRES de leurs opinions et de leurs convictions, qu’elles soient politiques, religieuses ou philosophiques, sans que rien ni personne ne puisse jamais entraver ou empêcher leur liberté de conscience, mépriser ce en quoi ils croient ou ce qu’ils sont.

ÉGAUX, quel que soit leur milieu social, quelle que soit leur origine nationale, quelle que soit la couleur de leur peau; égaux quelle que soit leur religion ou leur absence de croyance, d’église ou de foi; égaux quelle que soit leur culture; égaux quel que soit leur sexe, que vous soyez fille ou garçon.

Oui, la laïcité, c’est aussi cela: l’égalité entre filles et garçons. On a trop longtemps négligé, et on oublie aujourd’hui encore trop souvent que l’égalité entre les femmes et les hommes est une conquête, certes tardive mais essentielle, du combat laïc et républicain pour l’égalité entre les citoyens.

Ce n’est pas la moindre des vertus, le moindre des mérites de cette nouvelle charte que de le rappeler pour la première fois avec autant force, et de l’imposer avec autant de solennité dans les esprits de toutes et de tous: élèves, parents, l’ensemble de la communauté éducative et des citoyens de notre pays.

Les femmes et les hommes qui se sont engagés en France avec tant de génie et d’ardeur pour faire advenir la République laïque et sociale sont les mêmes qui se sont battu pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, à l’instar d’un Ferdinand Buisson qui fut à la fois l’inspirateur et l’artisan des grandes lois laïques et scolaires, et l’un des parlementaires les plus engagés de son temps pour les droits des femmes.

Il fut de celles et de ceux qui nous éclairent aujourd’hui encore dans notre conviction et notre idée que le droit d’être éduqué avec des chances égales de réussir, mais aussi de s’épanouir sans que l’appartenance à un sexe ou à l’autre ne vienne dicter à l’avance les goûts, les talents, les compétences et l’avenir de chacune et de chacun, est un droit fondamentalement républicain.

Un droit qui n’est pas encore aujourd’hui une réalité assez partagée : partout, et dès le plus jeune âge, à l’école comme à la maison et partout dans notre société, persistent les idées reçues, les différences de traitement, et la contestation, ici et là, d’une stricte égalité entre les filles et les garçons par-delà toutes les différences, qui sont de vraies différences et que personne ne saurait contester.

Il faut donc le redire, encore et toujours, sans se lasser des vieux arguments qui reviennent, encore et toujours, pour le contester : comme la laïcité, parce qu’elle est au cœur de ce qui la fonde, l’égalité entre filles et garçons s’apprend dès le plus jeune âge.

Si la République veut tenir ses promesses, toutes ses promesses, alors il faut que les jeunes générations soient éduquées dans l’égalité, et que le plus tôt possible, l’ensemble de la communauté éducative, sociale et culturelle qui entoure nos enfants soit sensibilisée et formée à ces enjeux, comme elle l’est depuis longtemps à celui des appartenances religieuses ou identitaires.

C’est ainsi que la République a progressé, c’est ainsi qu’elle progressera encore.

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Categories: Laïcité

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