PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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PARTENARIAT:: littéralement, « tenir avec". Démarche fondée sur le constat par différentes parties de leur convergence d’intérêts pour le lancement d’une action, sur la reconnaissance de ces objectifs, sur l’identification des ressources que les uns et les autres sont susceptibles de mettre à disposition, et sur la construction de projets communs mais porteurs de significations multiples (J. M. Barbier, 1991). « Le partenariat ne présente aucune valeur ensoi: il peut être positif, inutile ou nuisible … ", B. Charlot, 1992. Si le partenariat s’est imposé depuis plus de deux décennies, notamment dans le secteur social et celui de l’insertion, force est de constater qu’il est comme ,d’enfer, pavé des meilleures intentions … ", M. Esterle-Hedibel, 2007.


Le partenariat éducatif peut s’entendre de différentes manières:


1. Quand l’école s’ouvre en direction des entreprises, on parlera de partenariat éducation/entreprise. La coopération entre le monde de la formation et le milieu des professions a été réfléchie à travers les propositions du Haut comité éducation-économie, créé en 1986.

  1. Quand l’école s’engage dans diverses initiatives en liaison avec les collectivités territoriales ou avec les parents, éducateurs, travailleurs sociaux, élus … dans le cadre de la politique d’éducation prioritaire (ZEP) qui n’est pas sans lien avec la politique de développement social des quartiers (DSQ) menée par la Délégation interministérielle à la ville (DIV) depuis 1988.

L’orientation est liée au mouvement de décentralisation. Les programmes en faveur des jeunes en difficulté le montrent.


Les régions acquièrent un rôle dans la construction et l’évaluation de politiques d’orientation et d’insertion (F. Jousserandot, 1997).


Rien n’est plus étranger à l’école laïque et républicaine de la fin du XIX’ siècle, que l’idée de partenariat. Elle se fonde dans la lutte pour arracher les enfants au monde du travail et enlever à l’Église le monopole de l’éducation des âmes. Par ce rappel historique, D. Zay, 1994, entend montrer que le partenariat est un terme très récent en éducation, tributaire d’un contexte politique, socio-économique, culturel et idéologique. Parmi les conditions d’apparition et de développement, trois raisons essentielles sont identifiées: le passage d’une société conflictuelle à une société de consensus; l’émergence du local et la part croissante laissée aux collectivités territoriales dans le cadre de la politique de modernisation du service public, issue des mesures de décentralisation; la transformation des relations formation initiale et continue des adultes qui modifient les rapports entre l’État, les entreprises et les salariés.


Le partenariat en éducation relève des stratégies de sortie de crise quand les enseignants se trouvent confrontés à des problèmes autres que la simple transmission des savoirs, telle que la recherche d’une meilleure adéquation formation emploi.


En France, à la différence des USA et du Canada, les termes de partenaire et partenariat sont généralement réservés à des actions avec des personnes ou institutions hors Éducation nationale. Le minimum de définition du partenariat comprend l’engagement dans une action commune négociée. Le partenariat entre institutions suppose le constat de problèmes communs, le diagnostic de l’intérêt d’une action concertée, la définition d’objets cadrés dans le temps, la répartition claire des zones d’intervention et de responsabilités de chacun, des modalités de régulation de l’action en cours, le souci d’établir des procédures d’évaluation de l’action selon des critères acceptables par chacun des partenaires (J. M. Besse, 1993).


