PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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À la rentrée 2013, la réforme des rythmes scolaires (1), qui sera généralisée en 2014, a été mise en place dans 4000 communes. S’il est trop tôt pour dresser un bilan, ces premières expériences permettent de s’interroger sur l’impact de cette réforme sur les associations.

Sur le site du ministère de l’Éducation nationale, (www.education.gouv.fr), on trouve un dossier sur « La mise en oeuvre des nouveaux rythmes scolaires à la rentrée 2013 : exemples et témoignages » mis en ligne dès le 13 septembre 2013. Les villes de
Paris, Grenoble et Écuelles (commune rurale de 2 500 habitants) témoignent. « Mutualisation des moyens de l’Éducation nationale et des collectivités », « concertation entre tous les acteurs »… en apparence, tout va bien.

Palette

En réalité, les exemples de programmes d’activités périscolaires mis en place dans les écoles montrent des propositions assez disparates. Certains assurent des animation: à l’ensemble de la classe, tandis que dautres offrent toute une palette d’ateliers par petits groupes de six à seize personnes. Certaines activités sont assez floues et peuvent intégrer de nombreuses choses: « activités manuelles », « sports ». « jeux de société », « jeux collectifs », tandis que d’autres proposent des ateliers beaucoup plus ciblés : « escrime », « judo », « escalade », « photographie et scrapbooking », « land’art », « danses folkloriques », « yoga », «comédie musicale », «projet d’édition : un livre de cuisine », « projet radio », etc. Dans certaines collectivités, le choix est même donné entre des activités payantes ou gratuites, les activités gratuites se limitant malheureusement un peu simplement à de la garderie.

Disparités

Suivant les écoles, les intervenants peuvent être très divers. Dans des petites communes, l’intégralité du programme est souvent confiée aux structures qui géraient déjà l’accueil de loisirs, l’aide aux devoirs et la garderie après l’école. D’autres écoles font appel à toute une diversité d’intervenants: enseignants, salariés des services sports et/ou culturels des collectivités, enseignants retraités, associations culturelles et sportives, bénévoles … Ces disparités s’expliquent souvent par la taille de l’école et de la commune. La mise en place de cette réforme n’est en effet pas simple, dans les petites écoles en territoire rural où il y avait peu d’animateurs. Elleest également fonction du niveau de partenariat qui existait avant la réforme. Les collectivités qui avaient déjà engagé une réflexion sur un projet éducatiflocal (que le décret sur la réforme des rythmes rebaptise « projet éducatif de territoire -PEDT) peuvent plus facilement mobiliser l’ensemble des partenaires que celles qui partent de rien.

Encadrement

La question de l’encadrement est une question clef. Les villes ont souvent embauché pour prendre en charge les temps d’accueil périscolaire: 150 nouveaux animateurs à Saint-Nazaire, 200 à Roubaix, 1400 animateurs supplémentaires pour la ville de Paris. De nombreux emplois, certes, mais pour très peu d’heures par jour et par semaine. En effet, les créneaux horaires sont  identiques dans quasiment toutes les écoles et nécessitent donc une mobilisation de personnel très importante sur un temps très limité. Difficile, par conséquent, de trouver des personnes diplômées pour l’encadrement de jeunes en aussi grand nombre, même si un décret du 4 août 2013 abaisse les taux d’encadrement réglementaires pour les activités périscolaires et si un arrêté du 25 juin 2013 est venu élargir la liste des titres et diplômes permettant d’exercer les fonctions d’animation. La réglementation des activités physiques et sportives imposant que les animateurs soient titulaires d’un diplôme tel que le BP JEPS (Brevet  professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport), certaines écoles, se retrouvant avec des encadrants non  diplômés, jouent sur les mots et rebaptisent les activités sportives « jeux traditionnels », La grande inquiétude des  professionnels de l’animation est donc aujourd’hui relative à la sécurité des enfants.

Pas forcément une aubaine pour les associations

Côté associatif, c’est mi-figue, mi-raisin. Même s’il est fait mention dans de nombreux documents de la possibilité de faire appel aux associations pour intervenir sur ces activités périscolaires, le guide réalisé par le ministère (cf. encadré) invite plutôt les collectivités à embaucher un jeune en emploi d’avenir en direct, plutôt que de faire appel à un intervenant extérieur spécialisé, calcul financier à l’appui. Malgré tout, il semble que cette réforme soit l’occasion pour certaines associations, particulièrement dans le domaine culturel, de faire une entrée au sein de l’école, leur fournissant ainsi de nouveaux créneaux d’intervention. En revanche, pour des associations bien implantées, particulièrement dans le domaine sportif où des accords existaient déjà pour des interventions dans les écoles sur le temps de la pause de midi ou après la classe, la mise en place de l’activité péris colaire
peut se faire au détriment des deux autres créneaux horaires, sans parler de la perte du mercredi matin. Mathématiquement, ces structures sont alors perdantes. D’où l’intérêt pour elles de se rapprocher de leur collectivité pour voir quelle place elles peuvent prendre dans le futur dispositif. Car même chez celles qui ont mis en oeuvre la réforme en 2013, rien n’est figé et toutes ont conscience que le partenariat avec le milieu associatif sera une des clefs de la réussite de la réforme.

(1) Décret n" 20l3-77 du 24 janvier 2013 relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires.

Sylvie Lecadet

 

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