PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In Fédération Léo Lagrange :

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Dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs, la Fédération Léo Lagrange identifie des points de vigilance quant au maintien de la qualité éducative des activités périscolaires et la reconnaissance de leur spécificité. Animateurs et associations d’éducation populaire sont en effet peu entendus dans le débat.

La Fédération Léo Lagrange, partenaire de 170 collectivités locales dans la gestion de 200 missions déléguées enfance (accueils de loisirs, accueils périscolaires, élaboration et suivi des politiques enfances), se réjouit du travail de réforme engagé par le gouvernement en matière de réaménagement des rythmes éducatifs. Depuis des années, à travers sa participation à différents collectifs associatifs ou par la participation à la concertation pour « refonder l’école », la Fédération a soutenu des propositions qui aujourd’hui vont devenir réalité (l’organisation d’une semaine scolaire de 24 heures sur 9 demi-journées, la mise en place d’activités ludiques, socioculturelles, sportives de qualité le soir après l’école, la garantie d’une pause méridienne de qualité (durée et contenu), le respect des biorythmes des enfants, etc.).

Mouvement d’éducation populaire depuis plus de 60 ans, la Fédération Léo Lagrange sait combien les activités collectives de loisirs peuvent constituer un facteur de cohésion sociale, de construction personnelle et ce d’autant plus à un âge décisif en terme de développement intellectuel et affectif. C’est pourquoi elle est particulièrement attentive à la prise en considération de l’animation périscolaire et de ses professionnels.

A ce titre, alors que le décret en est à sa phase de concrétisation et dans la perspective du débat sur le projet de loi pour la refondation de l’école de la République, la Fédération Léo Lagrange souhaite attirer l’attention sur plusieurs points de vigilance :

La préservation de la qualité éducative des temps périscolaires

La Fédération est heureuse de constater que la réforme des temps éducatifs « vise à assurer un meilleur équilibre du temps scolaire et du temps périscolaire » et à « améliorer la qualité éducative des activités périscolaires ».

Pourtant, dans une perspective d’économie, il est annoncé que les communes qui auront mis en place un projet éducatif territorial (PEDT) pourront bénéficier pour une période transitoire de 5 ans – ce qui paraît très long – d’un assouplissement des conditions d’encadrement en accueils de loisirs périscolaires. Cet assouplissement se traduirait par un taux d’encadrement abaissé (1 animateur pour 14 mineurs au lieu de 1 pour dix pour les moins de 6 ans et 1 animateur pour 18 mineurs pour les enfants de 6 ans et plus). Il est légitime d’interroger la cohérence de cette démarche qui ne contribue pas à la qualité du geste éducatif dans le cadre des activités périscolaires.

Préalablement, le ministère avait confirmé à la demande de l’AMF le maintien du dispositif actuel de garderie périscolaire (dont le taux d’encadrement est encore plus bas).

Le guide de la réforme édité par le ministère à destination des Maires précise par ailleurs que « les études surveillées mises en place par les communes le soir après la classe peuvent être intégrées dans le cadre des activités périscolaires » sans que soit mentionné un rapport d’équilibre des unes par rapport aux autres.

L’animation est un métier qui contribue à l’éducation des enfants. La caractéristique éducative et les compétences liées à l’animation périscolaires doivent trouver dans l’application de la réforme toute leur place.

L’égalité des chances comme préoccupation

Le ministère a précisé que l’organisation des activités péri-éducatives restait à la libre appréciation des collectivités. Le caractère gratuit ou payant des activités périscolaires « dépendra des collectivités locales » et ne seront « pas obligatoires ».

Laisser le temps périscolaire – qui demain concernera beaucoup plus d’enfants qu’aujourd’hui – sujet à de telles disparités géographiques selon le positionnement politique de chaque collectivité peut porter atteinte à l’esprit de la réforme. L’incertitude budgétaire dont fait état l’AMF (et ce, malgré la création d’un fonds spécifique de 250 millions d’euros pour accompagner les communes), le caractère non obligatoire du projet éducatif territorial, la date de mise en œuvre de la réforme laissé au libre choix des maires constituent autant de facteurs de différenciation d’une commune à l’autre qui risquent de mettre en péril le principe d’égalité des chances sur le territoire français. Et ce sans compter les disparités existantes sur un même territoire puisque « les écoles privées ne sont pas concernées par la décision du maire d’appliquer la réforme à la rentrée 2013 ou à la rentrée 2014. » Pour éviter le plus possible ces discriminations, la Fédération Léo Lagrange appelle toutes les collectivités locales à s’engager et à accentuer leurs efforts pour l’éducation des enfants.

La qualité de l’emploi associatif en question

Les collectivités (ou les associations qui, comme la Fédération Léo Lagrange, sont missionnées pour organiser le temps périscolaire en leur nom) s’interrogent sur l’impact de la mesure sur leurs animateurs salariés, tant sur les temps périscolaires, que sur leurs structures d’animations autres (accueils de loisirs). Les modifications de statut, de temps de travail voire de rémunération restent incertaines. La Fédération Léo Lagrange réaffirme pour sa part qu’elle entreprendra tout ce qui est en son pouvoir pour que les fonctions d’animation puissent sortir renforcées et non affaiblies et précarisées.

Dans ce sens, et en sa qualité d’association complémentaire de l’Ecole, la Fédération Léo Lagrange se tient actuellement à la disposition des collectivités qui souhaitent entreprendre une réforme des rythmes éducatifs qui profite véritablement aux enfants de leurs communes par l’intermédiaire d’activités périscolaires de qualité et à travers l’élaboration d’un projet éducatif territorial.

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