PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

EXTRAIT -rapport complet en PJ :

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4. Un système éducatif efficace et juste
Un partenariat parents-École redynamisé
L’idée qu’il convient de faire participer les parents pour faire réussir les enfants s’impose aujourd’hui comme une évidence. Il s’agit désormais, dans une perspective de co-éducation, de reconnaître aux parents leur place légitime à l’École.
– Améliorer l’accueil, en instituant, à l’entrée en primaire, collège et lycée, une prérentrée des parents. Accorder une attention particulière aux parents qui sont les plus éloignés de l’institution scolaire (café des parents, présence d’interprètes…).
-Organiser une campagne nationale annuelle d’incitation au vote aux élections de parents dans les conseils d’école et d’administration et créer les conditions d’une réelle participation des parents aux décisions et projets dans les différentes instances de représentation.
-Créer un statut des parents délégués (droit à l’information, organisation des conseils et réunions à des horaires compatibles avec leurs obligations professionnelles, salles dédiées).
-Introduire, dans la formation des enseignants, un module théorique et pratique « travailler avec les parents » (formation à l’écoute, à la conduite de l’entretien individuel…).

Le numérique, une priorité pour la réussite
Parce que notre monde vit une mutation de nature comparable à ce qui s’est passé avec l’imprimerie, parce que toute la société, les sciences, la vie quotidienne et économique sont aujourd’hui conditionnées par ces bouleversements, l’École doit aujourd’hui pleinement entrer dans l’ère du numérique. Tous les domaines de l’éducation sont concernés : architecture des établissements scolaires, équipement des salles de classe, des élèves et des enseignants, formation des enseignants, pilotage du système, recherche et production de ressources, modèle économique de la ressource pédagogique, politique industrielle du numérique, apprentissage de la compréhension de la culture numérique, insertion professionnelle par le numérique…
Parce que la question du numérique est une question de justice et d’égalité, les territoires doivent être au coeur de la réflexion. Dans les écoles et les établissements, des dizaines de milliers d’enseignants utilisent le numérique au quotidien dans leurs classes. Ces pionniers doivent être reconnus et encouragés, et leur expérience doit être écoutée pour déterminer la politique numérique nationale.
_ Apprendre le numérique
– Inscrire dans la loi l’éducation aux médias et à l’information – dimension essentielle de la formation citoyenne – au même rang que les apprentissages fondamentaux et réaffirmer la dimension numérique dans le socle commun.
-Mettre en place un plan « numérique au primaire » renforçant les équipements, les usages, l’innovation et la formation des enseignants pour la réussite de tous les élèves.
-Former au numérique
-Former les personnels d’enseignement et d’éducation et l’ensemble des personnels d’encadrement (chefs d’établissement, inspecteurs) aux usages pédagogiques du numérique et intégrer cette dimension aux concours de recrutement. Si tous doivent être formés, des personnels dédiés doivent également être présents dans les établissements pour accompagner les enseignants et se charger de la maintenance du réseau et des équipements.
-Encourager l’autonomie et la créativité des enseignants dans la production des ressources et mettre à disposition de l’ensemble des acteurs des ressources pédagogiques ainsi que des plates-formes collaboratives de travail. Mettre en place des structures d’essaimage de l’innovation pour assurer la diffusion des innovations et établir des liens avec des équipes de recherche.

