PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Religion

Selon Bruno Etienne, la religion est  » un système de croyances et de pratiques relatives au sacré qui produit des conduites sociales et qui unit dans une même communauté l’ensemble des croyants « .

Faut-i enseigner l’histoire des religions à l’école ? Faut-il le faire à travers la création d’un enseignement spécifique des religions à l’école ou plutôt considérer que chaque discipline a la possibilité d’ouvrir ses programmes , avec ses méthodes propres au fait religieux ?

Le fait religieux peut être perçu sous l’angle de la culture et des valeurs, sous l’aspect des croyances (et des non-croyances) et des demandes  » identitaires « , ou encore du point de vue des savoirs et de l’histoire. Le christianisme fait partie du patrimoine universel de l’humanité et de la mémoire de notre civilisation judéo-chrétienne ; dès lors il n’est pas souhaitable que s’installe au sein des jeunes générations un analphabétisme religieux « .

Par ailleurs la référence à l’héritage religieux de l’Europe ne se limite pas au christianisme. Pour R. Debray, 2002, l’école doit réinscrire  » les grandes religions dans l’aventure irréversible des civilisations « .

Après avoir longtemps occulté cette dimension, des enseignants trouvent qu’il est devenu indispensable de prendre en compte le fait religieux dans l’école publique. La Ligue de l’enseignement s’est prononcée en 1982 pour un enseignement laïque et culturel des religions. Les nouveaux programmes d’histoire entrés en vigueur dans le secondaire à partir de 1996, visent à faire comprendre aux élèves ce qu’est la catégorie du religieux.

Sans parler d’un  » retour du religieux « , formule relevant d’une construction socio-médiatique, on peut admettre une quête spirituelle qui fait que les individus se posent des questions sur le sens de la vie, leur appartenance au Tout aussi bien qu’à un groupe… D’où est-ce que je viens, Où vais-je ? Quel est le sens de mon existence ? Pourquoi est-ce que j’existe et qu’adviendra-t-il de moi après la mort ? Toutes les religions tentent de répondre à ces questions existentielles qui concernent le moi conscient et vivant qui revendique le droit au bonheur et qui a peur de la mort.

Dans le cadre de la laïcité à l’école, la République n’étant détentrice d’aucune vérité dogmatique, certains enseignants réfléchissent à l’idée selon laquelle on pourrait enseigner les religions comme des mythes, car elles possèdent une dimension anthropologique nécessaire à la compréhension du monde.

*Initier les élèves au phénomène religieux comme réalité historique et culturelle.

Une histoire comparée des religions, entendue comme composante du patrimoine culturel de l’humanité devrait être enseignée dans une perspective laïque, dépourvue d’ethnocentrisme. Mais à qui confier cet enseignement ? Convenons avec Mircéa Eliade,  » qu’il est regrettable que nous ne dispositions pas d’un mot plus précis que religion pour exprimer l’expérience du sacré. Mais il est peut être trop tard pour chercher un autre mot et religion peut encore être un terme utile pourvu qu’on se rappelle qu’il n’implique pas nécessairement une croyance en Dieu, en des dieux, ou en des esprits, mais se réfère à l’expérience du sacré, et, par conséquent, est lié aux idées d’Être, de signification, et de Vérité « .

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