PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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GOUVERNANCE : le terme « gouvernance» qui n’est pas synonyme de gouvernement, serait né en France au XIIème siècle pour signifier : la direction des bailliages. les historiens anglais du Moyen âge se réfèrent à la governance pour caractériser le mode d’organisation féodale. Depuis plusieurs années, ce mot « valise », emprunte au vocabulaire de la science administrative anglo-saxonne et donne lieu à une abondante littérature, synthétisée dans un premier Que sais-je ? n03676, 2003, par P.Moreau Defarges.

« On ne conduit le peuple qu’en lui montrant un avenir. Un chef est un marchand d’espérance », Bonaparte, 1797.

Dès les années trente des économistes s’emparent de la notion (Coase,Commons), qui apparaît aux États-Unis, dans les documents de la Trilatérale, 1973, et est utilisé par certains chercheurs québécois, notamment depuis 1975, pour désigner un mode et une manière de gouverner un système. Le thème est importé, à la fin des années quatre-vingts dans les sciences politiques anglaises. Au milieu des années quatre-vingt-dix, le terme arrive en France, par des chercheurs qui travaillent sur les questions européennes.

Prise de conscience que nous ne formions « qu’une seule Terre », (B. Ward et R.Dubos, 1972), sentiment partagé que nous étions tous solidaires d’un même écosystème global et que celui-ci exigeait l’adoption de modes de régulation collective à l’échelle planétaire. La notion de bien public mondial suppose que les hommes deviennent capables de mieux évaluer le prix de chaque activité et soient ainsi en mesure de faire des choix plus rationnels. Les notions de gouvernance et de développement durable sont connexes.

À l’aube du IIIème millénaire, H. de Jouvenel, 2001, déclarait : « Nous sommes confrontés à un défi considérable. Il s’agit en fait d’inventer des institutions publiques dignes de ce nom sans être excessivement esclaves du modèle très prisé de l’entreprise marchande ». La gouvernance d’entreprise (corporate governance) ne se confond pas avec la recherche des conditions d’une « bonne gouvernance» des institutions publiques, conciliant démocratie et efficacité, dans les perspectives tolérantes de la multiculturalité (pluralité des normes).

Expression de la quête des sociétés riches et démocratiques d’une politique dé-idéologisée, la notion de gouvernance est critiquée comme un « outil idéologique pour une politique de l’État minimum … L’administration publique a pour mission non plus de servir l’ensemble de la société, mais de fournir des biens et des services à des intérêts sectoriels et à des clients consommateurs au risque d’aggraver les inégalités entre les citoyens et entre les régions du pays», (Le Monde diplomatique, juin 2001). Le bon fonctionnement de la gouvernance requiert l’abondance matérielle et le ralliement des acteurs sociaux à des règles du jeu intériorisées. La gouvernance tend vers un univers transparent de compromis rationnels et raisonnables, où tous les acteurs sont impliqués dans un jeu à somme positive.

L’idée de gouvernance mondiale sous-tend que la régulation mondiale n’est plus réductible à la régulation exclusive des États ; d’où l’idée que les choix et les décisions passent de plus en plus par des jeux de transactions entre acteurs de nature différente (États, entreprises privées et organisations non étatiques).

Dans une allocution télévisée, le président de la République, J. Chirac, évoquait les « problèmes de gouvernance» de la société française. Le texte d’orientation de la Conférence des présidents des universités de Paris prône les vertus de l’autonomie que seule permet une « gouvernance», menée par une équipe responsable d’un projet. Le rapport Prost, 2001, évoque un nouveau mode de « gouvernance éducative», quand les directives centrales s’assouplissent, les instructions se font moins autoritaires et laissent ouverte la possibilité d’interprétations locales multiples.

Dans le champ universitaire, C.Musselin, 2007, distingue le gouvernement des universités, qui concerne leur fonctionnement interne, et la gouvernance, qui est l’appréhension des relations entre les universités et leur environnement, les acteurs extérieurs. La loi du 10 août 2007, relative aux libertés et responsabilités des universités, préconise une nouvelle gouvernance pour les universités.

Gouverner l’école en France et aux États-Unis n’a pas le même sens, selon D.Meuret, 2007. Les héritages ne sont pas identiques (J. Dewey versus E.Durkheim). L’optimisme l’emporte Outre-Atlantique tandis que la France ressent un malaise scolaire et des méfiances (angoisse des élèves vis-à-vis de l’avenir, etc.).

– Autorité, Changement social ; Développement durable ; Institution ; Organisation ; Université ; …

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