PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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NOTATION: Fait d’associer à un travail ou à une performance une note, c’est-à-dire une valeur numérique comprise entre des bornes conventionnelles, 0 à 10 ou 0 à 20, A. Dubus, 2006.


En classe, les notes informent les partenaires d’une situation didactique. Elles indiquent aux élèves l’appréciation de leur professeur sur leur degré de réussite personnelle; elles renseignent le professeur sur le degré de réussite de chaque élève mais aussi de la classe. Autrement dit, les notes exercent des fonctions de régulation sur des contextes d’enseignement et d’apprentissage qui peuvent varier selon les disciplines enseignées et les situations d’évaluation. Les notes ont une double valeur: diagnostique, (fonction de classement des élèves) et pronostique, pour le choix d’une orientation pédagogique). Les notes résultent de l’activité éducative, mais en tant que chiffres, elles sont muettes sur les critères de jugement qu’elles quantifient. La notation scolaire fait l’objet d’une communication adressée aux parents. La notation-sanction s’incarne encore trop souvent dans la « dictature» du 10/20. Pourtant « ce n’est pas la note qui importe au professeur orienteur, mais l’interprétation », MEN, INRP, 1971.


Ancrée dans le système scolaire français, la note chiffrée est critiquée par les travaux en docimologie. Après une tentative d’abolition en 1969, l’Éducation nationale a choisi de la conserver, en laissant les enseignants libres de leurs pratiques. Ce « dernier bastion incontesté de l’autorité … n’empêche pas les enseignants de relever une tendance à la négociation chez les élèves et à la méfiance de la part des familles", (Le Monde de l’éducation, n° 344 de février 2006).


Noter, c’est hiérarchiser sur une échelle unidimensionnelle. Une note en soi n’est pas fiable. J.J. Bonniol en 1976, a calculé en reprenant les calculs de Piéron, 1963, qu’il faudrait 78 correcteurs en mathématiques et 762 en philosophie pour neutraliser les erreurs de calcul en augmentant le nombre de correcteurs afin d’améliorer l’objectivité de la notation. Il y a un mythe de la « vraie note" auquel il faudrait résister. Outil de sanction ou, au contraire de gratification, la note est bien plus qu’un instrument de mesure. L’école ferryste a introduit massivement la notation scolaire par souci de rationalisation de la mesure des acquis. En réalité, sous des aspects pseudoscientifiques la note a été sacralisée pour en faire l’objet d’un instrument de sélection au service d’une école élitiste. La notation classique consiste à confronter l’élève individuel à une norme collective, décidée par le maître au vu des programmes officiels et des manuels en usage, L. Legrand, 1993. Aujourd’hui, alors que la démocratisation scolaire permet d’accueillir tous les élèves jusqu’à seize ans, on peut se demander si la seule notation scolaire ne devient pas un outil inadéquat voire antinomique avec la notion d’évaluation formative. Évaluer un élève sans le noter, est-ce possible? Dans les pays scandinaves, on mesure la progression des élèves, mais on ne les note pas.


L’autoévaluation des élèves est une pratique à encourager: elle fait progresser les élèves en autonomie.


L’INRP a entrepris une recherche sur la représentation que se font de la note les professeurs, les élèves et les parents. L’une des conclusions mérite réflexion sur les effets psychologiques de la notation: découragement, angoisse, désintérêt pour la matière, alors que la note devrait être un élément positif de l’apprentissage, G. Mialaret, 2003.


Peut-on attribuer une note destinée à évaluer le comportement de vie scolaire de l’élève conformément à la disposition inscrite dans la loi F1l1on du 23 avril 2005 (généralisée à toutes les classes de collège par G. de Robien, en janvier 2006) ? Les fédérations d’enseignants et de parents d’élèves en débattent, (Le Monde du 23 novembre 2006).


Autorité; Conseil de classe; Docimologie; Évaluation; Représentation sociale; Sélection; …

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