PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Onzième billet concernant ma conférence du 3 septembre 2015 à l’INETOP. Je poursuis la dernière partie que je n’ai pu présenter lors de la conférence.

Le statut de « psychologue » de 1991

En 1985, la loi protège le titre de psychologue, et les conseillers (du moins une grande partie) vont chercher à se faire reconnaître comme psychologues. Plusieurs arguments sont avancés. L’antériorité historique : comme on l’a vu précédemment, les conseillers d’orientation furent les premiers psychologues praticiens avec notamment leur utilisation des tests. Leurs pratiques, auprès des adolescents, et l’entretien les caractérisent également comme psychologues. Enfin les deux tiers des recrutés sont diplômés en psychologie. Cette reconnaissance viendra donc avec le statut de 1991 qui créé les conseillers d’orientation-psychologues.

Mais il faut remarquer que la nouvelle « dénomination » n’a pas été suivie de modifications institutionnelles ni des fonctions, ni des conditions de la pratique.

Fort de cette dénomination, beaucoup de conseillers se sont centrés sur l’entretien individuel, et ont fait valoir le secret professionnel en se référant au code de déontologie des psychologues. Ils assuraient ainsi la protection des personnes par la non divulgation des informations qu’ils pouvaient recueillir au cours des entretiens avec celle-ci. Mais en même temps le fait de ne pas participer à l’alimentation du flux d’information les isolait du fonctionnement quotidiens et des échanges entre les acteurs.

Le recours à la déontologie et au secret professionnel protège le client, mais aussi fait courir le risque de l’isolement dans le fonctionnement organisationnel. Le recours au secret est aussi un message qui dit « je ne vous fait pas confiance ». C’est un message de défiance qui enclenche en retour également une défiance.

La seule réelle modification institutionnelle fut celle du recrutement. D’un recrutement hétérogène on est passé à un recrutement homogène de psychologues. La licence au minimum étant requise pour se présenter au concours de recrutement. La formation de deux ans, obligatoire, permettait d’atteindre le niveau « bac+5 » permettant de se prévaloir du titre de psychologue. Ceci dit la très grande majorité, au moment du concours était déjà diplômée à ce niveau.

S’en suivi une bataille des dénominations qui se poursuit d’ailleurs encore aujourd’hui. Comment « acronymer » conseiller d’orientation-psychologue ? Dans Wikipedia on trouve cette définition d’un acronyme : « Un acronyme est un sigle formé des initiales (OTAN, ovni, MEDEF) ou des éléments initiaux (Benelux, radar) de plusieurs mots, éventuellement composés (sida), et se prononçant comme un mot normal et non pas lettre par lettre. »

Le ministère a choisi la formule des initiales : COP. On le voit sur la page Conseiller d’orientation-psychologue (COP)- Directeur de centre d’information et d’orientation du site du ministère. Le SGEN-CFDT a également retenu cette formule. Par contre le SNES-FSU a choisi l’autre formule, celle des éléments initiaux : CoPsy.

Le nouveau statut, un changement ?

Un nouveau statut réuni les deux corps de psychologues de l’éducation nationale, les psychologues scolaires et les conseillers d’orientation-psychologues. Les deux « spécialités » seraient maintenues, ainsi que les territoires d’exercice. Vous trouverez les commentaires de l’ACOP-F sur cette page Pour la spécialité « Education, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle »

COMMUNIQUE DE PRESSE–JUIN 2014 PSYCHOLOGIE EDUCATION NATIONALE MINISTERE GT14 ACOP-F

L’information venait de tomber au moment de mon intervention. A priori on maintenait les deux corps derrière les deux spécialités, et on désignait également les deux territoires séparés. Donc peu de changements en perspective… Ce sera à voir.

Bernard Desclaux

Lire la suite : http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2015/11/27/questionner-lhistoire-de-lorientation-et-des-conseillers-en-france-xi-le-conseiller-dorientation-est-un-psychologue/