Le partenariat est une valeur nouvelle dans le champ de l’orientation scolaire et professionnelle depuis les propositions du Haut comité éducation économie préconisant depuis 1986, une coopération entre le monde de la formation et le milieu des professions. L’application de l’article 56 de la loi quinquennale du 20 décembre 1993 relative au travail, à l’emploi et à la formation professionnelle préconise à propos de l’information sur les professions et les formations, un véritable partenariat. L’objectif est de « faciliter le choix d’un avenir professionnel, de la voie et de la méthode d’éducation qui y conduisent ". Les acteurs cités sont les suivants: – les chefs d’établissements, qui dans le cadre des projets d’établissement ou de projets communs à plusieurs établissements, voient leur responsabilité engagée dans la préparation des choix d’avenir de leurs élèves; -les conseillers d’orientation psychologues qui oeuvrent aux frontières organisationnelles, remplissant une fonction de « marginal-sécant ". Selon H. Jamous, 1969, le marginal sécant est un membre de l’organisation, plus ou moins considéré comme délinquant ou déviant à l’égard des règles organisationnelles et du fonctionnement bureaucratique. Il est donc marginal, mais il est aussi sécant parce qu’il demeure un acteur qui est partie prenante des systèmes d’action de l’organisation. De par sa position périphérique, il entretient de nombreux liens plus ou moins formalisés avec d’autres systèmes d’action, et il peut souvent, de ce fait, jouer le rôle indispensable d’intermédiaire et d’interprète entre les logiques d’action différentes, voire contradictoires. Un rapport européen sur l’orientation, établi à partir de monographies nationales (A. G. Watts, 1992) posait la question de savoir si la fonction de conseiller d’orientation (premier métier d’une psychologie appliquée) se cristallisera en une profession en soi ou si elle évoluera en un travail de partenariat, où certes le professionnalisme de chacun est important, mais où d’autres groupes professionnels entrent également en jeu. Parmi ceux-ci, les professeurs jouent un rôle essentiel;


  • les personnels enseignants. Le rapport Bancel, 1989, à l’origine de la création des Instituts universitaires de formation des maîtres, identifiait l’orientation comme l’un des sept domaines de compétences du métier d’enseignant, à traiter dans le cadre de la professionnalisation des enseignants, comme la construction de compétences professionnelles à réaliser dans l’alternance de la pratique et de la théorie à l’IUFM et dans les établissements scolaires. La mise en oeuvre du temps scolaire pour l’orientation (TSO) et la diffusion d’une approche éducative en orientation (éducation des choix) a contribué au cours des années quatre-vingt-dix, au renforcement de l’idée de partenariat en orientation; -les conseillers de l’enseignement technologique; – les représentants des organisations professionnelles et des chambres consulaires (de commerce et d’industrie, de métiers et d’agriculture).

On peut définir le partenariat comme un système d’action concret reposant sur un ensemble d’échanges et d’intérêts individuels et collectifs dont chacun des acteurs tire un bénéfice espéré au moins équivalent à son investissement, C. Merini, 1994. Aujourd’hui le partenariat est à la mode.


L’ouvrage de synthèse de D. Zay et alii, INRP, 1995, sur « Établissements et partenariats: stratégies pour des projets communs ", comprenait une bibliographie de 948 titres.


Les modèles d’analyse scientifique de cet « interconcept» sont multiples. L’approche systémique semble dominante. Les risques de dérive des pratiques sont l’objet d’un débat, notamment autour de la question: l’insertion sociale ou la formation professionnelle doivent-elles l’emporter sur la formation culturelle? Faut-il sacrifier le long terme et le caractère global de l’éducation (former l’homme et le citoyen) au profit d’un ticket d’entrée sur le marché du travail ?


Si donc l’orientation doit être « une responsabilité partagée », c’est qu’elle n’est plus « prisonnière de la forme scolaire», selon l’expression du sociologue G. Vincent, 1980, c’est-à-dire dépendante d’un « espace spécifique, une organisation du temps, des disciplines». Non pas que la forme scolaire ait failli à sa tâche, mais d’autres acteurs ont émergé sur la scène de l’orientation revendiquant un droit à la délibération.


Parents et enseignants sont partenaires de l’orientation, au sens commun du terme, à savoir qu’ils se réunissent autour d’une préoccupation commune afin de négocier et trouver une solution acceptable pour chacun, en fonction des contraintes des uns et des autres, R. Amigues, 2006.


L’article L.313-1 du code de l’éducation stipule: « L’orientation et les formations proposées aux élèves tiennent compte de leurs aspirations, de leurs aptitudes et des perspectives professionnelles liées aux besoins prévisibles de la société, de l’économie et de l’aménagement du territoire. Dans ce cadre, les élèves élaborent leur projet d’orientation scolaire et professionnelle avec l’aide des parents, des enseignants, des personnels d’orientation et des professionnels compétents. Les administrations concernées, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles, les entreprises et les associations y contribuent >

Association; Conflit; Conseil de classe; Engagement; Entreprise; Initiative; Responsabilité; Territoire; …

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