-Mettre en place une politique publique de recherche dans le cadre des applications pédagogiques du numérique en associant éditeurs, chercheurs et pédagogues afin de créer les conditions optimales de généralisation et de développement des usages et évaluer leur impact en termes de performances scolaires.
-Démocratiser le numérique
 Pour combattre les risques de fracture numérique, élaborer une carte d’aménagement territorial numérique. Le partage des compétences et des charges entre l’État et les collectivités doit être organisé précisément dans la loi.
Justice entre les territoires : une nouvelle approche de l’éducation prioritaire
La réussite des élèves dans tous les territoires est un devoir pour la République. En évitant une accumulation de dispositifs et une superposition de niveaux d’intervention, une nouvelle étape de l’éducation prioritaire doit s’ouvrir pour revenir au principe « donner plus à ceux qui ont moins ». Elle doit pour cela se doter d’instruments d’observation et de mesure des inégalités territoriales.
– Attribuer les moyens aux écoles et aux établissements en fonction des caractéristiques sociales du public accueilli, dans le cadre de leur contrat d’objectifs et de leur projet. Ce principe se substitue à la labellisation stigmatisante et évite ainsi les injustices dues aux effets de seuil.
-Favoriser la mixité sociale et scolaire dans les établissements en rétablissant une sectorisation du recrutement des élèves, fondée sur le territoire, mais aussi des critères territoriaux, sociaux et scolaires. Homogénéiser l’offre scolaire et repenser, le cas échéant, la localisation des établissements.
-Affecter dans les territoires en difficulté des enseignants expérimentés et, si possible, volontaires. Encourager ce volontariat et garantir une plus grande stabilité des équipes en octroyant de meilleures conditions de travail (décharges horaires, équipement), ainsi qu’une formation et un accompagnement spécifique.Une gouvernance rénovée
La question dite de la gouvernance se pose à trois niveaux principaux : celui des écoles et des établissements, celui des académies et de ses partenaires territoriaux, celui enfin du ministère et de son administration centrale. Les participants ont déclaré leur attachement à une éducation nationale qui détermine ses principes de fonctionnement conformément aux dispositions arrêtées par le Parlement. Cette position est pleinement compatible avec un partenariat reconnu et renforcé avec les collectivités territoriales.
 Au niveau des écoles et des établissements
-Dans chaque établissement, une partie de la dotation doit pouvoir servir aux initiatives des équipes éducatives pour leur permettre de conduire, dans le cadre de leur autonomie, des projets adaptés aux besoins des élèves.
-Pour mieux reconnaître la place des collectivités territoriales, élargir l’actuel contrat d’objectifs, passé jusque-là entre le recteur et les établissements du second degré, pour aller vers un contrat pluri-annuel d’objectifs et de moyens tripartite. Ce contrat devrait s’insérer dans un projet éducatif territorial.
-Définir enfin un véritable statut des directeurs d’école et leur donner les moyens pour qu’ils puissent accomplir l’ensemble de leurs missions et devenir les interlocuteurs reconnus de leurs partenaires.
 La relation avec les collectivités territoriales
-Réformer le conseil territorial de l’éducation nationale pour en faire le lieu institutionnel d’échange entre le ministère de l’éducation nationale et les collectivités, chargé de définir les orientations nationales relatives à leurs compétences partagées.
– Redéfinir les missions et les méthodes de travail des instances locales de concertation (CDEN et CAEN) pour qu’elles deviennent de véritables espaces de dialogue associant notamment l’éducation nationale, les collectivités territoriales et les parents d’élèves dans le cadre de compétences conjuguées.Le pilotage pédagogique national
-Créer par la loi une instance auprès du ministre chargée de proposer et de coordonner le socle et les programmes. Cette instance aura aussi pour mission de labelliser les manuels scolaires (conformité aux programmes, lutte contre les stéréotypes…). Elle associera des scientifiques, des experts de l’éducation nationale et des enseignants.
– Renforcer les missions des corps territoriaux d’inspection en matière d’animation pédagogique. Pour qu’ils puissent remplir leurs missions au plus près des enseignants et des établissements, leur nombre devrait être augmenté.
Une évaluation de l’École recrédibilisée
Une évaluation de l’École est indispensable, non pour être utilisée à des fins de mise en concurrence généralisée, mais pour améliorer les résultats. Elle l’est davantage encore au moment où l’École est en difficulté et est appelée à se transformer en profondeur. Chaque école, chaque collège, chaque lycée doit évaluer son action et y être aidé par la mise à disposition d’outils appropriés. Les services académiques doivent également disposer d’informations fiables pour accompagner plus efficacement l’action des écoles et établissements. Enfin, l’évaluation concerne le niveau central, qui doit se doter d’une vision globale du fonctionnement et de l’efficacité du système éducatif. La question de l’évaluation demeure pourtant polémique, tant elle a parfois été dévoyée. Par exemple, la méthodologie des évaluations des acquis des élèves à l’école primaire est fortement mise en cause. Ce n’est pas tant le principe d’une évaluation par des indicateurs qui est contesté que la manière dont ils sont choisis, construits et utilisés. L’évaluation, pour être reconnue et utile, doit être cohérente, scientifiquement légitime et participative.
-Créer une instance indépendante qui contribuera à rendre lisible et transparent l’ensemble du processus d’évaluation. Elle aura notamment pour mission de passer commande de travaux d’évaluation, de valider le programme de travail du ministère et d’assurer la diffusion des résultats auprès des professionnels de l’éducation et des citoyens.
– Disposer, en complément des évaluations internationales, d’évaluations régulières et suivies des acquis des élèves au niveau national, sur la base de la constitution d’échantillons.
– Mettre à disposition des enseignants une banque d’exercices d’évaluation en ligne pour les aider dans le suivi des progrès de leurs élèves.

Document(s) associé(s) :

pdf/refondons_l_ecole_de_la_republique_rapport_de_la_concertation1.pdf

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