PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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 MÉMOIRE: Dans la conception traditionnelle, la mémoire est un système de stockage, un morceau de cire (Platon) ou un entrepôt à idées (Locke) qui contient des impressions ou des expériences antérieures, ou au moins leur trace (Aristote).

« Leprésent du passé,c’est la mémoire» (Saint-Augustin).

D’un point de vue neurophysiologique, la mémoire peut être définie en première approche comme la « capacité d’un être vivant de conserver, transcrite dans un certain code, l’information antérieurement reçue ou captée par lui, et d’en faire reparaître plus ou moins fidèlement les traces décodées.», A. Fessard,1970.

« La mémoire est toujours aux ordres du coeur» A. Rivarol, 1784. Sans la mémoire, « notre existence se réduirait aux moments successifs d’un présent qui s’écoule sans cesse. « Ô  misère de nous», Chateaubriand. C’est la mémoire qui fait l’homme, en ce sens que « l’homme est le seul animal qui se souvienne de ses grands-parents», J. Bernard. La mémoire est une fonction qui englobe et peut-être conditionne toutes les autres, car elle donne une signification à notre vie. Mais on ne retrouve moins qu’on ne reconstruit. La plus grande part de notre mémoire repose sur notre imagination.

Acquisition, conservation, transformation, expression sont les mécanismes de la mémoire. Dès l’enregistrement des sensations, la personnalité de chacun, engagée notamment dans le poids du facteur émotionnel, intervient pour en modifier la perception. La plasticité neuronale rend possible le caractère dynamique et affectif de la mémoire. L’empan mnésique a des possibilités d’acquisition et de rétention des souvenirs définis: l’individu adulte ne peut pas enregistrer plus de sept éléments.

M. Halwachs, 1925, en introduisant l’idée de mémoire collective et celle de « cadres sociaux de la mémoire» permet de comprendre, plus spécifiquement, comment les souvenirs individuels peuvent recevoir une certaine orientation propre à une société.

La mémoire a été étudiée scientifiquement à partir du XIX’ siècle, en lien avec la découverte de l’inconscient.

L’histoire de son étude, montre que le cheminement essentiel de la pensée a été vers plus de différenciation dans les fonctionnalités: fragmenter un processus global et complexe en sous-processuspour mieux les appréhender. Il n’est plus question de théorie générale, mais de « modèles».

Il existe plusieurs formes de mémoire: une mémoire à court terme,forme de mémoire qui ne dure que quelques instants;une mémoire à long terme, forme de mémoire où les souvenirs peuvent rester pendant une durée pouvant atteindre toute une vie; une mémoire à moyen terme, forme de mémoire qui dure de quelques instants à quelques jours, mais sans souvenirs durables; une mémoire déclarative, aspectde la mémoire où les souvenirs peuvent être décrits; une mémoire épisodique, aspect de la mémoire consistant dansle souvenir d’un fait particulier; une mémoire iconique, forme de mémoire stockant la perception sensorielle d’une scène; une mémoire implicite, forme de mémoire où les souvenirsont été acquis par habitude ou sans que le sujet en prennevéritablement conscience; une mémoire procédurale, forme de mémoire se manifestant par l’exécution de tâches apprises; une mémoire sémantique, forme de mémoire permettant de se souvenir et de reconnaître la signification de symboles; une mémoire source, forme de mémoire permettant de retrouver l’origine d’un souvenir; une mémoire de travail, aspect de la mémoire qui permet de retenir des informations durant un laps de temps suffisant pour permettre l’apprentissage, de faire un raisonnement ou de comprendre, J.Y et M. Tadié, 1999. Il existe aussi une mémoire organisationnelle qui dépend de la mémoire des individus qui la composent mais ne se limite pas à celle-ci.

La mémoire scolaire est en lien avec les apprentissages, mais il ne faut pas négliger la part des émotions et des interactions sociales.Quant aux mémoires visuelles ou auditives, elles n’incarneraient que des « portes d’entrée»: « Qu’il soit vu ou entendu le mot est très vite recodé par les mémoires sémantique et lexicale». A. Lieury, 1992, a montré que des méthodes pour la mémoire existent et peuvent aider à la réussite scolaire.

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