PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Notre culture gréco-romaine perçoit dans l’autorité un bien, la nécessité d’un principe structurant : c’est le dépôt des ancêtres qui se transmet (en fait toute culture cultive ses ancêtres). D’où le rappel à l’autorité quand elle paraît décliner comme aujourd’hui, rappel inefficace s’il reste incantatoire, et faux s’il ne précise pas ce qu’il vise. Le déclin de l’autorité demeure une opinion conservatrice, et se trompe de diagnostic sur l’Ecole, s’il ne mesure pas dans quelle insouciance globale, dans quelle incurie est tombé le soin que toute génération doit prendre de la suivante.

Quand on devient cadre de direction ou d’inspection, on affronte un premier changement de rôle. Et il est utile de se souvenir que toute l’éducation occidentale a fait effort pour se délivrer de la forme abusive de l’autorité liée aux personnes (comme l’esclavage, l’allégeance et la propagande, cf. l’argument d’autorité « Aristote l’a dit !» moqué par Rabelais) pour lui opposer la critique par l’expérience et le débat de la raison, qui construit l’autorité par la loi et l’argumentation. Au lieu de la soumission à une personne, même éminente, qui fait qu’un homme appartiendrait à un autre homme (nexus, lien antique et médiéval), un lien impersonnel, l’obéissance volontaire à une règle partagée et transmise, une loi commune qui oblige.

Mais le nouveau cadre affronte aussi et en même temps un nouveau monde, en plein bouleversements, où les repères de l’éducation républicaine sont mis en doute et combattus. Il ne peut plus imiter ses anciens seulement, il doit inventer une posture inédite dans un monde globalisé où les galopins prennent modèle sur des pirates sans règles.

J’interrogerai quelques notions (anthropologie de l’autorité); j’examinerai les problèmes qui se posent pour des cadres de l’éducation (pédagogie de l’autorité); je chercherai comment elle s’acquiert et quelles sont ses dérives (politique de l’autorité). Mais à chacun de ces trois niveaux, après l’état de la question tel qu’il est reçu, j’esquisserai le point de vue critique d’hypothèses récentes.

Sommaire:

I. ANTHROPOLOGIE : LE CONCEPT D’AUTORITé

A) Etat de la question

1) Vocabulaire des institutions indo-européennes

2) Autorité/pouvoir

3) Qu’est-ce qui produit l’obéissance ?

B) Point de vue critique actuel

II. PéDAGOGIE : L’AUTORITé DU CADRE

A) Décrire l’existant

1) Le rapport à l’élève

2) Les deux aspects de l’autorité

B) Critique actuelle

1) Le déficit général d’attention

2) Combattre le mal par le mal

3) La clé de l’autorité: tous et chaque = laïkos, laïcité

III. POLITIQUE : L’EXERCICE DE L’AUTORITé

A) Etat de la question

1) Sa construction, sa fabrique

2) Pathologies : l’excès et le manque

B) Point de vue critique

[Lire la suite…->http://education.devenir.free.fr/tribune11.htm]

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