PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Mon propos est un propos de témoignage et n’a pas d’autre vertu que celle-ci. Je suis directeur de l’Éducation et de la Jeunesse en Seine-Saint Denis. Un petit focus sur la Seine-Saint Denis : c’est un département francilien qui, d’après Claude Bartelone, devrait devenir le centre d’un territoire qui s’appelle le Grand Paris…! L’espoir est permis à tout le monde de devenir le centre de quelque chose en espérant de ne pas oublier ceux qui seront de nouveau en périphérie de ce nouveau centre ! Donc c’est juste une question de patience…

Je vais vous parler d’un document que vous avez en ligne à savoir la convention entre le CG 93 et le Rectorat de Créteil… une première territoriale (http://www.prisme-asso.org/?p=7432). Un peu de genèse ou…! un peu de géographie. La Seine-Saint Denis département le plus jeune de France métropolitaine avec 22% de familles sous le seuil de pauvreté. (Rappelez-vous ce qui s’est passé cette nuit envers une jeune fille qui est morte à Bobigny dans un camp de population de l’origine de l’Est de l’Europe). C’est également une population de 48% dont les deux parents sont allophones, c’est-à-dire aucun des deux n’a une langue maternelle française ; 72% un des deux sont allophones. C’est le département qui a 32% de jeunes de moins de vingt ans et comme le disait l’ancien président du CG 93 : « C’est le département où le monde est le monde ». Le nombre de nationalités présentes dans une classe en moyenne dans les 120 collèges de Seine-Saint Denis parmi les 70 000 élèves représente l’environnement qu’on peut avoir aussi bien des cinq continents, peut-être un peu moins l’Océanie ; mais, en tout cas, la partie asiatique est largement représentée comme la partie africaine et avec une partie très faible d’Amérique latine.

En tout état de cause, c’est un département qui présente les caractéristiques qui nous font dire que la lecture de PISA devrait non plus descendre au niveau des départements français ou d’autres pays ; si on ramène PISA à la France elle la ramène à la Seine-Saint Denis. Les écarts entre les quartiers supérieurs et les quartiers inférieurs n’est pas de 1 à 4 ce serait plutôt de 1 à 8 en terme de repères par rapport aux diplômes nationaux français.

Quelle est la genèse de la signature de ce document ? Nous avons signé avec la Rectrice ce document le 2 octobre 2013 qui était prêt largement avant la loi du 8 juillet 2013. Pour des raisons politiques il n’a pas été signé avant…

Il faut savoir que notre département a rejoint la Seine et Marne et je dirai le Val de Marne qui eux-mêmes avaient adopté un projet éducatif départemental. A la chose éducative l’assemblée de Seine-Saint Denis est depuis longtemps attentive au nombre de crèches, de P.M.I. en Seine-Saint Denis qui sont largement supérieures à la moyenne nationale puisque c’est une vieille tradition sociale d’apporter à la population un certain nombre de services de proximité.

Quel est le souci que nous avions ? Après l’adoption d’un projet éducatif départemental, nous avions des actions culturelles et des actions dans différents domaines. Nous avons travaillé en plein accord avec la doyenne des IPR du rectorat. Afin de donner un cadre à la coopération. Celui-ci était nécessaire, pourquoi ? Si on veut sortir des relations inter-personnelles ; si on veut s’instruire dans la durée, si on veut aujourd’hui s’inscrire dans une géographie [énigme de la relation finale] il nous faut un cadre.

Ayant été directeur de l’Éducation dans trois départements où j’ai la chance de mener deux autres projets éducatifs départementaux depuis 2007, j’ai toujours noté qu’un inspecteur d’académie (ou maintenant un directeur académique) n’est pas immédiatement favorable à recevoir un administrateur territorial, une collectivité pour discuter de l’ensemble des problèmes y compris de ce qui relève d’un règlement mal « fagoté ». Des moyens qui ne sont pas forcément mis à la bonne place. Si on veut donner un sens aux choses et si on a un sens d’adaptation on commence à rentrer dans un jeu beaucoup plus subtil, puisque on est dans les compétences de chacun et que l’on commence à se mêler des affaires des autres. La coopération c’est aussi se mêler des affaires des autres ; c’est accepter que les uns les autres puissent porter un regard critique sans bien sûr dénaturer l’action finale.

Le collège est UN et ni les parents ni les élèves n’ont le souci de faire le partage des compétences entre la collectivité territoriale, nationale, et locale. Pour un parent d’élève, pour un élève savoir si le vidéo projecteur est la propriété du CDI, savoir si le nettoyage revient à la TTE qui est passée à l’acte 2 de la décentralisation par la loi du 13 août 2004 et qu’il a fallu au 1er janvier 2009 intégrer ces personnels ; sincèrement cela c’est une considération assez technocratique et politique !

