PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Print Friendly

In Revue de l’Ires – n°44 – 2004 :

Accéder au site source de notre article.


[…] Les mondes de la recherche, comme tout « monde social » (Strauss, 1992), consacrent une partie de leur énergie à définir et donc à normer et à délimiter l’activité autour de laquelle ils sont organisés. Parmi les produits, jamais figés et toujours en débat, de cette action collective, on trouve notamment la définition des objets légitimes de la recherche. C’est de cette action collective continue que relève cet article qui se propose d’inscrire dans le programme d’étude de la sociologie du travail l’objet sociologique « bénévolat ».

Une telle proposition peut sembler pour le moins paradoxale.

Le bénévolat, si tant est qu’il ait été considéré comme un objet légitime d’intérêt et de recherche scientifiques, a  traditionnellement été pensé par les sociologues comme relevant du « hors travail ». Et c’est bien à ce titre, celui de son extériorité et de son opposition à l’objet « travail », que le bénévolat a pu être abordé par certains sociologues du travail. La participation à la vie associative est ainsi évoquée dans les travaux pionniers de Friedmann comme l’une de ces « activités de non travail » relevant des « loisirs actifs », type de loisirs susceptibles de compenser, selon l’auteur du Travail en Miettes, les effets désastreux du travail en permettant « la réalisation de soi, la créativité, l’initiative » (Segré, 2003). Par le mouvement par lequel ils reconnaissaient cette pratique, les sociologues du travail l’ont bien souvent simultanément reconnue comme extérieure à leur champ d’investigation et de théorisation.

Or c’est cette extériorité et l’opposition conceptuelle entre « travail » et « bénévolat » sur laquelle elle repose, que l’on se propose de questionner ici. […]

 

Categories: 4.2 Société

Répondre