PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Passer de 144 jours de classe à 180. Baisser le nombre d’heures d’enseignement de 45 minutes en moyenne par jour de classe. Retrouver une continuité éducative sur 5 jours.

Je souscris pleinement aux études faites depuis des décennies par les chronobiologistes. Par contre, la méthodologie pour appliquer ces nouveaux rythmes me semble contestable ; et j’ai peur, qu’à court terme, selon les mandats électifs des uns et des autres, ce décret ne perdure. Pour l’heure, ce texte est légal et s’applique à tous en 2013 ou en 2014. Surtout en 2014 d’ailleurs pour plus des trois-quarts des écoles, sans compter les neuf dixièmes de ces petites écoles de campagne de communes sans grands moyens. Etait-il si difficile de l’imaginer ? Non, pas pour les gens du terrain.

 

Ce décret rappelle que les inégalités territoriales sont un fait. Les communes n’ont pas les mêmes ressources financières, humaines et matérielles. Les infrastructures municipales ne sont pas  équitablement réparties. Ici, on ne dispose que d’une mairie-école ; là, on a à proximité une piscine, une patinoire, un gymnase, des intervenants en EPS ou en musique.

 

Par l’application du décret prévu en 2013 dans certaines communes, on s’aperçoit que ce temps périscolaire souhaité pour qu’il soit profitable aux enfants est détourné. Ici, c’est la journée scolaire qui débutera plus tard ; là, on allonge le temps récréatif de la restauration scolaire.

Ailleurs, par défaut, on organise dans l’urgence, une garderie pour permettre aux parents qui travaillent de récupérer leurs enfants comme avant. «Le péril-scolaire» est in fine de faire comme on peut avec les pauvres moyens du bord. Il en résulte un temps collectif allongé où la fatigabilité persiste, où l’enfant subit plus qu’il n’agit, où l’objectif affiché d’un mieux – être de l’enfant ne sera pas réalisé.

 

Par son application, l’école de la République n’y perd-t-elle pas de son âme ? Le décret met à mal le mot égalité.

 

On peut se complaire dans ce constat négatif ; mais on peut certainement le modifier.

N’est-ce pas l’essence même de l’école de chercher à remédier aux échecs de ses élèves ? Si oui, l’école est à même de corriger ses propres travers.

 

Ce décret sera un bon décret s’il ne reste pas figé. C’est ici le sens de mon propos pour changer, aller de l’avant et refonder l’école.

 

L’école doit faire l’objet d’un consensus national. Elle ne peut plus accepter qu’à chaque changement ministériel, on lui modifie ses missions, ses programmes… L’école a besoin de stabilité pour fonctionner sereinement. Les élèves, leurs enseignants ont besoin de confiance et d’estime.

 

Les rythmes scolaires, c’est dans la classe que cela se passe. Il n’y a pas un temps pour l’école, et un temps pour le loisir éducatif et culturel. Ces deux temps sont intimement liés au point que leur désunion risque de ne pas entraîner les effets escomptés : des élèves moins fatigués, une progression des résultats des élèves. (Je ne parle pas ici du temps associatif et de gestion familiale).

 

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