Les objectifs sont très clairs dans ce document : considérer les deux objectifs : « la réussite pour tous et l’éducation partagée ». L’État a reconnu dans ce document (en tout cas pour notre département) que la coopération constitue le principe de l’éducation partagée. Grosso modo le document était prêt avant, mais il a été validé après le décret du 23 janvier 2013 sur les rythmes scolaires… !

Les principes sont les suivants : le respect des compétences de chacun, la complémentarité des actions, le partage des informations et pour la Seine-Saint Denis (ce qui est important pour nos élus) le partage des outils, l’expérimentation et l’orientation. Aujourd’hui nos élus sont très sensibles à ce que la machine éducative de type Éducation nationale en France s’appelle différemment et puisse permettre, de temps en temps, non seulement des expérimentations parce que le collège le veut, l’enseignant le veut, l’Éducation le veut ou le local le veut mais également qu’on puisse le partager voire le financer de part et d’autre pour aboutir à des vrais lignes stratégiques. A dire vrai à des conclusions qui ne sont pas uniquement des rapports qui n’ont pas de suite. L’intérêt pour les uns et les autres c’est que les fruits de nos réflexions soient ensuite appliqués ou applicables ou en tout cas discutés. C’est pour cela que le projet éducatif… en quatre traces les actions favorables aux élèves, les parents, les établissements, les personnels fixent le cadre de l’expérimentation, le cadre des relations et la conduite de la gouvernance.

Deuxième point il est important que, au-delà des présences d’un inspecteur ou d’un directeur d’éducation, s’ils sont amenés à changer ce qui est normal dans la vie des fonctionnaires, il faut que le document reste ; c’est pour cela que la structure d’un projet éducatif territorial a été amenée à être proposée par les uns et par les autres. Il y a toujours un effet d’opportunisme. C’est évident pour un inspecteur d’académie et je rends grâce à Monsieur l’Inspecteur d’académie de l’avoir fait.

Nous avons profité d’un moment favorable pour servir une coopération qui puisse être surtout pas démultiplié multiplié mais en tout cas, dans l’esprit, puisse être renouvelé ailleurs. J’ai été proviseur pendant quinze ans. Je peux en parler on a très bien vécu le mal-être humain de l’échelon départemental par rapport à l’échelon académique suite à l’évolution administrative du 1er janvier 2012.

C’est évident qu’aujourd’hui l’inspecteur d’académie passant directeur académique devient le lien d’organisation spatiale et administrative. En France on a des relations très silencieuses ; on ne s’aperçoit pas que dernièrement la Ministre a accepté dans une circulaire de rappeler que l’on peut, peut-être, maintenant appeler les directeurs académiques des inspecteurs d’académie directeurs d’académie ; il a fait dans un petit texte assez sensible pour la spécificité du terme parce que aujourd’hui (je rappelais que l’inspecteur d’académie avait rang de préfet) et pour ceux qui ont connu certains en 1980 des inspecteurs d’académie du Jura qui sont devenus préfets de la République vous vous apercevrez qu’aujourd’hui il y avait une certaine forme d’autonomie si on peut dire !

La réforme du 1er janvier 2012, pour nous département, a considérablement affaibli avec la réforme des agences comptables. Le transfert de la gestion des bourses départementales à l’échelon académique en France a considérablement affaibli l’échelon départementale dans un département qui fait 1million 600 milles habitants. Aujourd’hui Bobigny Créteil ce n’est pas très loin mais quand il y a une bonne circulation cela va très bien mais sinon c’est plus ou moins compliqué. Ce n’est pas forcément la même nature et la même niveau de présence. La rectrice, je la remercie, a accepté que ce projet éducatif territorial, qui est forcément un ajustement, une manière de travailler ensemble de concert avec un rythme de travail et des instances communes sur des sujets communs.

Je terminerai en disant que ce document est une traduction concrète. Je suis praticien avant toute chose, le 16 janvier 2014 nous avons eu l’honneur d’être auditionnés ensemble le rectorat, nous-mêmes la direction académique par un universitaire de Cergy-Pontoise sur notre ENT qui s’appelle CELIA.

Il a son histoire mais la traduction du PET c’est que nous arrivons à une étape particulière de notre ENT pour le numérique, que nous avons ensemble co-financé à 50%. Nous sommes entrain d’imaginer la maintenance des 120 collèges. Nous travaillons dans un bon esprit depuis quatre cinq ans, aussi bien Monsieur l’Inspecteur d’académie que Monsieur le Directeur académique qui co-signent des courriers sur des actions éducatives ou des documents de la rentrée scolaire ou des aspects budgétaires.

Je vous remercie

 

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